De défenseur des patients à défenseur des intérêts du Québec | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois

Il y a quelques jours, la chef de l’opposition officielle, Mme Pauline Marois, a procédé à un remaniement des responsabilités parlementaires des députés du Parti Québécois en vue de la prochaine rentrée à l’Assemblée nationale. Bernard Drainville, le député de Marie-Victorin, est passé de la santé aux affaires intergouvernementales canadiennes.

« En trois ans, a déclaré M. Drainville, j’ai posé des centaines de questions visant à défendre la santé des Québécois, que ce soit sur l’accès à un médecin de famille, sur l’attente aux urgences, sur la place plus grande qu’il faut donner aux infirmières et aux pharmaciens, sur l’informatisation du réseau, et j’en passe. Lorsque Mme Marois m’a approché pour les affaires intergouvernementales, j’ai tout de suite pensé que c’était la suite logique à mon passage à la santé. Car, s’il y a une constante en santé, c’est qu’il y a beaucoup plus de besoins que de ressources pour les combler. Or, Ottawa nous doit des milliards de dollars. Nous attendons toujours que le fédéral règle sa facture de 421 millions pour la crise du verglas de 1998, qu’il honore sa dette de 1,25 milliard qu’il a envers le Québec dans le dossier de la péréquation, qu’il verse au Québec les 2,2 milliards qu’il nous doit pour l’harmonisation de la TVQ et de la TPS. Malheureusement, le gouvernement Charest est incapable de récupérer notre argent. Jean Charest est tellement empêtré dans ses problèmes qu’il n’a plus le temps de s’occuper des intérêts du Québec. Il passe plus de temps à gérer des scandales qu’à protéger nos intérêts. Les Québécois peuvent me faire confiance, je vais me battre pour eux. J’étais le défenseur des patients du Québec ; je serai le défenseur des intérêts du Québec. »

D’ailleurs, les litiges opposant Québec et Ottawa ne se résument pas à des questions d’argent. « Je me battrai aussi pour nos intérêts économiques, poursuit Bernard Drainville. Par exemple, les Québécois veulent rester maîtres chez eux dans le domaine de la finance. En proposant de créer une Commission canadienne des valeurs mobilières, Ottawa favorise Toronto au détriment de Montréal. L’intention du gouvernement Harper est claire : concentrer l’industrie des services financiers en Ontario. Ce sont des milliers d’emplois bien rémunérés que le Québec risque de perdre. »

L’autre grande bataille à laquelle Bernard Drainville va se consacrer, c’est celle de la défense des valeurs québécoises. « Par exemple, les Québécois souhaitent le maintien du registre des armes à feu. Le gouvernement fédéral, lui, veut le démanteler. Je l’ai dit et je le répète : si M. Harper s’entête, le Québec devrait rapatrier la portion québécoise du registre. Vaut mieux un registre moins efficace que pas de registre du tout, surtout qu’il nous a déjà coûté très cher. Les policiers de la Sûreté du Québec sont d’accord avec nous sur ce point.

Il y a d’autres batailles en vue : nous ne voulons pas d’un Parlement canadien qui affaiblit le Québec, en donnant plus de sièges à l’Ontario, à la Colombie-Britannique et à l’Alberta. Nous ne voulons pas d’un gouvernement canadien qui aide l’industrie automobile ontarienne et ne laisse que des grenailles pour la modernisation de l’industrie forestière québécoise qui en a grandement besoin. Nous ne voulons pas non plus qu’Ottawa permette à Terre-Neuve d’exploiter nos ressources dans le golfe du Saint-Laurent. Ces ressources appartiennent aux Québécois et à eux seuls. C’est à nous d’en disposer selon nos intérêts et nos valeurs. »

Bref, Bernard Drainville affichera la même combativité dans les dossiers Québec-Ottawa qu’il l’a fait à la santé. Ses concitoyens de Longueuil et de tout le Québec ne seront pas surpris de l’entendre dire que la meilleure façon de gérer nos affaires et de protéger nos intérêts nationaux, c’est d’avoir tous les pouvoirs et tous les revenus que seule la souveraineté peut nous apporter. « C’est la seule manière d’être vraiment maîtres chez nous. Le Québec ne doit plus accepter d’être subordonné à une volonté qui n’est pas la sienne. Il y a deux nations dans ce pays. Et seule l’indépendance permettra à la nation québécoise d’être pleinement responsable d’elle-même afin de construire une société plus riche, plus forte, plus fière et plus durable. Une société à notre image, en accord avec nos aspirations et nos valeurs propres.»

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