Appuyer Vigile, c’est appuyer la liberté d’expression | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
Autres nouvelles — 19 octobre 2010

Animé par l’énergie du désespoir, Jean Charest nous a accusés aujourd’hui d’encourager la violence, sous prétexte que certains de mes collègues du Parti Québécois et moi-même avons commandité Vigile. Nostalgique d’un malheureux passé, le Parti libéral a agité les vieux démons de la peur pour masquer une question d’intérêt national qu’il veut faire taire sous le bâillon.

À l’origine des accusations : un article de Cyberpresse qui laisse entendre que nous cautionnons, par le biais de notre appui à Vigile, une campagne citoyenne menée par un ancien felquiste et exigeant la démission de députés libéraux. Pourtant, ni le Parti Québécois ni moi-même n’avons jamais encouragé la violence et nous ne le ferons jamais, peu importe l’importance de l’objectif visé.

Tout comme certains de mes collègues, j’ai personnellement décidé de faire un don à Vigile. En tant que député souverainiste, il est important pour moi d’encourager un média citoyen, libre, gratuit et accessible à tous. Un média porté à bout de bras par des bénévoles motivés par la quête d’un idéal commun. Bien que je ne sois pas toujours d’accord avec les critiques de Vigile à l’égard de mon parti, je continuerai à le lire et à le soutenir.

Je ne vais pas m’immiscer dans la décision de Vigile de diffuser les propos de M. Mathieu. Je tiens toutefois à affirmer haut et fort que je crois profondément en la liberté d’expression qui permet à un citoyen de réclamer la démission de son député. Surtout en plein scandale de corruption. C’est désagréable quand on est visé, mais c’est le prix à payer quand on fait de la politique. C’est ça, la liberté d’expression.

Dans quelques instants, je retournerai en Chambre pour voter contre l’infâme loi 103, devenue 115 sous le bâillon. À l’heure tardive où j’écris ce texte, je ne peux que m’attrister face à ce gouvernement cynique et usé. Monsieur Charest s’apprête à bâillonner les élus du peuple afin d’imposer sa loi sur les écoles passerelles. Une loi qui permet aux plus fortunés d’acheter un droit à l’école anglaise pour leurs enfants et tous leurs descendants. Je ne m’y ferai jamais.

Bien humblement, je me console toutefois en me disant que je n’ai aucune leçon d’intégrité à recevoir de la famille libérale ou d’un homme comme Jean Charest qui refuse obstinément de faire la lumière sur le système de collusion et de corruption qui gangrène l’industrie de la construction et Dieu sait quoi d’autre.

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