Aux limites de la sottise
Publié le 26 février 2009
Longueuil, 26 février 2009 - En politique, quand vos adversaires se déchainent contre vous, bien souvent cela signifie que vous êtes sur la bonne voie. En effet, après que le Bloc eût raflé les deux tiers des sièges québécois à Ottawa et le retour du Parti Québécois à l’opposition officielle à Québec, on le sent, le momentum est de retour du côté du mouvement souverainiste. C’est d’autant plus vrai après la bourde monumentale de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) et la victoire souverainiste subséquente. Tout cela inquiète beaucoup nos adversaires fédéralistes au Québec et au Canada, qui se sont donné le mot pour nous attaquer en ce début de semaine. Détaillons.
La première salve a été lancée par l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, lundi dernier. Dans un papier intitulé « Une insulte à l’intelligence », M. Pratte attaque les propos tenus par Pauline Marois lors du dernier Conseil national du Parti Québécois à Québec. Il lui reproche d’avoir osé dire qu’un Québec indépendant aurait plus d’outils à sa disposition pour s’attaquer à la crise économique. Et pourtant, c’est l’évidence même. M. Pratte le sait très bien ; une part importante des décisions économiques et fiscales qui touchent l’économie québécoise se prend à Ottawa, en notre nom, par une autre nation.
Contrairement aux propos de l’éditorialiste, notre chef n’a jamais prétendu que l’indépendance règlerait tout. Ou encore qu’elle nous dispenserait de la crise économique. L’essentiel de l’argumentaire de Mme Marois revenait à dire, simplement, qu’un Québec indépendant aurait en main tous les outils pour prendre ses propres décisions – économiques, fiscales, sociales et autres. Bien sûr, cela ne garantirait pas un retour à la croissance « demain matin ». Mais nous pourrions au moins faire nos propres choix, selon nos intérêts, nos aspirations, nos valeurs, et avec les conséquences qui en résulteraient – les bonnes comme les mauvaises, avec nous comme seuls responsables. Plus possible alors de blâmer l’autre pour nos défaites ou pour nos impasses. C’est sur nous que reposerait le fardeau de trouver la solution. Le Québec aurait alors la liberté de pouvoir se reprendre et de pouvoir dire : «Nous, Québécois, avons réussi. Et rien ni personne ne peut remettre en question notre RESPONSABILITÉ COLLECTIVE dans cette victoire. »
Non content de déformer nos propos (qui peut croire que nous ayons déclaré qu’un Québec indépendant échapperait à la crise ?), André Pratte pousse le bouchon un peu plus loin et affirme : « Le gouvernement d’un Québec séparé réussirait-il mieux que celui de la province du Québec en matière économique ? Voyons ce qu’ont fait les politiciens et fonctionnaires provinciaux dans deux secteurs névralgiques où le Québec est seul maître à bord, la santé et l’éducation… » Fin de citation. Donc, si nous comprenons bien M. Pratte, les Québécois seraient de trop piètres gestionnaires pour être maîtres de leurs affaires. Vaudrait mieux laisser le Canada anglais le faire à leur place. Cet argument est particulièrement fallacieux, avec une pointe de mépris envers tous les Québécois, souverainistes et fédéralistes confondus.
Elle serait venue du National Post, cette affirmation n’aurait sans doute surpris personne. Mais qu’elle vienne d’un journal québécois, francophone, soit-il ardemment fédéraliste, cela dépasse l’entendement.
Après avoir ainsi déversé son mépris sur les Québécois en général et les indépendantistes en particulier, ce n’était qu’une question de temps avant que M. Pratte ne reçoive des félicitations du Canada anglais. À peine 12 heures plus tard, Graeme Hamilton, du National Post, louangeait André Pratte et fustigeait les méchants « séparatisses » qui avaient osé dire qu’un Québec indépendant serait pleinement responsable de son sort, car il pourrait prendre ses propres décisions économiques et fiscales lors d’une crise économique.
Contrairement aux allégations de M. Hamilton, Pauline Marois n’a jamais prétendu que l’indépendance sortirait par magie le Québec de la crise économique. Plutôt que de faire une vérification rigoureuse des faits, M. Hamilton se sera contenté de lire le papier d’André Pratte, dont il a traduit l’essentiel des propos. Il conclut d’ailleurs sur une version améliorée du bon vieil argument des ultra-fédéralistes : les Québécois sont incapables de gérer leurs propres affaires, la tutelle d’une nation étrangère est la seule voie vers le bonheur et la prospérité.
Comme si ce n’était pas suffisant, l’équipe éditoriale du National Post en a rajouté une couche dans un papier intitulé « Tell Quebec where to get off » (Dites au Québec où descendre). Je vous résume l’essentiel du propos : les Québécois sont des « chialeux » qui se plaignent le ventre plein. Le Canada devrait donc se tenir debout devant eux et leur couper les transferts fédéraux, diminuer les investissements de deniers publics canadiens au Québec (même si les Québécois paient environ le quart des taxes et des impôts versés à Ottawa), leur enlever leur strapontin à l’UNESCO et – tenez-vous bien – forcer la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham, sous escorte militaire fédérale si nécessaire. Oui, vous avez bien lu.
Voilà comment quelques ultra-fédéralistes ont démontré leur profonde méconnaissance du peuple du Québec (et du mouvement souverainiste) au cours des derniers jours. Cependant, l’argumentaire est si faible – et la caricature, si grossière – qu’ils ont fait la preuve par quatre de l’incapacité du Canada anglais à respecter le Québec. En agissant de la sorte, ils confirment ce que nous, souverainistes, savons déjà : seule l’indépendance permettra au Québec de donner le meilleur de lui-même. Pour le moment, le mouvement souverainiste québécois est au combat. Il est fort. Il est debout. Il dérange. Et il n’aura de cesse jusqu’à ce que le rêve soit réalisé.
Avis au National Post et à leurs alliés objectifs au Québec : we’re back.
Catégorie(s) : La Une, Le blogue, Souveraineté


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Commentaires: 9
Allez-vous demander au gouvernement fédéral d’arrêter d’acheter de la pub dans le National Post?
Bravo M. Drainville! En effet, nous sommes de retour et nous ne lâcherons pas!
Monsieur Drainville,
Il fait bon voir un élu de l’Assemblée Nationale tenir le propos que vous nous permettez de lire ici.
Les éditorialistes de chez Gesca doivent être dénoncés sans relâche. Il ne faut pas s’empêcher de le faire de peur de leur donner davantage de visibilité, puisqu’ils en ont déja un maximum, ni par crainte qu’ils prennent leurs détracteurs en cible, puisqu’ils sévissent déja autant qu’on peut le faire à l’encontre de tout ce qui se dit souverainiste ou indépendantiste.
Il me semble qu’on ne prend pas la pleine mesure du manque abyssal de crédibilité de ces promoteurs d’une vision remarquablement semblable à celle de celui qui les paie.
Ils ne sont élus par personne, et ils véhiculent inlassablement, depuis des décennies, un argumentaire politique en perpétuel porte-à-faux à l’égard des aspirations majoritaires de leur auditoire, argumentaire qui trouve beaucoup plus d’appuis à l’extérieur de la nation québécoise, souvent chez les tenants les plus extrémistes de la tutelle canadienne.
Il me semble aussi qu’on sous-estime la portée et la puissance de leur parole qui, même si elle ne rallie pas la majorité, infléchit néanmoins le spectre de l’opinion bien assez pour être une entrave concrète à la réalisation de l’indépendance.
Ils ont cette capacité parcequ’ils sont — que ce soit malgré eux ou pleinement assumé importe peu — les haut-parleurs et les témoins d’un establishment qui, de façon systémique, instaure une culture, dans les médias et ailleurs dans la société, propre à réduire les aspirations indépendantistes des Québécois.
Ils seront d’autant plus puissants si nous persistons à voir en eux les gardiens de la démocratie qu’ils ne sont pas.
Cela dit, Monsieur Drainville, si vous fréquentez Vigile ou Le Devoir, peut-être savez-vous déja que je trouve, comme bien d’autres, la posture actuelle de votre parti dramatiquement erronnée et contre-productive; Je parle ici de cette idée de gouvernance provinciale ” en attendant ” — ou en construisant les conditions gagnantes, ou que sais-je encore –.
À cet égard, tout semble se passer comme si le PQ avait arrêté de réfléchir en 1996, alors qu’il était compréhensible — quoique déja pas absolument et incontestablement obligatoire — qu’on veuille gouverner un certain temps, au landemain d’un référendum perdu de justesse, avec un chef disposant d’un capital de charisme exceptionnel dont on pouvait penser qu’il avait l’intention de revenir bientôt à la charge.
Idem en 1976, alors qu’on pouvait justifier que les souverainistes pratiquent ponctuellement la gouvernance provinciale, le temps de poser quelques gestes importants comme la loi 101, qui justifie presque à elle seule cet exercice.
Mais que reste-t-il aujourd’hui, trente ans plus tard, de ces perspectives d’action intra-fédérale, si ce n’est que l’autre tranchant du couteau, l’envers de la médaille qu’il faudrait être totalement bouché pour ne pas l’avoir vu se manifester de façon tonitruante à chaque instant de chaque minute de chaque heure de chaque jour où le PQ a gouverné — comme n’importe quel qutre parti d’ailleurs, mais avec la critique anti-indépendantiste médiatiquement démesurée en prime — , c’est à dire l’usure du pouvoir provincial qui enlève rapidement toute marge de manoeuvre et fait invariablement baisser l’appui aux projets du parti qui gouverne, dans ce cas-ci la souveraineté ?
Et n’avons-nous pas, aussi, eu tout le temps de constater mille fois plutôt qu’une, que lorsque les souverainistes gouvernent — ou occupent, comme le Bloc — ils cautionnent malgré eux le régime actuel en le rendant plus acceptable par leurs succès, dont les fruits n’aident pas l’indépendance autant qu’ils le devraient, loin s’en faut ?
Comme vous voyez, Monsieur Drainville, je fais honneur à un vieil adage, en vous envoyant le pot après les fleurs.
Soyez assuré, cependant, que je ne doute pas un instant de votre plus sincère dévouement dans cette fonction que vous occupez pour laquelle j’ai beaucoup de respect.
Cela étant, un texte comme celui que vous présentez aujourd’hui, c’est bien. Voilà, de la part d’un élu du parti Québécois, un réflexe indépendantiste comme vous ne vous doutez peut-être pas à quel point, vu de l’extérieur, on a l’impression que ce parti n’en a plus.
Un, dix, cent ou mille autres textes de ce genre, ce serait très bien aussi, mais jamais assez pour que je vote pour une proposition politique comme celle du parti Québécois lors des élections de cet automne, que je considère absurde et, surtout, de nature à compromettre, plus que n’importe quelle défaite électorale, l’avancement d’un projet auquel j’adhère vivement.
Vous avez été bien courageux M. Drainville de lire tout le texte de Pratte, j’ai démissionné après 3 lignes . Il me répugne , et je me demande encore comment un être humain peut être aussi démagogue, sauf par intérêt personnel soit d’aller faire un tour à Sagard régulièrement., elle est surement là sa récompense.
Bernard,
Dans ton blogue, tu m’accuses de faire preuve de mépris à l’égard des Québécois et des souverainistes. Je te défie de trouver une phrase de ma part, depuis les huit ans que je suis éditorialiste, où j’affiche du mépris pour le peuple québécois ou pour les indépendantistes. Tu devrais le savoir par nos discussions passées, j’ai un grand respect pour les souverainistes, notamment pour toi. Je suis aussi profondément québécois; je suis fier de ce que nous avons réussi au cours des ans.
Cependant, est-il permis de diverger d’opinion avec ton parti sans se faire accuser de mépriser les Québécois et d’être un «allié objectif» du Canada anglais?
Tu prends comme une marque de mépris mes propos sur la mauvaise gestion, par le gouvernement du Québec, des systèmes d’éducation et de santé. «Si nous comprenons bien M. Pratte, les Québécois seraient de trop piètres gestionnaires pour être maîtres de leurs affaires. Vaudrait mieux laisser le Canada anglais le faire à leur place. Cet argument est particulièrement fallacieux, avec une pointe de mépris envers tous les Québécois, souverainistes et fédéralistes confondus.»
Ce n’est pas du tout ce que je dis. Je souligne simplement que la gestion entière de quelque chose par le gouvernement du Québec ne garantit pas la qualité, comme tu le sais particulièrement bien étant critique de ton parti dans le domaine de la santé. Alors quand vous prétendez que tout irait mieux si le gouvernement du Québec avait l’entière responsabilité du domaine économique, je crois que la preuve est impossible à faire. D’autant plus que dans l’association que vous proposez avec le reste du Canada (à moins que vous ayez abandonné cette idée), la politique monétaire resterait contrôlée par le Canada, puisque nous garderions le dollar canadien comme monnaie.
Quoi qu’il en soit, il me semble que ce débat pourrait se poursuivre sans qu’on tombe dans les accusations personnelles et les procès d’intention. Si la politique ne t’a pas encore trop changé…
André
André Pratte
Éditorialiste en chef
La Presse
En tant qu’ex-journaliste d’expérience, vous devriez en pondre d’autres comme celui-ci, M. Drainville. Aucune différence entre André Pratte, André Arthur, Barbara Kay et Galganov.
@ M. Pratte
Votre mépris envers les québécois souverainistes est régulièrement affiché dans votre éditorial quotidien sinon il ne paraîtrait pas sur cyberpresse. D’ailleurs le titre de cet article auquel M. Drainville a fait allusion en fait foi: ” Une insulte à l’intelligence” Pouvez-vous en donnez une autre signification que celle mentionnée , soit un réel mépris face à Mme Marois et à tous ceux qui croient à notre projet. D’ailleurs en surplus de M. Drainville il y a M. Aussant qui vous réponds : À l’intelligence de déterminer l’insulte
http://www.pq.org/nouvelles/lettre-ouverte-jean-martin-depute-nicolet-yamaska/
Respectueusement, M.drainville, je suis une personne qui a ete adopte ,en tres bas age 1ans a 2ans, depus l age de dix huit ans ,je suis suppose de recevoir ,un heritage qui est place en fiducie.Je n aie janais rien recu ,parce que le premier ministre jean charest fait des pieds et des mains ,pur mettre la main decu, avec l aide d hommes d affaires tres infuant de la region de quebec ami(es)du patie liberal proviciale ,dont sans le nomme ,jean-pierre goulet proprietaire du bogarte qui utilise le montant des interets de mon heritage place en fiducie avec laide de julia gregoire pilote ,fausse proprietaire du second cup de place nviles 3400 ,quatre-bourgeois ,qui a falcifie un cheque de la covac ou autre ,pour pouvoir ,ouvrir, le second cup ,le provient dela fois ou la mafia de m.t.L,on essaye de m assasine a la cite collegiale en 1997.IL font une vie de pacha sur mon dos depuis des annees eux et d auyre au d affaires dont john whylby qui pratiquement a tous les matin a dix heures ,au second cup ,c est en face de chez moi.la duexieme partie du salaire de jean charest provienderait des interets de mon heritage place ,en fiducie depus de nombreuses annees.En avril 2007, lors dutournoi de hockey ,ilme le avoue,et si certaines choses de ce qui c est dis a l arena de sainte-foy, il me briserais ma carriere d agent correctionnels et je ne reverais ,jamais mes enfant ,devant jacques dupuis ,yvon marcoux et serge menard,et il a aaffime qu il finirait par reussir par mettre la main sur mon heritage avec l aide de ses anis du partie et de nepas penser, avoir un jour mon 600,000,00% pour mes enquetes d infiltration de l oublier.parce que, quelqu un qui a vote ,pour le partie quebecois c est un sale separatise et un detuiseur de pays et,que tout ce concerne le partie quebecois c est de la merde qui ne vaut pas la peine d en parler et surtout se qui est a la direction dece partie ,qui ne vaut pas la peine d en paelr ,Je suis pret a etre confronte ,de tout ce que ,j ai ecris par n importe qui, j aimerais que ca sois ,par jean charest ,il a couvert sa femme de toute pousuite au ciminel par r apport a la reponsabilite ,qu elle avait par r apport a des fondation ,qu elle aurait supposement piger dans certaines fondations a des fins personnelles.Ameliare par des faits oubliees.
Discuter sérieusement avec les fédéralistes est une perte de temps car leur projet de destruction de la nation Québecoise est basé sur la malhonnêteté , les commandites et les collusions mafieuses . le royalisme totalitaire , les loges orangistes, le contrôle des médias et une propagande mondiale mur à mur à partir des ambassades canadians
Depuis 10 ans que je discute avec eux sur divers forums et médias me certifie ce que je dis
L’indépendance doit se faire sans tenir compte des ultra fédéralistes et des propos de propagande Canada car nous perdons notre temps en leur demandant de comprendre quoi que ce soit concernant le projet de décolonisation et d’ouverture au monde de la nation Québecoise