Jack Layton, le Québec et la règle du 50 % + 1 | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
Autres nouvelles — 25 mai 2011

Hier, à l’occasion de son premier caucus depuis l’élection fédérale du 2 mai, le chef du NPD, Jack Layton, en a surpris plus d’un. Questionné par les journalistes à savoir s’il reconnaîtrait une décision majoritaire à 50 % + 1 (en faveur du Oui) à la suite d’un référendum sur la souveraineté du Québec, le chef de l’opposition officielle à la Chambre des communes a répondu ceci :

« La décision de la Cour suprême avait été acceptée par les deux [clans, souverainiste et fédéraliste]. Je pense que cette décision est la base pour déterminer un résultat. Non, il n’y a pas de chiffre, mais c’était précisé d’une façon qui établissait un bon cadre pour régler cette affaire. » (Citation extraite du blogue de Jean-François Lisée)

J’avoue être demeuré, disons, surpris et perplexe devant cette prise de position. D’abord, parce qu’elle s’oppose au droit du peuple québécois à son autodétermination. Puis, parce qu’elle va complètement à l’encontre du consensus québécois sur la question de la règle du 50 % + 1, règle démocratique universelle. Or, ce consensus est partagé autant par les souverainistes, comme moi, que par les fédéralistes, comme le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Pierre Moreau, et le premier ministre, Jean Charest.

Surpris, donc, parce que j’ai de la difficulté à croire qu’un démocrate comme Jack Layton puisse emprunter le chemin du déni démocratique de Stéphane Dion. Perplexe, parce qu’un chef de parti – qui tire le pouvoir de sa nouvelle fonction de l’appui des Québécois – fait ainsi fi des droits du peuple qui représente la majorité des députés de son caucus.

Surpris, je l’ai été et je le suis toujours parce que Jack Layton et son lieutenant québécois, Thomas Mulcair, ont fait campagne en brandissant la déclaration de Sherbrooke, votée par l’aile québécoise du NPD, qui reconnaît justement la règle 50 % + 1. Perplexe, aussi, parce que Jack Layton, politicien honnête et rigoureux, a déclaré que la décision de la Cour suprême « avait été acceptée par les deux [clans] ». Je rappelle amicalement  à M. Layton que les souverainistes n’ont jamais accepté ce jugement ni, d’ailleurs, les leaders fédéralistes siégeant à l’Assemblée nationale. Je lui rappelle également qu’il existe une loi adoptée par l’Assemblée nationale, la 99, qui réaffirme notamment le droit du Québec à disposer de lui-même et que seule une majorité de 50 % + 1 est requise.

J’imagine que  M. Layton l’a tout simplement « échappée », qu’il précisera son propos et respectera la démocratie. Autrement, ce sera aux Québécois de juger de sa cohérence, de son attachement à un principe démocratique universel et, plus important encore, de ce que vaut la parole du chef de l’opposition à Ottawa.

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