Le gouvernement Charest doit cesser d’improviser avec notre avenir énergétique | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois

L’opposition officielle demande au gouvernement Charest et à sa ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, de cesser d’improviser avec l’avenir énergétique du Québec. Au cours d’une interpellation à l’Assemblée nationale aujourd’hui, le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations intergouvernementales canadiennes et de relations avec les Premières Nations, Alexandre Cloutier, et le député de Beauharnois, Guy Leclair, ont énoncé les multiples dérapages du gouvernement libéral en matière énergétique.

Pour le Parti Québécois, les actions gouvernementales ne suivent pas les belles paroles et les annonces du gouvernement. Les contradictions sont notables et éloquentes.

« On n’a qu’à penser au Plan Nord, un plan devenu démarche. Cela fait 18 mois qu’on nous fait des promesses et malgré tout, ça demeure un projet flou pour les populations nordiques et même pour tous les Québécois. Qui plus est, l’acharnement du gouvernement à cacher les études et les coûts pour la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2 est une démonstration éloquente que le gouvernement n’a aucune idée où il s’en va, sachant que la fiabilité des réacteurs CANDU est critiquée et délaissée à travers le monde, a déclaré, d’entrée de jeu, le député de Lac-Saint-Jean. Le développement de la filière éolienne est actuellement compromis parce que le gouvernement laisse toujours les promoteurs à eux-mêmes, incapables d’obtenir une acceptabilité sociale suffisante pour aller de l’avant. Ce n’est pas pour rien que plusieurs projets ont été carrément abandonnés », a poursuivi Alexandre Cloutier.

Réserve d’hydrocarbures Old Harry : symbole du laxisme libéral
Le député de Lac-Saint-Jean a reproché à la ministre Normandeau le laxisme libéral à propos du projet d’exploration de la réserve Old Harry. « Le gouvernement Charest s’était engagé à régler le contentieux avec le gouvernement fédéral pour décembre 2006! Ça fait plus de trois ans et depuis, rien n’a été fait. Hier, l’Assemblée nationale a voté, une autre fois, une motion enjoignant le fédéral à signer une entente avec le Québec. Pourquoi faut-il constamment quémander alors que les autres provinces, elles, ont réussi à signer une telle entente? Dans les faits, le gouvernement fédéral empêche le Québec de se développer et on dirait que ça fait l’affaire du gouvernement Charest », a dénoncé M. Cloutier.

Le manque de courage politique du gouvernement Charest risque de coûter très cher aux Québécois. « Si Terre-Neuve va de l’avant avant nous, nous devrons vivre avec les conséquences de l’exploration et de l’exploitation sans en tirer aucun bénéfice. La ministre Normandeau doit faire plus que « lever le ton », elle doit faire comprendre au fédéral qu’en l’absence d’entente d’ici quelques semaines, le Québec procédera aux étapes subséquentes, que ça plaise ou non au fédéral. Il faut agir avant que nos ressources soient pompées par Terre-Neuve », a insisté Alexandre Cloutier.
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Le député de Lac-Saint-Jean était abasourdi d’apprendre ce matin que la ministre Normandeau n’avait, non seulement aucun plan, mais aucune connaissance du litige qui oppose son gouvernement et le gouvernement fédéral! « La ministre des Ressources naturelles, aussi vice‑première ministre, ignorait tout du fait que le gouvernement fédéral a donné un traitement de faveur à Hydro-One en 2009 », a indiqué M. Cloutier. Pourtant, le 27 janvier 2009, l’ex‑ministre des Finances, Monique-Jérôme Forget, soutenait que son gouvernement allait « suivre avec un oeil de lynx et beaucoup de détermination pour recevoir le même traitement, puisque cela représente 250 millions de plus pour le Québec ».

La mauvaise gestion de Thierry Vandal coûtera cher aux Hydroquébécois
Pour sa part, le député de Beauharnois a sévèrement reproché à la ministre Normandeau son aveuglement volontaire envers la gestion douteuse d’Hydro-Québec par le très libéral Thierry Vandal.

« Depuis quelques mois, le service à la clientèle d’Hydro-Québec est laissé à lui-même. Les clients n’ont plus l’écoute à laquelle ils avaient droit. Le délai de traitement des appels est monstrueux. Avec la multitude de postes non comblés depuis quelque temps, on peut craindre le pire », a souligné Guy Leclair, inquiet que ce service soit privatisé.

Par ailleurs, il n’a pas manqué de rappeler à la ministre que les modifications au système informatique d’Hydro-Québec ont pénalisé injustement plusieurs milliers de clients avec des erreurs de facturation indécente. « La mise en place du nouveau système informatique est, à l’évidence, un échec lamentable, un gouffre estimé à près de un demi-milliard de dollars. Qui va payer pour cet échec? Encore les clients avec des augmentations de tarifs. Et la ministre Normandeau maintient toujours sa confiance envers M. Vandal. Cherchez l’erreur », a ajouté le député de Beauharnois.

Rappelons que, depuis qu’il est en poste, les bourdes de M. Vandal sont nombreuses, notamment la sécurité déficiente des barrages, les dons en commandites controversés versés à des écoles privées, une prime annuelle versée pour avoir augmenté les tarifs et son entêtement, pendant plus d’un an à vouloir cesser de faire des affaires avec des entreprises de câblage situées au Québec.

« À l’évidence, le gouvernement Charest n’a pas de vision claire et structurée sur la façon dont il entend amener le Québec à une indépendance énergétique cohérente et progressive. En attendant, si au moins il mettait fin à son improvisation, le Québec s’en porterait un peu mieux », a conclu Alexandre Cloutier.

(Source : Éric Gamache)

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