Un budget sans vision et sans courage | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
À l'Assemblée nationale — 26 mars 2009

Le député de Marie-Victorin M. Bernard Drainville, craint que les services offerts par l’État soient mis en péril par le budget déficitaire déposé la semaine dernière par le gouvernement libéral. « Un déficit, ça augmente le poids de la dette. Par conséquent, les intérêts sur cette dette augmentent aussi. Et plus on a d’intérêts à payer, moins on a d’argent pour les services comme la santé et l’éducation. »

« Lorsque je regarde ce budget, poursuit le député, je m’inquiète. Cette société dont je suis si fier et que j’aime tant est en danger. L’État est miné par son incapacité à rencontrer ses obligations financières. Et le gouvernement vient de nous remettre collectivement les deux mains dans le tordeur, après tant d’efforts pour assainir les finances publiques. »

Comme l’a expliqué en Chambre son collègue François Legault, la dette nette du Québec (c’est-à-dire la dette brute moins les actifs financiers du gouvernement), en 2003, s’élevait à 72 milliards $. En 2011, le gouvernement prévoit que cette dette nette va s’élever à 144 milliards $. L’héritage du gouvernement libéral, ce sera donc d’avoir doublé la dette nette du Québec, et ce, sans avoir élaboré de plan pour la renflouer.

Qui plus est, dans le budget, toutes les décisions difficiles sont remises à plus tard, à un moment où on peut penser que la ministre des Finances et le premier ministre n’occuperont plus leur siège à l’Assemblée nationale. Est-ce une attitude responsable ? Plutôt poltronne, juge le député.

Convaincu que ce sera – encore une fois – au Parti Québécois de réparer les pots cassés, M. Drainville assure que « les décisions, elles seront prises, et honorablement. Le Parti Québécois a appris de ses erreurs passées. Le temps venu, il aura le courage d’agir, dans le respect des valeurs qui sont les siennes : la responsabilité, les services offerts par l’État, la création de la richesse et, bien entendu, le respect de la parole donnée. »

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(1) commentaire

  1. Vous soulignez que “toutes les décisions difficiles sont remises à plus tard”. Je suis contente que vous ayiez mentionné cela.

    Vous parlez aussi de pots cassé­s. Assurément, si la présente administration n’arrive pas à démontrer une meilleure capacité de vision à LONG TERME, la société québécoise se retrouvera avec de très graves problématiques sur les bras dans un avenir pas si lointain que cela.

    Je rappelle de nouveau que le spectre de la pandémie pend toujours comme une épée de Damoclès au-dessus de l’humanité, et que le Québec n’y échappera pas, même si cela ne fait pas l’affaire des dirigeants de l’État. La pandémie d’influenza se produira à un moment ou un autre, et chaque jour qui passe nous rapproche de cette crise sanitaire mondiale. Une pandémie n’attendra pas que le Québec ait eu le temps d’y penser. Les virus ne consultent pas les journaux et ne lisent pas les communiqués de presse. Et ce n’est pas parce qu’elle ne s’est pas encore produite qu’une pandémie n’arrivera jamais.

    L’ONU a averti: “Préparez-vous au grand choc écomomique.”

    “La plupart de pays se sont concentrés sur la pandémie comme cause potentielle de catastrophe et ont effectué quelque planification. Mais la qualité de leurs plans est inégale et trop peu d’entre eux ont porté attention aux CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES”, a déclaré David Nabarro à BBC radio.

    “Les conséquences économiques pourraient s’élever à 2 trillions de dollars américains – jusqu’à 5 pour cent du produit intérieur brut”, a-t-il dit, réitérant des évaluations antérieures de la Banque mondiale et de l’ONU. http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=555#6 Je considère que cette évaluation est très conservatrice. Les conséquences d’une pandémie sur notre monde moderne et interconnecté sont quasiment inimaginables.

    Avec une dette alourdie, un affaiblissement à moyen terme des infrastructures de santé et d’éducation, des plans de pandémie totalement désuets et planifiant pour le scénario le plus insignifiant, et une population délibérément maintenue dans l’ignorance des enjeux réels, je redoute le pire pour l’avenir du Québec. Il serait grand temps que l’État prenne ses responsabilités.

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