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Le bonheur humain est la fin d’une société; l’économie, le moyen pour l’atteindre. Plus l’économie crée de richesse, d’emplois, plus les citoyens ont de chances de vivre heureux. Le hic, c’est que le «p’tit bonheur» des travailleurs québécois est en train de prendre le chemin de la Chine, de l’Inde et des économies émergentes. Pour le moment, ce sont nos usines de meubles et textile qui disparaissent (pour réapparaître à Shangai ou Shentzen…), mais avant longtemps, c’est toute notre haute technologie qui risque d’y passer. Avez-vous vu les 4 X 4 chinois débarqués en Europe? Les avions «made in China» ne sont pas bien loin derrière. Ils vont bientôt avoir Bombardier et toute notre industrie aéronautique dans le collimateur.
Pouvons-nous gagner? Oui, mais à condition d’être meilleurs qu’eux! Plus compétitifs qu’eux! Si le travailleur de Bombardier veut continuer à gagner un salaire 10 fois plus élevé que le travailleur chinois, il va devoir produire 10 fois plus de valeur que lui. Sinon, l’Asiatique va lui chiper son emploi! Sans nécessairement travailler plus, il faudra travailler mieux. La recette n’est pas chinoise : il faut fournir à nos travailleurs les meilleures machines (notre dollar canadien fort nous aidera à les importer) et la meilleure formation pour les utiliser. Il va falloir apprendre à dire «PRO-DUC-TI-VITÉ» sans grimacer. Mieux encore, il nous faut un PACTE :
Aux chefs d’entreprises : êtes-vous prêts à investir une plus grande part de vos profits et de votre rémunération (parfois stratosphérique…) dans l’innovation technologique et la formation en usines?
Aux fonds d’investissements, gestionnaires de portefeuille et autres actionnaires : êtes-vous prêts à accepter qu’une entreprise déclare des profits moindres parce qu’elle a investit dans ses équipements, ses bâtisses, ses travailleurs? Où allez-vous, comme c’est devenu la règle, punir l’entreprise en faisant dégringoler son action en bourse?
Aux travailleurs et à leurs syndicats : êtes-vous prêts à consentir à certains sacrifices si l’employeur s’engage dans une politique d’investissement qui vise à protéger vos emplois contre la concurrence asiatique?
Bref, pouvons-nous construire un capitalisme de long terme? Un capitalisme original, solidaire, durable, québécois?









