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Le député de Marie-Victorin et porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville, réclame que le gouvernement du Québec soit actif pendant la campagne électorale fédérale afin de s’assurer que les intérêts du Québec soient défendus. La réponse libérale à cette requête est plutôt inquiétante.
« En 2008, le chef libéral Jean Charest avait pris la plume pour mettre sur papier 14 demandes du Québec aux chefs des partis politiques fédéraux. Cette année, non seulement il n’y aura pas de lettre, mais pire encore, Jean Charest entend mettre entre parenthèses les intérêts du Québec. Il manque à ses responsabilités de premier ministre », a déclaré M. Drainville. Notons qu’en trois ans, à peine une demande aura été comblée, celle concernant Old Harry. « C’est un maigre 7 % de résultat », a-t-il constaté.
Pendant ce temps, il n’y a toujours pas d’entente pour encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, pas d’entente pour le financement de l’éducation postsecondaire, pas d’entente pour le rapatriement des pouvoirs en culture et communications, pas d’entente sur le train Québec-Windsor. Au contraire, le gouvernement fédéral a fait fi des positions de l’Assemblée nationale, notamment à l’égard de la Commission des valeurs mobilières et de la Loi sur les jeunes contrevenants.
Old Harry
Au cours du débat à l’Assemblée nationale ce matin, le député de Marie-Victorin est revenu sur l’entente sur la gestion des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent signée la semaine dernière et attendue depuis 12 ans. Le Parti Québécois considère qu’il est de l’intérêt des Québécois de pouvoir décider de la manière dont les éventuelles ressources qui s’y trouvent seraient exploitées. Toutefois, après une analyse attentive du texte de l’entente, des questions légitimes se posent.
« Lorsque nous entendons la ministre Normandeau estimer à 9 milliards de dollars les retombées que pourrait en tirer le Québec, nous sommes sceptiques sur cet objectif. Comment peut-on espérer ne tirer que 9 milliards de dollars sur une estimation de 2 milliards de barils de pétrole à environ 100 $/baril? Le gouvernement doit s’assurer que les Québécois soient les principaux bénéficiaires de la richesse qui pourrait être créée dans le golfe. Lorsque le premier ministre dit que l’entente signée jeudi est meilleure que celle de Terre-Neuve en 1985, son gouvernement a l’obligation d’en faire la preuve. Malheureusement, nous avons obtenu bien peu de réponses à nos questions légitimes », a indiqué le député Bernard Drainville.
La clause d’arbitrage et l’impact sur nos frontières
Le Parti Québécois s’inquiète de la clause d’arbitrage obligatoire, une clause qui pourrait faire bouger la frontière. Le Québec n’a jamais accepté de laisser ses frontières être définies par un arbitre nommé par le gouvernement fédéral.
Absence de clause pour des paiements compensatoires
Le député Bernard Drainville se questionne également sur l’absence d’une clause de compensation pour la perte de péréquation. Pourtant, dans l’entente convenue avec Terre-Neuve en 1985, une telle compensation a été consentie à Terre-Neuve qui, depuis, a reçu 4,6 milliards de dollars en paiements compensatoires à la suite d’une baisse de péréquation engendrée par les retombées des hydrocarbures. Le Parti Québécois réclame l’équité avec Terre-Neuve.
La liste des litiges s’allonge
Le Parti Québécois constate que la liste des litiges entre le Québec et le fédéral s’allonge. En plus des 2,2 milliards de dollars que les Québécois attendent pour l’harmonisation des taxes de vente, le député Drainville reproche au premier ministre Charest de ne pas profiter de la campagne électorale pour défendre la MIL Davie afin qu’elle puisse bénéficier d’une part du contrat de 35 milliards de dollars pour la construction de nouveaux navires et de ne pas profiter de l’occasion pour appuyer la demande de la coalition pour un nouveau pont Champlain. « Il était d’ailleurs consternant de voir Jean Charest baisser les bras à la première occasion dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec. Comme contribuables, aux dernières nouvelles, les Québécois envoient des impôts à Ottawa. On a donc droit à notre part », a poursuivi Bernard Drainville.
« De l’aveu même de Jean Charest, la stratégie du fédéralisme de correspondance est usée. C’est plutôt la stratégie mollassonne de Jean Charest qui l’est et qui ne donne aucun résultat. Il est impératif que le gouvernement du Québec ne cesse jamais de protéger et de faire avancer les intérêts du Québec et d’exiger que les nombreux litiges se règlent pour que l’argent qui revient aux Québécois nous soit rendu. Les Québécois veulent un premier ministre qui se tient debout, pas un premier ministre à genoux », a conclu Bernard Drainville.
(Source : Éric Gamache)









