Dossier de santé du Québec (DSQ) : quand les coûts explosent et les résultats se font attendre

Publié le 11 février 2009

En novembre 2007, j’ai rendu public un document confidentiel du ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) qui confirmait que la création du DSQ allait coûter beaucoup plus cher que prévu. Le Dossier de Santé du Québec, je vous le rappelle, c’est cette banque d’informations dans laquelle seront versés, notamment, vos résultats de laboratoire et de radiologie ainsi que la liste des médicaments qu’on vous a prescrits, renseignements qui pourront être consultés confidentiellement par les médecins, infirmières et pharmaciens qui vous traitent. L’objectif étant de mieux soigner et d’améliorer l’efficacité du système de santé. À l’époque, ce document révélait que des coûts supplémentaires de 327 M$ s’ajouteraient aux 562 M$ prévus pour réaliser le projet. Bref, on parlait d’un projet qui se dirigeait allègrement vers le milliard.

Le 18 mars 2008, le vérificateur général déposait un rapport qui confirmait lui aussi que les coûts du DSQ dépasseraient les 562 M$ prévus et que l’échéancier de 2010 ne serait probablement pas respecté. En prime, M. Renaud Lachance nous apprenait que les règles d’appel d’offres du MSSS n’avaient pas été respectées pour un contrat de plus de 100 M$.

Voilà maintenant qu’une enquête de la radio de Radio-Canada confirme nos craintes concernant les dépassements de coûts. Les coûts totaux liés au DSQ s’approchent des 800 M$ et les représentants du gouvernement confirment qu’il se terminera avec une année de retard. Ces délais supplémentaires vont certainement engendrer des coûts supplémentaires. Nous sommes donc en route vers le milliard. Ce que nie bien sûr le ministre Bolduc, fidèle en cela à son prédécesseur Philippe Couillard, qui avait l’habitude de nier l’évidence lui aussi. À ce titre, il est plutôt effarant de constater que le ministre Bolduc est incapable de nous fournir le moindre chiffre… Bref, nul ne sait combien de millions supplémentaires nous coûteront ces nouveaux retards.

Après le CHUM, voilà un autre bel exemple de l’incapacité du gouvernement libéral à livrer un grand projet sans dépassement de coûts et à l’intérieur des délais prévus. Comme c’est le cas avec le CHUM, le projet du DSQ sent la mauvaise gestion à plein nez. Jean Charest a changé de ministre de la Santé, mais ça n’a rien changé à l’incompétence libérale en matière de santé.

Il va sans dire, les Québécois méritent mieux!


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Catégorie(s) : La Une, La santé, Le blogue


Commentaires: 2

Lyne Robichaud // février 11th, 2009 - 21:18

Cette citation de l’enquête de la radio de Radio-Canada retient mon attention: «Dans le dossier santé, il y a beaucoup de choses qui sont faites en parallèle.» On ne pourrait souhaiter plus nébuleux.

Aujourd’hui, Bruce Burton du U.S. State Department http://twitpic.com/1flzp était invité comme conférencier à Ottawa lors d’une formation portant sur les médias sociaux et le gouvernement. Il a dit: “Mistakes can pay off - if you learn from them,” en citant Jeff Jarvis. [#ALI, via Joseph @Thornley]

Je pense qu’un des graves problèmes de la présente administration est qu’elle n’apprend pas de ses erreurs.

Quels seraient les remèdes contre la «mauvaise gestion à plein nez»?

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