4 idées pour redonner plus de pouvoir aux citoyens

Ce midi, j’étais à l’Université Laval à Québec pour parler de l’État à des étudiants.

L’État comme outil de notre développement collectif et individuel. L’État qui doit nous aider à aller au bout de notre potentiel comme individus. L’État comme instrument collectif le plus puissant de la nation québécoise.

Vouloir l’indépendance, c’est vouloir que la nation québécoise contrôle 100% de son État, de ses affaires. Pour l’instant, on n’en contrôle que la moitié. Il nous en faut la totalité. Mais pour ça, il faut convaincre les Québécois, il faut qu’ils aient confiance en l’État et en leurs élus.

Mettre fin au cynisme et rétablir le lien de confiance sont  des conditions nécessaires pour réaliser l’indépendance du Québec. Il y a environ deux ans, j’ai fait adopter la loi qui a brisé le système des prête-noms avec la limite des dons à 100$ pour les partis politiques.

L’influence de l’argent sur la politique a fait énormément de dommages au Québec : la corruption a fait des dommages importants à notre démocratie. Maintenant, l’impression générale, c’est que les politiciens, « ils sont tous pareils ». Les gens croient de plus en plus qu’on ne fait plus de la politique pour eux, qu’ils subissent un système où les politiciens travaillent pour leur gang. La loi limitant les dons à 100$ a cassé le système des prête-noms et mis un terme à l’influence des collecteurs de fonds.

On a aujourd’hui un système de financement des partis qui est public, populaire et démocratique.

C’est aussi pour lutter contre le cynisme et pour redonner confiance aux citoyens que j’ai présenté le projet de loi éliminant les primes de départ pour les députés démissionnant en cours de mandat sans raison valable … Un projet malheureusement jamais adopté en raison de blocage systématique des libéraux. C’est aussi pour redonner confiance en notre démocratie que j’ai fait voter la loi pour permettre aux étudiants de voter sur les campus.

Nous avons amorcé le travail et nous le finirons.

C’est pourquoi je vous présente quelques propositions pour que notre démocratie soit plus forte, plus ouverte, plus performante.

Deux principes guident mon action.

Premièrement, un État doit être transparent. Il doit écouter la voix des Québécois. Le cynisme puise sa source dans le sentiment qu’ont souvent les citoyens d’être écartés des décisions qui les touchent.

On dit souvent que les vrais leaders savent s’entourer de personnes fortes qui ont des opinions différentes des siennes. Ce qui est vrai pour les leaders devrait également l’être pour le gouvernement. Je pense que les gouvernements démocratiques doivent aussi s’entourer de citoyens forts et qui ont le pouvoir de faire avancer leurs idées.

Deuxièmement, la transparence de l’État, c’est payant pour tous les citoyens. Par exemple, depuis le début de la commission Charbonneau, les prix des travaux dans l’industrie de la construction ont baissé, jusqu’à 30% dans certains cas. C’est des dizaines, des centaines de millions d’économies qu’on a pu réaliser. La commission Charbonneau a coûté plusieurs millions. Mais elle nous en aura fait économiser 10, 20, 100 fois plus. La transparence c’est payant.

Il faut donc se donner les moyens de jeter de la lumière dans le fonctionnement de l’État. Il faut se donner les moyens de voir ce qu’on ne voit pas présentement. Il faut trouver des façons de donner aux citoyens les moyens de savoir ce qui se passe, d’obtenir l’information que l’État ou les gouvernements veulent garder pour eux.  Bref, il faut donner aux citoyens les moyens de jouer leur rôle de chien de garde de leur État, de leur démocratie.

Comment donner plus de pouvoir aux citoyens? Là-dessus, j’ai quelques idées. En voici quatre :

1. Un gouvernement ouvert, qui garantit l’accès au maximum de données de l’État;

2. Une nouvelle loi d’accès à l’information basé sur le principe de la divulgation obligatoire;

3. Une loi protégeant les lanceurs d’alerte qui dénoncent les magouilles au sein de l’État;

4. Et une nouvelle loi sur le lobbyisme parce que les Québécois ont le droit de savoir qui rencontre leurs élus, qui fait pression sur les élus, qui demandent des choses à nos élus.

Ces quatre propositions sont un point de départ.

Y’a beaucoup d’autres idées qui vont pouvoir se greffer à ca.  Si vous en avez, je vous invite à me les communiquer.

Le Parti Québécois doit redevenir un véhicule de changement et de réforme, un parti qui bouscule le statu quo.  Et pour ça, faut écouter les citoyens. Faut écouter nos membres qui sont les représentants des citoyens au sein du parti.

Je veux être la voix des Québécois dans cette course. La voix de ceux qui veulent changer les choses. Et pour le mieux.

Ces quatre propositions vont nous permettre d’avoir un État québécois  plus ouvert, plus démocratique et plus performant.

On peut faire un bout à l’intérieur de l’État actuel mais ça va rester un demi-État pareil. L’autre moitié d’État qui est à Ottawa va exactement dans le sens contraire de ce qu’on fait et de ce qu’on veut pour notre démocratie.

En matière de financement des partis politiques, au gouvernement fédéral, la pratique des prête-noms demeure possible. On ne pourra pas empêcher l’influence de l’argent de dominer les décisions fédérales.

En matière de transparence, le gouvernement fédéral est en pleine régression. Les fonctionnaires doivent se taire, les scientifiques sont bâillonnés, et l’indépendance journalistique de Radio-Canada est ébranlée, son financement fragilisé.

Pour ce qui est de la démocratie fédérale, le Québec est dans une impasse. Notre poids politique au sein du Canada est en chute libre et dès que les intérêts du Canada se heurtent aux intérêts du Québec, on prend le bord.

De Québec, on ne pourra pas empêcher les pétrolières d’en mener plus large que les citoyens et à Ottawa, croyez-moi, le lobbyisme des pétrolières pèsent très, très lourd. J’expliquais hier sur mon compte Facebook que des pétrolières de l’ouest recevaient des subventions à coups de dizaines de millions d’Ottawa. Dans un Québec indépendant, pensez-vous qu’on donnerait des subventions aux pétrolières?

On entend les libéro-caquistes répéter sans cesse qu’il faut couper dans la bureaucratie, réduire l’État, réduire les dépenses… Mais ce qu’ils sont en train de faire, c’est de couper dans l’éducation, dans les universités, dans la recherche. Ils sont en train de nous rapetisser.

Et pendant ce temps-là, le gouvernement fédéral va dépenser 100 milliards de dollars pour construire et entretenir une flotte de navires de guerre à Halifax et en Colombie- Britannique. Nous, les Québécois, ça va nous coûter 20 milliards et ça ne va pas nous rapporter un sou. Imaginez ce qu’on pourrait faire avec 20 milliards dans un Québec indépendant! 20 milliards investis en recherche, dans l’éducation, les industries de pointe, la forêt et la réduction de notre dépendance au pétrole.

Et puis imaginez les milliards qu’on va pouvoir économiser en éliminant tous les doublons bureaucratiques qui existent actuellement. L’indépendance, ce n’est pas seulement une belle idée, ce n’est pas seulement la liberté, ce n’est pas seulement la responsabilité. L’indépendance, c’est payant, très payant pour les Québécois!

À la fin, si on veut être libres, libres de nos choix, libres de décider et d’assumer nos responsabilités; Si on veut être libres, si on veut cesser de se rapetisser, cesser d’être la province d’un autre pays; Si on veut enfin être nous-mêmes, il y a juste une façon, juste une attitude possible pour le Québec et c’est de devenir un pays normal, un pays indépendant!