Appel d’offres tripoté : le PQ demande l’intervention du Vérificateur général | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
À l'Assemblée nationale — 13 octobre 2009

« On aura tout vu! Voilà que pour justifier l’injustifiable et poursuivre la construction des mégahôpitaux en PPP, on change les règles de l’appel d’offres après l’ouverture des enveloppes! Pour rendre conformes les propositions qui ne peuvent pas l’être faute de financement adéquat, on fausse les règles de la compétition : c’est exactement ce qui s’est passé dans le scandale des compteurs d’eau à Montréal et en partie pour les mêmes soumissionnaires. Cela soulève manifestement un parfum de scandale et dès maintenant, le Vérificateur général du Québec doit s’en mêler ».

C’est ce qu’a déclaré le député de Richelieu et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Conseil du trésor, de fonction publique et de services gouvernementaux, Sylvain Simard, en prenant connaissance du décret adopté en catimini le mois dernier par le Conseil des ministres et dont les informations sont publiées ce matin dans le quotidien La Presse.

Le député de Richelieu estime qu’en tripotant de la sorte les règles de l’appel d’offres, le gouvernement libéral confirme que les projets de mégahôpitaux s’enfoncent en suivant la formule PPP. « Si le gouvernement libéral de Jean Charest avait pleinement confiance en son choix de construire en PPP, pourquoi est-il obligé aujourd’hui de tripoter les règles? Pourquoi doit-il payer les consortiums pour qu’ils déposent une proposition? Pourquoi les consortiums n’ont-ils plus l’obligation de confirmer leur financement? Où est la compétition qui devait faire épargner des millions aux contribuables? C’est tout sauf un PPP et c’est trop cher payer pour sauver la face du premier ministre, surtout quand on en est rendu à trafiquer les règles de saine gouvernance », a souligné M. Simard.

Le député s’est d’ailleurs dit inquiet du signal que cela envoie pour les milliers d’appels d’offres que l’État prépare chaque année. « Les principes élémentaires d’une saine gestion et d’une bonne gouvernance n’existent plus. En accommodant quelques soumissionnaires, le gouvernement libéral dirige les appels d’offres et ne favorise pas la saine compétition. Pourquoi? Certainement pas dans l’intérêt des contribuables. Au plus vite l’intervention du Vérificateur général du Québec », a conclu Sylvain Simard.

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