Indépendance du Québec : pourquoi je suis indépendantiste
Publié le 15 septembre 2009
Partout dans le monde, il a existé, il existe et il existera toujours des nationalismes qui sont des phares de liberté et de progrès social. C’est dans cette lignée que s’inscrit la cause de l’indépendance du Québec.
Le nationalisme québécois est un nationalisme humaniste qui vise l’émancipation d’un peuple, d’abord, mais aussi celle des individus qui le composent. Son aboutissement, la volonté de faire l’indépendance, est basé sur cette conviction que nous voulons partager : tout être humain, tout peuple a le droit au bonheur.
Car il en va des personnes comme des nations ; plus elles sont libres et responsables de leur destinée, plus elles auront la capacité de s’accomplir et de se dépasser, donc de trouver le bonheur.
J’insiste : le mouvement souverainiste aspire à rassembler les Québécois, non pas à les diviser. Nous avons en effet bien des choses dont nous pouvons être fiers collectivement. Sur le territoire physique que nous avons défriché et occupé pendant 400 ans s’est installée petit à petit une société originale qui a donné libre cours à son génie propre, pour répondre aux besoins qui étaient les siens. C’est en ce sens que le Québec a mis au monde une liberté qui lui est particulière. Cette liberté est le produit de son imaginaire, de son ingéniosité et de sa culture, et ses fruits constituent ce que le Québec lègue avec fierté au reste du monde.
De ce singulier alliage de l’Amérique et de l’Europe sont nées des innovations dans les domaines culturel (Cirque du Soleil), industriel (Bombardier), financier (les Caisses populaires Desjardins) et sert même d’exemple quant à son modèle socio-économique (Centres de la petite enfance). Comme tout peuple, nous, Québécois, avons le devoir moral de protéger notre identité car, sans elle, nous ne pourrons plus apporter au monde ces innovations uniques que produisent les peuples uniques.
Qui plus est, l’accession à l’indépendance est, pour une nation, la meilleure façon d’accueillir l’autre, car elle est source de confiance. Confiance en nous-mêmes. Confiance en la pérennité de notre langue et de notre culture. Confiance que notre différence peut, sans crainte, s’enrichir de celle de l’autre. L’indépendance, c’est notre sécurité identitaire, et notre meilleure antidote contre la peur.
Par ailleurs, pour que les nations se respectent et fraternisent, encore faut-il qu’elles se parlent sur un pied d’égalité. Plus il y aura de nations souveraines dans le monde, plus il y aura d’espace pour un dialogue fructueux qui s’enrichira de nos différences. À l’inverse, plus on voudra effacer ces différences, plus nous diviserons l’humanité en attisant le ressentiment et le repli sur soi.
Bref, l’indépendance, ce n’est pas la fermeture à l’autre ; c’est au contraire la meilleure façon d’entrer en dialogue avec lui et de le comprendre.
Je suis indépendantiste parce que je crois que le temps est venu de donner à notre différence le pays dont elle a besoin pour continuer à essaimer son originalité, pour qu’elle puisse continuer à rayonner et à inspirer.
Chaque peuple, chaque culture et chaque langue enrichissent notre humanité commune. Chaque nation est irremplaçable. Chacune apporte au monde sa parcelle de lumière. La meilleure façon d’en assurer l’existence pour la suite du monde, c’est de lui donner la pleine liberté et la pleine responsabilité qui viennent avec la pleine indépendance.
Voilà pourquoi je suis indépendantiste.
Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin
Le 9 septembre 2009
Catégorie(s) : La Une


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Commentaires: 8
De bien nobles propos M. Drainville. Mes préoccupations se situent plus au niveau de la capacité des Québécois de vivre ce type d’expérience et d’aventure, à savoir la souveraineté du Québec. Ne sont-ils pas trop apathiques? Ne préfèrent-ils pas une vie calme centrée sur leurs besoins immédiats et personnels plutôt que de se préoccuper du bien collectif? Si les générations montantes développent un sens du bien commun, peut-être qu’un jour le Québec sera indépendant…. d’ici là il y a bien peu de chance.
Bravo monsieur Drainville, c’est un très beau texte.
Jeanne du Lys
Bonjour M. Drainville,
Dans votre texte que je trouve très intéressant et motivateur il manque, lorsque vous parlez d’alliage entre L’amérique et L’Europe. Vous devriez ajouter le métissage entre les amériendiens et le peuple français. Et en plus des services que le Canada prends exemple sur nous, il y a en agriculture l’agri-traçabilité que les éleveur québécois avons instauré pour identifier nos animaux et que si le Québec avait été souverain peut-être que la fermeture des frontière pour la vente de boeuf au Québec ne serait pas arrivé. Le fédéral encore là prends exemple sur notre modèle D’ATQ
Continuez votre bon travail
Bob Lemay
Responsable comité agricole
PQ Lotbinière
Bonjour M. Drainville,
Je ne partage pas avec vous votre désir d’indépendance parce que je considère que le projet du PQ a mal vieilli.
Les motivations des années 50,60 et 70 sont disparus une après l’autre.
Les québécois de souche sont beaucoup plus respectés maintenant.
Ils ont accès à de hautes études, aux meilleurs emplois tant au privé qu’au public.
Ils administrent de grandes multinationales, notre culture s’exporte comme jamais, notre savoir-faire aussi.
Le PQ a proposé la souveraineté a tellement de sauce différentes que la population ne croit plus que votre parti veut vraiment passer de la parole aux actes.
http://montrealaisorigine.wordpress.com/2009/07/10/le-pq-et-ses-nombreuses-strategies-pre-referendaires/
je répond à M. Autret par une simple question : allez-vous accepter longtemps qu’une autre nation écrive notre histoire ?
Vos arguments sont justes mais ne soutienne pas votre position. C’est justement parce qu’on est maintenant capable de décider pour nous-mêmes qu’on doit le faire !!!
Je veux être maître de mon avenir. C’est légitime et normal. Allez faites-vous confiance. Un peu d’amour-propre collectif, ça fait du bien.
Si je résume ce que m’inspire votre pensée, il semblerait que l’indépendance soit l’antidote de la dépendance et le fondement d’une interdépendance juste, moderne et bien assumée. Cela fait du sens et seul Stéphane Dion refuserait d’y voir la formulation claire d’une question gagnante
Disclosure : j’ai le bonheur de vivre au Québec comme invité depuis plus de 20 ans, mais n’ai jamais osé demander la citoyenneté canadienne de peur de froisser quelqu’un, soit en prêtant allégeance à une souveraineté, soit en me parjurant afin d’embrasser l’autre. Il n’est pas toujours facile de rester un immigrant intègre en ce pays
Votre pensée est certes juste, digne d’un politologue, mais je crois qu’il faut percevoir une dichotomie fondamentale entre le substantif “indépendantiste” et “souverainiste”. Sinon, vous m’inspirez.
[...] qui m’a fait faire le saut en politique il y a trois ans, c’est-à-dire la cause de l‘indépendance du Québec. Aujourd’hui, c’est comme si vous me disiez que j’ai fait le mauvais choix en abandonnant mon [...]