10 idées pour redonner confiance aux citoyens | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
Des idées pour le Québec — 25 août 2011

Précédemment, je me suis efforcé de faire une synthèse des idées, observations et suggestions qui m’ont été transmises par des citoyens québécois au cours de l’été. Cette consultation aura été fort utile pour deux raisons. D’abord, parce que consulter les citoyens et prendre en compte leurs opinions devrait toujours être en tête de liste des priorités des élus. Ensuite, parce que les meilleurs penseurs politiques du Québec, ça reste encore les citoyens du Québec. À tous ceux qui ont répondu à mon appel, je vous remercie. Vous m’avez grandement aidé dans ma réflexion.

Retour sur le constat

Comme je l’ai déjà mentionné avec plus de détails, les Québécois qui ont communiqué avec moi ont dressé essentiellement quatre constats :

1. Ils sont désillusionnés et cyniques par rapport à la politique, et ce, même parmi les plus militants d’entre eux.

2. Ils ont des critiques sévères envers toute la classe politique, envers le Parti Québécois en particulier.

3. La grande majorité des propositions de changement qu’ils m’ont envoyées découle d’une volonté de donner plus de pouvoir politique aux citoyens.Ils rêvent d’une démocratie exemplaire pour le Québec.

4. Le Québec qu’ils veulent est un Québec ambitieux qui peut porter des rêves.

En somme, les Québécois ont perdu confiance envers leurs élus et leurs institutions démocratiques. Ils ne s’y reconnaissent plus. Ils ont l’impression de ne pas être entendus et, pis encore, de ne pas être écoutés par leurs représentants politiques. Ce cynisme, que beaucoup constatent et que plusieurs déplorent, puise en grande partie sa source dans le sentiment qu’ont les citoyens d’être complètement écartés des décisions qui les touchent, de n’y être aucunement impliqués.

Partant du fait que ce constat reflète l’humeur d’une majorité de Québécois, il faut regarder la réalité en face et agir, parce que l’heure est grave. Le doute et le cynisme qui planent sur les élus et le système politique minent considérablement notre capacité à agir en fonction du bien commun. À force de ne plus avoir confiance, de ne plus se sentir partie prenante du processus, les citoyens remettent en question la capacité même de l’État à répondre adéquatement à leurs besoins.

Cette impression généralisée d’être sans voix face à l’imposante machine des partis et des lobbies remet aussi en question notre capacité à réaliser de grands projets. Ce point est par ailleurs crucial pour ceux qui, comme moi, voudraient que le Québec choisisse la voie de l’indépendance politique. Parce que la perte de confiance citoyenne envers notre démocratie est l’obstacle le plus coriace qui soit sur le chemin de l’indépendance nationale, comme sur le chemin de tous les autres grands projets que la politique peut offrir aux Québécois.

Bref, je ne puis que tirer une seule conclusion : la seule façon de remettre le Québec en marche, c’est de donner plus de pouvoir aux citoyens en renforçant considérablement leur prise sur les institutions démocratiques. Il ne faut plus que le citoyen se retrouve seul face au système, aux machines organisées des partis et des lobbies. Il faut que le peuple devienne le plus puissant lobby au Québec.

Des idées pour se remettre en marche : réformer notre démocratie

Certains commentateurs n’hésiteront pas à discourir sur l’« utopie » ou le « cliché » du « changement » qui s’impose. Mais les Québécois sont rendus là. Si leurs représentants politiques ne les suivent pas, ils vont les renvoyer chez eux à la prochaine échéance électorale. C’est aussi simple que ça.

Alors donc, qu’est-ce qui pourrait redonner confiance aux Québécois ? La consultation que j’ai menée ainsi que les lectures auxquelles je me suis adonné m’amènent à croire que nous devons lancer une grande réforme de nos institutions politiques afin qu’elles correspondent davantage aux souhaits des citoyens.

S’attaquer au déficit démocratique

Premièrement, notre régime de monarchie constitutionnelle doit être revu. Une plus grande séparation des pouvoirs exécutif (le gouvernement) et législatif (l’Assemblée nationale) doit être opérée. Tout en conservant l’élection des députés, j’estime que les Québécois doivent pouvoir élire leur premier ministre au suffrage universel. Celui-ci serait alors libre de choisir les membres du gouvernement à l’intérieur de la société civile ou encore parmi les députés.

Cela aurait plusieurs avantages. D’abord, le chef du gouvernement ne serait plus élu indirectement, « par la bande », comme dans le système actuel. Il aurait la légitimité d’avoir été choisi directement par la voix des urnes. Ensuite, puisque le choix du gouvernement serait un choix distinct du choix d’un représentant de comté, cela réduirait considérablement l’emprise des chefs de parti sur les élus de l’Assemblée nationale et, par le fait même, sur la fameuse ligne de parti. Une telle mesure forcerait les partis politiques à faire des compromis, à travailler ensemble puisque rien n’empêcherait, par exemple, les Québécois de choisir un premier ministre bleu, mais une majorité de députés rouges. Du coup, les stratégies partisanes et le ton hargneux lors des débats seraient, eux aussi, en perte de vitesse.

Deuxièmement, et comme cela est déjà indiqué dans le programme du PQ, il est plus que temps que les élections soient tenues à date fixe. La prérogative de choisir la date de l’élection, qui est actuellement un pouvoir exclusif au premier ministre, ne sert que les intérêts du parti au pouvoir. Avec des élections à date fixe, tous les partis et les candidats seraient sur un pied d’égalité. Ç’en serait fini des calculs partisans sur le déclenchement éventuel des campagnes électorales, calculs qui finissent par occuper beaucoup trop l’esprit des politiciens dont le devoir premier est d’être au service des citoyens.

Par ailleurs, la tenue d’élections à date fixe a au moins deux autres avantages. Le fait de connaître d’avance la date des élections et de ne plus dépendre des rumeurs d’élections et du bon vouloir du seul premier ministre permettrait des économies en activités préparatoires pour le Directeur général des élections (DGE). Par exemple, l’Ontario a économisé sept millions de dollars en préparatifs électoraux lors de la dernière campagne, qui s’est tenue à une date prédéterminée. De plus, des élections tenues à date fixe et toujours le dimanche favoriseraient la participation des 18 à 24 ans, ainsi que celle des personnes âgées ou à mobilité réduite qui auraient plus facilement accès à l’aide de proches pour les amener voter.

Troisièmement, je crois qu’il faut aussi remettre une part de pouvoir « direct » entre les mains des citoyens. Il faut que les Québécois détiennent un pouvoir d’initiative concret sur les décisions du gouvernement et de l’Assemblée nationale. À cet effet, je suis d’avis que l’État québécois doit disposer d’un processus de référendums d’initiative populaire. Bien entendu, cette pratique doit être bien encadrée. Mais l’essentiel demeure : il est fondamental que les Québécois aient le pouvoir d’intervenir par voie de référendum sur le cours des affaires de l’État.

Comment ça fonctionnerait ? Sur toutes les questions qui relèvent de la compétence de l’Assemblée nationale ou du gouvernement, les citoyens seraient autorisés, dans un cadre défini par le Directeur général des élections, à ouvrir un registre pour demander la tenue d’un référendum, l’objectif étant d’obtenir la signature de plus de 15 % (par exemple) des électeurs inscrits. Advenant l’atteinte de ce seuil, un référendum serait automatiquement déclenché et l’ensemble des électeurs aurait à se prononcer sur la question. Le résultat du référendum aurait force de loi, et contraindrait l’Assemblée nationale ou le gouvernement à agir en fonction de la volonté populaire.

Par exemple, dans la dernière année, des citoyens auraient pu choisir de s’organiser pour ouvrir un registre visant à déclencher une commission d’enquête sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction et les liens avec le financement des partis politiques. En mobilisant suffisamment leurs pairs, ils auraient pu obliger le gouvernement à venir défendre son point de vue dans une campagne référendaire. Les électeurs auraient ensuite tranché et le gouvernement aurait été obligé de se plier à la volonté de 80 % de la population, qui exigeait une commission. Les citoyens auraient été écoutés.

Par ailleurs, en ce qui a trait à l’accession du Québec à son indépendance, j’estime aussi que le référendum d’initiative populaire est la meilleure marche à suivre. D’abord, parce qu’il est faux de prétendre que le PQ détient le monopole de la stratégie souverainiste. D’autres organisations et partis, avec lesquels on peut ne pas être d’accord sur toute la ligne, sont tout aussi légitimes pour porter le projet indépendantiste. Mais, en bout de ligne, sur la question nationale comme sur d’autres questions d’importance, il importe surtout de mettre les citoyens au cœur du processus. Quand les Québécois seront prêts à tenir un référendum sur leur avenir politique, ou sur un autre enjeu, ils en tiendront un. Et les partis politiques, le gouvernement, les députés seront obligés de s’y plier et auront tout le loisir de défendre une option ou l’autre.

Pour reprendre une formule consacrée, il faut que le citoyen sente que c’est lui qui a les deux mains sur le volant. Cela ne peut advenir que si nous changeons notre façon de choisir nos représentants. C’est pourquoi j’estime que le mode de scrutin actuel doit être changé. Au début de ma réflexion, j’avais une préférence personnelle pour un scrutin à deux tours, le mode de scrutin qui est en vigueur en France et dans d’autres pays. C’est une façon de choisir les députés en deux étapes : a) un premier vote permettant d’éliminer les candidats dont les idées sont moins représentatives de la population; b) un second vote permettant à la majorité de choisir le député parmi les candidats ayant obtenu le plus d’appuis au premier tour, dans une sorte de finale. Je me disais que ça serait un bon compromis entre le mode de scrutin actuel et la proportionnelle. Que ça aurait l’avantage de forcer les partis à travailler ensemble, à travers les alliances qui se tissent entre le premier et le second tour.

Je le pense toujours. Mais, dans les propositions qui m’ont été transmises, c’est le mode de scrutin proportionnel qui est revenu le plus souvent. Ainsi, mon idée n’est pas complètement arrêtée sur ce sujet. Manifestement, beaucoup de Québécois souhaitent que nous allions dans cette voie. Chose certaine, le mode de scrutin qui prévaut actuellement est désuet et sert mal l’objectif de représentation qui doit être au cœur du mandat de député.

À mon avis, le mieux serait donc de faire le débat sur le nouveau mode de scrutin pour ensuite demander au DGE d’organiser un référendum à choix multiples, où nous serions tous invités à choisir la façon dont nous voulons que soient élus nos représentants. Les élus et les candidats de tous les partis auraient la liberté de s’impliquer auprès d’un camp ou de l’autre.

Parce que le mode de scrutin, c’est tout simplement trop important et trop déterminant pour le laisser entre les mains des partis. Même avec les meilleures intentions, les partis font souvent des choix en fonction de l’avantage politique qu’ils pourraient en retirer. Il est donc capital que ce soit les citoyens qui tranchent par la voie d’un référendum.

En somme, pour s’attaquer au déficit démocratique, nous devrions :

1. Élire le premier ministre au suffrage universel.

2. Tenir des élections à date fixe.

3. Nous doter d’un processus de référendums d’initiative populaire.

4. Organiser un référendum sur le mode de scrutin.

Je pense que ces quatre mesures pourraient raviver notre démocratie et nos traditions politiques. À tout le moins, ça serait un bon point de départ.

Remettre les citoyens aux commandes

Mais ça ne sera pas suffisant pour vraiment relancer le Québec. Les changements doivent passer par les institutions démocratiques, c’est certain. Ils doivent également passer par une transformation importante de nos façons de faire de la politique. Si l’objectif est bel et bien de faire du peuple le plus gros et le plus fort des lobbies au Québec, une réforme parlementaire majeure s’impose. Elle s’impose parce qu’en dehors des campagnes électorales ou référendaires, il n’existe à peu près aucun processus de contrôle du travail des parlementaires et du gouvernement.

À cet égard, je pense que nous devrions instaurer un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires lors de la période des questions et lors des travaux en commission parlementaire. Ce jury serait chapeauté par le Protecteur du citoyen, ou une autre institution indépendante comme le Vérificateur général. Il devrait être formé avant chacune des sessions parlementaires selon un processus strict et aléatoire, comme les jurys en droit criminel. Ce jury aurait le mandat de décerner des mentions et des blâmes aux élus de l’Assemblée nationale. Par exemple, si un ministre ne répond jamais aux questions de l’opposition, le jury pourrait lui donner un blâme. Ou encore, si un député de l’opposition ne fait que poser des questions jugées trop partisanes, cela pourrait lui valoir un blâme.

Évidemment, il doit y avoir conséquence. Si un membre du gouvernement ou un député d’opposition est trouvé fautif, des sanctions pourraient lui être infligées. On peut parler de pénalités ou d’amendes, mais je crois que cela doit aller encore plus loin. Au bout de – disons – trois blâmes au cours d’une même session parlementaire, il pourrait y avoir ouverture d’un registre menant à la révocation du mandat du parlementaire.

Avec un mécanisme de vérification venant du peuple comme celui-ci, je crois que le triste spectacle partisan auquel nous assistons trop souvent à l’Assemblée nationale diminuerait en intensité.

En revanche, ce n’est pas seulement en changeant les règles au Parlement que nous viendrons à bout de la grande réforme qui s’impose. La trop grande partisanerie qui afflige la période des questions à l’Assemblée nationale puise aussi sa source dans la fameuse ligne de parti qui rebute tant de Québécois. Et ça, c’est la responsabilité des partis et des élus. Pas des institutions. Je suis bien placé pour le savoir : la crise que nous vivons présentement au sein du PQ est en partie causée par la rigidité de la ligne de parti. Je ne propose pas pour l’instant de l’abolir, mais je pense que la ligne de parti doit être assouplie considérablement. À mon sens, elle ne pourrait être invoquée que dans certains cas :

-       lorsqu’il est question des engagements électoraux du parti ;
-       lorsque le parti doit décider s’il accorde ou non sa confiance au gouvernement ;
-       lors des votes sur le budget ;
-       pour des raisons d’État.

Dans les autres cas, aucune ligne de parti ne pourrait être imposée. Le travail des parlementaires serait de représenter la population au sein des institutions et des partis, et non de représenter leur parti auprès de la population.

Un autre reproche qui est souvent revenu au fil de mes consultations, c’est le fait que les élus ne vont voir les citoyens que lors des campagnes électorales. Le travail de circonscription du député, tout comme celui au Parlement, a une importance capitale pour la bonne santé de notre démocratie. Les députés, à mon avis, doivent donc être plus transparents et plus redevables devant ceux qui les élisent. Je propose donc d’instaurer une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec au terme de chacune des sessions parlementaires. Chaque député serait tenu de se présenter devant sa population pour faire état des travaux de l’Assemblée nationale et, surtout, pour écouter les citoyens et répondre à leurs questions. Les élus doivent impérativement rendre des comptes à leurs électeurs.

Ces quatre mesures permettraient de s’attaquer sérieusement au déficit représentatif qui mine notre démocratie, parce qu’elles contribueraient à rapprocher le citoyen du processus politique. Mais il y a un autre mécanisme à mettre en place qui, je crois, pourrait contribuer  lui aussi à assainir la politique au Québec.

Le temps est venu d’instaurer un Vérificateur général national (VGN). En effet, il faut élargir le mandat du Vérificateur général à l’ensemble de l’État québécois, soit : les ministères, tous les organismes publics, le réseau de la santé, le réseau de l’éducation ET les sociétés d’État, comme Hydro-Québec et la Caisse de dépôt. Le VGN aurait également pour mandat d’évaluer l’ensemble des programmes du gouvernement du Québec. Toute vérification interne faite par le gouvernement devrait donc être transférée au VGN, qui verrait ses ressources augmenter afin de s’acquitter de ce nouveau mandat.

Dans cette même optique et afin de rendre nos campagnes électorales plus transparentes, le VGN aurait aussi pour mandat d’évaluer les finances publiques et d’offrir un portrait clair de celles-ci, six mois avant les élections (à date fixe). La joute partisane autour de l’état réel ou maquillé des finances publiques ne serait dorénavant plus qu’un mauvais souvenir.

Finalement, le financement des partis politiques doit aussi être revu. Les Québécois ont été dégoûtés par de trop nombreux scandales de corruption liés à l’octroi des contrats gouvernementaux. Il faut s’attaquer de front au problème, frapper à la source même du système de prête-noms qui permet à certains de contourner la Loi régissant le financement des partis politiques. La meilleure façon d’y arriver serait, à mon avis, de plafonner les dons aux partis politiques à 100 $ par personne. Cette mesure, qui fait aussi partie du programme du PQ, aurait pour effet de diminuer considérablement l’influence indue des grands donateurs et des collecteurs de fonds sur les décisions gouvernementales. C’est donc une étape essentielle dans un processus visant à redonner confiance aux citoyens.

En somme, pour remettre les citoyens aux commandes, nous devrions :

5. Mettre en place un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires, allant jusqu’à la possibilité de révoquer le mandat d’un parlementaire.

6. Assouplir considérablement la ligne de parti.

7. Instaurer une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec au terme de chacune des sessions parlementaires.

8. Instaurer un Vérificateur général national (VGN).

9. Offrir un portrait clair des finances publiques six mois avant les élections (à date fixe).

10. Plafonner les dons aux partis politiques à 100 $ par personne.

Je suis convaincu que le déficit de représentation qui est ressenti dans la population en prendra pour son rhume si on applique de telles mesures. À moyen terme, c’est toute notre culture politique qui serait radicalement transformée pour le mieux.

Les autres changements à apporter

Évidemment, il y a d’autres changements importants sur lesquels nous devrons plancher dans les prochains mois et les prochaines années. Les façons dont nous gérons notre système de santé, notre système d’éducation, nos infrastructures et nos ressources naturelles, tout comme notre vision de l’environnement, de la langue, de la culture et de nos finances publiques auraient, à l’instar de notre démocratie, tout autant besoin de profondes réformes. Les élus, en tant qu’individus, devront aussi faire un sérieux examen de conscience et travailler à mettre de côté le ton partisan qu’ils adoptent trop souvent.

Le PQ ne devrait faire l’économie d’aucun débat. Toutes les propositions devront être entendues et écoutées. La contribution du plus grand nombre possible de citoyens sera plus que nécessaire.

Mais, avant de pouvoir lancer ces autres grands chantiers, j’estime que la population doit retrouver un certain niveau de confiance envers ses élus et ses institutions politiques. C’est pourquoi je vous ai présenté une série de dix mesures qui changeraient le rapport de force politique en faveur des citoyens. Je suis convaincu que c’est une étape absolument essentielle pour pouvoir remettre le Québec en marche.

Et le Québec doit se remettre en marche. Nous avons de grands défis à relever. De plus, comme je l’ai mentionné en introduction, les Québécois sont avides d’un Québec ambitieux qui saurait les faire rêver. Ce n’est pas parce qu’on doit régler des problèmes urgents qu’il faut cesser de se projeter dans l’avenir. Les citoyens demandent à leurs élus d’être pragmatiques et concrets, certes, mais aussi d’être idéalistes et audacieux. À mon sens, il s’agit là d’une très bonne nouvelle pour l’avenir du mouvement souverainiste québécois.

La question nationale

J’ai toujours cru que c’était dans nos gènes d’être indépendants, comme individus, comme familles, comme nation. Mais avant d’en arriver à l’indépendance, les souverainistes vont devoir faire la démonstration qu’ils sont dignes de confiance et capables de trouver des solutions aux problèmes du Québec.

Les Péquistes doivent aussi faire leurs mea-culpa et reconnaître qu’ils se sont graduellement éloignés des préoccupations immédiates et légitimes des Québécois. C’est pourquoi une stratégie souverainiste comme celle du référendum d’initiative populaire serait gagnante : elle remet les Québécois au cœur du processus d’autodétermination nationale. Elle aurait aussi l’avantage de permettre aux élus souverainistes de se recentrer sur l’essentiel, de cesser de débattre de la date du prochain référendum et ainsi de sortir de l’attente du « grand soir ».

Bref, malgré les crises et le tumulte, l’option souverainiste peut avoir un bel avenir devant elle. Les Québécois disent simplement : montrez-nous qu’on peut vous faire confiance. Réglez les problèmes sans détour. Laissez le citoyen dans le siège du conducteur. Et on pourra ensuite faire un bout de chemin ensemble.

Conclusion

Le constat est sévère. Les Québécois s’attendent à beaucoup mieux de la part de leurs élus et de leurs institutions. Mais il y a de l’espoir : la plupart des citoyens qui m’ont écrit m’ont dit qu’ils croyaient encore qu’un grand changement était possible. Plusieurs d’entre eux pensent aussi que le PQ pourrait regagner leur confiance s’il s’engageait définitivement dans cette voie.

Le PQ peut redevenir la grande coalition qu’il a déjà été. Mais il devra pour cela redevenir le grand parti réformateur qu’il était lors de sa création et lorsqu’il a pris le pouvoir pour la première fois en 1976.

Parce qu’il n’y a pas de « vieille » ou de « nouvelle » façon de faire de la politique. Il y a de la mauvaise politique et de la belle politique. René Lévesque était un homme qui faisait de la belle politique, et la belle politique ne vieillit pas. Les valeurs, les convictions et l’engagement, ça ne se démode pas.

En 2011, la belle politique commande de s’attaquer aux deux problèmes les plus criants du Québec : le déficit démocratique et le déficit de représentation politique. Ce sont là les deux problèmes les plus criants parce que tant qu’on ne s’y sera pas attaqué, on ne sera pas capable de trouver des solutions durables aux autres problèmes, que ce soit sur le plan des infrastructures, des services publics ou de la question nationale, notamment.

C’est une évidence : sans la confiance et l’implication des citoyens, le Québec n’avance pas. J’invite donc tous ceux qui veulent qu’on se remette en marche à considérer sérieusement les propositions que je mets aujourd’hui sur la table. Et j’invite aussi tous ceux qui ne sont pas en panne de rêves à continuer de rêver. Les citoyens n’ont pas dit leur dernier mot. Le peuple peut devenir le plus gros et le plus fort des lobbies du Québec.

Ensemble, avec de bonnes idées pour le Québec, nous pouvons y arriver.

Bernard Drainville
Le 24 août 2011

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À propos de l'auteur

(41) commentaires des lecteurs

  1. Bravo M.Drainville pour votre beau travail, les résultats de votre analyse cerne bien l’essentiel je crois et c’est très rafraîchissant et rassurant de voir qu’un bon noyau de québécois voient des pistes de solutions aux déficit démocratique que nous vivons et qui enlise le Québec. Rafraîchissant aussi de voir que des politiciens comme vous ont le cran de jouer pleinement leur rôle de représentant du peuple en cherchant vraiment des solutions et en laissant la langue de bois de coté.

    Claude Lafontaine, Rimouski

  2. Un url intéressant en lien avec le constat de cynisme populaire à l’égard de nos dirigeants que vous faites est le suivant : http://www.cluetrain.com/. Lisez-ça svp.

  3. Très inspirant! M. Drainville, je vous remercie pour ces bonnes idées et cet effort intellectuel nécessaire et louable. Au plaisir de vous rencontrer,

    Zachary Savoie-Gauthier, 20 ans

  4. Trois commentaires.

    1 — Certaines des «dix idées pour redonner confiance au citoyen» sont intéressantes, quoique à des degrés divers, mais aucune n’est essentielle. Ces dix éléments n’existaient pas à l’époque de René Lévesque, qu’à peu près tout le monde présente comme le plus grand premier ministre que le Québec ait connu et sur le dos de qui nombre de politiciens tentent de «faire du millage» en revendiquant sa haute «caution morale». Elles n’existaient pas, non plus, à l’époque de Jean Lesage («Maîtres chez-nous!») ni de Daniel Johnson («Pas nécessairement l’indépendance, mais l’indépendance si nécessaire»), qui furent aussi de grands premiers ministres (je m’autorise à le dire même si je ne fus jamais libéral ou unioniste). Qu’ont eu en commun ces trois hommes? Ils défendirent de grandes idées, ils surent convaincre le peuple de leur bien-fondé et manifestèrent une conception élevée du Québec et du bien commun. Devons-nous penser que le Parti Québécois ne serait plus capable d’offrir la même chose même avant que ces «dix idées» n’aient été appliquées?
    2 — La mise en oeuvre des «dix idées pour redonner confiance au citoyen» passe infailliblement par la prise du pouvoir. Qui prétendrait le contraire se rendrait coupable de fraude politique ou, ce qui revient au même, d’angélisme politique. L’angélisme n’a pas plus sa place en politique qu’ailleurs. Pascal écrivait, fort justement, que «qui veut faire l’ange fait la bête». Dans le contexte actuel, fait la bête quiconque concourt à affaiblir le Parti Québécois, dont nous devrions plutôt prendre soin comme de la prunelle de nos yeux pour la raison bien simple que, à l’heure actuelle, au Québec, c’est le seul parti qui soit susceptible de prendre le pouvoir, de nous faire accéder à l’indépendance et, peut-être, de mettre en oeuvre une ou plusieurs de ces dix idées, POURVU qu’il ne se fasse pas couper les jambes par ses propres membres. Or, ce matin même, dans Le Devoir, je lis que le Parti Québécois obtient un faramineux 18% dans les intentions de vote. Les électeur se disent sans doute que si, en plus des libéraux et des adéquistes, ses propres membres l’attaquent, le Parti Québécois ne doit pas valoir cher la tonne. Voilà à quoi cela mène, quand on se met à faire de l’angélisme plutôt que de la politique. Quand le Parti Québécois sera à terre, dans les sous-sols de l’opposition à l’Assemblée nationale, on pourra toujours se consoler en se disant que nos «dix idées», elles étaient pourtant si belles… Et on pourra se consoler ainsi pendant longtemps, parce que le temps de créer un parti autre que le Parti Québécois qu’on aura contribué à saborder, et le temps que cet autre parti prenne le pouvoir pour mettre en oeuvre ces «dix idées», la génération des «frondeurs» actuels aura passé.
    3 — Avant la création du MSA et du PQ, il y avait autant de groupes et de groupuscules que de réponses à la question : l’indépendance, pour quoi faire? Puis, après la création du MSA et du PQ, l’unité (la «coalition») s’est faite. Tout le monde sembla convenir qu’il valait mieux de mettre les boeufs devant la charrue plutôt que derrière, que ce qui pressait le plus, pour la Québec, c’était l’indépendance, et que, si intéressantes et importantes qu’elles étaient, les autres questions (p. ex., le Québec devrait-il être comme-ci ou comme-ça) étaient secondaires et pourraient être très utilement débattues une fois que la souveraineté serait faite. Et le PQ devint alors une force qui nous amena jusqu’au seuil de l’indépendance. Vu le peu de chemin qu’il nous reste encore à parcourir, ce n’est pas le temps des démissions pour «question de principe», des démissions pour «faire de la politique autrement», c’est le temps de l’union sacrée, même si elle ne répond pas aux desiderata de tout un chacun. «Cessons nos luttes fratricides», a dit je ne sais plus quel Québécois. Il a raison encore aujourd’hui, et sans doute plus que jamais.

    • Bravo M.Drainville. Pouquoi ne formez vous pas votre propre parti? Même souhait pour Mme beaudoin M Aussant et les aures. Je cherche comme vous d’autres moyens de diviser. Vous comprendrez que pour quelqu’un qui ne s”aperçoit pas, des dommages que font les divisions, je n’ai pas une grande confiance quand je songe à la vision que doit avoir un chef d’état. Je suis attristé car j’ai déjà eu beaucoip d’admiration pour vous ainsi wue pour Mme Beaudoin. Hélas je suis pronfondément déçu. Le PQ donne une image bien négative. Je n’enten que des mécontentements de oartout.

    • Bravo M Yvon Boudreau

  5. Bravo ! super propositions ! Enfin des idées neuves et entrainantes

    Merci M. Drainville.

  6. Les jours des élections ont toujours été plate pour moi. On entend dire, de nos politiciens, des choses que “nous” on aimerait entendre et non ce qu’ils ont vraiment à offrir ou à dire, c’est du ” bla bla m’enfoutisme”, c’est rire de nous. C’est comme la phrase qui me fatigue et qui se dit trops souvent et qui est trop facile à dire: “c’est inacceptable!!” . Cette phrase sort trop facilement de la bouche des politiciens pour ce protèger et ce défendre. J’aime les politiciens qui agissent et qui parle après. Pour votre ménage que j’ai lue çi-haut, j’ai ceci à vous dire: je suis prète à vous suivre M. Drainville, on commence quand!!!

  7. Si on consulte la consitution de la Confédération Helvétique, on apprend bien des choses.
    1- Ils ont le droit de rappeler un élu qui a commis un acte impopulaire.
    2- Ils ont le droit de présenter un projet de loi.
    3- Ils ont le droit de participation, car si une seule des deux chambres vote pour un projet de loi alors que l’autre vote contre, c’est un référendum populaire qui tranchera.
    3- La Suisse est une confédération, alors que le Canada n’est qu’une fédération!

    À quand une loi qui transformera en acte criminel toute forme de lobbying fait au nom de quiconque n’a pas droit de vote?

    Pour que le Québec devienne indépendant, il n’a qu’à le déclarer publiquement!
    Les morceaux se placeront tut seuls!

    Le Canada est actuellement formé des territoires de la province de Québec, des territoires du Nord-Ouest, de la ville d’Ottawa et de l’Ile de Sable. Depuis le 17 avril 1982, 10 traîtres à la Couronne ont usurpé un pouvoir qui ne leur appartient pas!

    Pourquoi ne pas intenter un recourt collectif contre le gouvernement canadien sur l’illégal impôt sur le revenu des particuliers? 50,000 milliards de dollars couvrant les saisies illégales depuis 1917 et 50,000 milliards de dollars pour dommages moraux(non impôsable)?

    À quand l’Abolition de l’illégale taxe de vente provinciale au Québec?

    À quand la mise au pas des immigrés?

    À quand la mise au pas des comissions scolaires?

    À quand la modification de la constitution afin que chaque compte de dépense de l’état soit indépendant des autres? (ce serait la fin de l’usage des mécanismes de lavage de l’argent sale)

    À quand l’interdiction de fabriquer l’argent pour les banques? (Savez-vous d’ou vient l’inflation?)

    Jamais les souverainistes du Québec ni les fédralistes du Canada n’ont pu me convaincre que leur option respective est la meilleure! Ils ne savent pas ou ils sont et il veulent diriger le pays… Jamais!

    La fondation de la liberté c’est la connaissance…
    La fondation de la connaissance c’est la vérité…

    Qu’est-ce qu’ on attend?

    YLL

  8. Enfin… !

    SVP, saisissez le momentum actuel et faite que toute cette tempête n’accouche pas d’une souris. Je suis le PQ depuis toujours, mais je vascille. Et je peux vous dire que je ne suis pas seul…

    Vous avez avec votre parti, et surtout AVEC vos démissionnaires, la chance de faire la différence.

    Ne nous décevez pas… L’occasion est belle.

  9. J’aime bien votre démarche mais il y une chose qui n’a pas de sens. Il me semble qu’on ne peut changer un système politique à la carte. Par exemple élire le premier ministre au sufrage universel, cela ne peut être fait sans changer le reste du système. Autrement on pourrait se retrouver avec un premier ministre qui n’a qu’un ou deux députés de son côté. Par ailleurs élire le chef au sufrage universel ce n’est pas bon. Même les américains ont le collège électoral. Très peu de gens comprennent l’importance mathématique et statistique de cette institution mais elle a son importance.
    Les pères de la constitution américaine avait une philosophie et une vision globale et ils ont pris des dizaines d’années pour arriver à leur système. On pourrait peut-ètre faire mieux pour aujourd’hui mais certainement pas en changeant à la pièce.
    Alors il faudrait penser au système global, pas seulement le premier ministre et cela ne peut être fait avant une prochaine élection. Cela pourrait être la plateforme d’un parti. Alors comment proposez-vous accomplir ces changements et plus important encore comment cela fonctionnerait-il?

  10. Autre petite réflexion concernant le droit de vote. Plusieurs peuples sur la planète se battent jusqu’au sang pour obtenir cet élément de démocratie alors qu’ici, plus du tiers de la population s’abstient d’exercer ce droit chèrement acquis. Je considère que le droit de vote est trop banalisé. Si on retirait le droit de vote à ceux qui ne l’exercent pas, si on obligeait le citoyen à suivre une formation pour comprendre les enjeux politiques et à suivre un examen au même titre que le droit de conduire une voiture, le symbole du droit de vote serait considéré comme une richesse, non comme une banalité. Le peuple serait ainsi mieux informé, plus politisé, plus avisé et seuls ceux qui prendraient le temps de bien connaître les enjeux pourraient se prononcer sur les idées réelles et non sur des images et slogans publicitaires ou selon l’humeur du moment. Le droit de vote deviendrait un privilège à acquérir et non un cadeau vague sans trop d’importance…

  11. Bravo pour votre courage d’oser dire ce que la majorité de la population pense. Je trouve très intéressante vos propositions. Par ailleurs, je crois qu’il manque un élément essentiel qui permettrait un réel changement d’attitude de certains politiciens et assurerait une démocratie honnête et solide. Je crois que le citoyen devrait pouvoir poursuivre tout politicien ayant fait de la fausse représentation, bref, de fausses promesses. Actuellement, la culture politique actuelle fait que chaque partie promet de tout rêgler, d’avoir toutes les solutions ont sérieux problèmes de notre société et cela sans avoir de réelles compte à donner. Alors que dans le monde des affaires on ne peut promettre de miracle sans livrer la marchandise sous peine de poursuites judiciaires. Avec une tel mesure, la classe politique donnerait enfin l’heure juste aux citoyens et proposerait des solutions dont la faisabilité serait réelle. Il en serait fini de l’ère du n’importe quoi sans conséquences.

  12. bonjour
    de retour de vacances je viens de prendre note de vos 10 propositions il y a la d’excellentes idées cependant on parle ici beaucoup trop de structure et pas assez des problèmes relatifs entre autres a l’éducation,la santé et la vente a rabais de nos richesses naturelles. Enfin de mes discussions avec des parents et amis durant les vacances on est tous tannés des chicanes au sein du PQ ça doit cesser si vous voulez que le peuple vous fasse confiance car avec un Jean Charest si impopulaire et un Francois Legault qui n’a même pas de parti ça n’a pas de bon sens que les sondages donnent un score pareil au PQ les purs et durs doivent cesser leur travail de démolition et en passant ce n’est pas la nomination de Gérald Larose pour prendre charge d’états généraux sur la souveraineté que les choses vont s’arranger.
    continuez votre bon travail.

  13. J’approuve.
    Beau travail.
    Vive le changement.

  14. Enfin… quelque chose de constructif, quelque chose d’inspirant, quelque chose comme une lumière au bout du long et déprimant tunnel qu’est la politique actuelle.

    Enfin des idées qui servent tout le monde, peu importe leurs opinions ou allégeances politiques.

    Ne reste qu’à les mettre en pratique. Celui qui aura le courage de les mettre de l’avant aura mon vote. Peu importe ce qui viendra après, ceci sera un héritage qui nous définira pour les cinq prochaines décennies.

    Il ne manque qu’une seule chose, à moins que cela ne soit inclue dans le référendum populaire, c’est un moyen de destituer un gouvernement entier lorsque c’est nécessaire.

  15. M. Drainville,

    Que le citoyen soit au coeur ou non de la démarche souverainiste, il n’en demeure pas moins que la souveraineté n’est qu’un moyen de réaliser la société dans laquelle nous voulons vivre.

    Mon problème avec la démarche du PQ est que ce parti ne parle que du moyen, sans aborder la finalité qu’il entend poursuivre dans l’éventualité où il obtiendrait ce mandat: et, c’est là ou je décroche.

    La vrai démarche est de dresser et proposer un plan concret, palpable, “débatable” de société avec ses valeurs, sa gouvernance, ses principes et approches en économie, santé, éducation, culture, etc. Ce n’est qu’après avoir pris connaissance d’un tel plan que la population serait en mesure de décider si elle confie le pouvoir de le réaliser. Pas avant.

    Je prend la peine d’écrire sur votre blog parce que je reconnais en vous un homme de vision et un leader (votre démarche de publier vos propositions publiquement avant de les présenter à votre parti en est une démonstration éloquente, surtout par les temps qui courent). Sans en avoir pris connaissance à fond, je comprend que votre but est que la population, et non les pouvoirs partisans, soit au centre des décisions de l’état. Vous avez pris l’initiative de proposer des moyens pour arriver à cette fin et cela vous honore.

    J’espère sincèrement que vous continuerez dans cette voie.

    Jacques Ledoux

  16. M. Drainville,

    Je vous envoie ce courriel suite à votre invitation l’été dernier de vous faire parvenir des commentaires sur le désabusement de la population envers la classe politique. Je réagis sur le tard, mais, à ce moment-là, je n’étais pas convaincu que l’exercice en valait vraiment la peine. Votre initiative a été très louable, mais je déplore les réactions de plusieurs de vos collègues de tous les partis politiques qui semblent avoir banalisé votre initiative. En réalité, leurs réactions m’ont laissé perplexe et rendu encore plus désabusé. En effet, plusieurs membres de la classe politique ont mentionné que les gens ont tord d’être désabusés ou cyniques. Bref, il est regrettable de constater que les politiciens ne semblent pas réaliser qu’ils doivent changer leur attitude envers la population.

    Personnellement, je suis désabusé de la politique pour plusieurs raisons. Au fil des années, les partis politiques au pouvoir, incluant le PQ, ont augmenté indûment leur emprise sur la population. On a créé une bureaucratie très lourde dont les tentacules ne se parlent pas, mais qui rendent la vie des simples citoyens plus difficile. La règlementation est devenue tellement complexe que les citoyens ont besoin d’une armée d’avocats pour s’y retrouver. De nombreux organismes ont vu le jour, tels que les municipalités régionales de comté, les conseils régionaux des élus, les conseils d’agglomération, etc. Les membres de ces organismes semblent avoir comme priorité de se faire la lutte pour accroître leur part de pouvoir. Il n’est pas évident pour les ”simples citoyens” d’être convaincus que ces luttes de pouvoir font progresser le Québec. Bref, il est de plus en plus difficile pour les Québécois non seulement de s’y retrouver, mais d’être autonomes.

    Un bon exemple de l’accentuation indue de l’emprise de l’appareil politique et de la bureaucratie sur la population a été les fusions de villes en 2001. Ces fusions, imposées de force par votre parti, ont été effectuées sans grande réflexion et évaluation des impacts. Bref, la politique des fusions n’a pas été un exemple inspirant de démocratie. Je crois même que les fusions forcées ont diminué la qualité de la démocratie, particulièrement dans les grandes villes. Depuis les fusions forcées à Québec, les politiciens locaux ont rendu la règlementation tellement plus complexe de telle sorte que même ce qui est considéré comme le ”bon goût” est décidé uniquement par quelques personnes (lisez la chronique de François Bourque dans le soleil du 9 juillet 2011). J’ai été choqué de lire récemment dans les journaux que la Ville de Québec cherche même à imposer sa volonté aux municipalités environnantes. Les dernières victimes sont le comté de Portneuf et des villages de la rive sud de Québec. Donc, plus de règlements dont la justification essentielle n’a pas été démontrée , mais, selon toute apparence, ”contrôler pour contrôler”. C’est à se demander si être propriétaire à Québec, et probablement ailleurs au Québec (lisez l’opinion de Pierre Simard, professeur à l’École nationale d’administration publique, dans La Presse du 19 octobre 2011), n’est pas devenu synonyme de «citoyen de seconde classe». Quand je pense que cette fusion à Québec a été imposée en partie parce que les politiciens locaux n’arrivaient pas à s’entendre m’a laissé un goût amer.

    Le comportement des membres de la classe politique ne m’inspire pas beaucoup. Lors des campagnes électorales, on répète à la population qu’il est important d’aller voter. Je veux bien être d’accord avec le principle, mais les campagnes électorales sont devenues plus un exercice de marketing que de démocratie. Il m’est arrivé de rencontrer des candidats lors des campagnes électorales et de poser des questions. Les moyens que prennent les politiciens pour esquiver les questions et ne rien dire m’incitent à me demander s’ils prennent vraiment au sérieux l’exercice de fonctions publiques. Une fois au pouvoir, la volonté de la classe politique de s’attaquer aux problèmes semble s’amenuiser. Par exemple, les situations de collusion et de corruption dans la construction ne datent pas d’hier. Elles étaient présentes même quand le PQ était au pouvoir. Pourquoi la classe politique intervient-elle seulement maintenant, alors que les Québécois ont probablement payé des milliards de dollars en pure perte. S’il n’y avait pas eu autant d’argent détourné, est-ce que les augmentations de la TVQ auraient été nécessaires?

    Je ne suis pas très optimiste pour l’avenir du Québec. En fait, je pense que le Québec se dirige tout droit vers un mur (déclin tranquille?). Comme je le mentionnais, il y a de plus en plus de lois et de de règlements complexes, dont la justification essentielle n’a pas été démontrée, et plus de bureaucratie, donc plus de paternalisme qui érode des libertés fondamentales sans justification essentielle. L’impression qui s’en dégage est que les Québécois doivent de plus en plus devenir des ”quêteux de permis et de permissions”. Par exemple, saviez-vous que si vous effectuez des travaux chez vous à votre compte personnel, tel que peinturer un mur, un inspecteur du gouvernement peut entrer chez vous sans mandat et vous imposer une amende parce que vous n’avez pas de «carte de compétence». (Ça m’est arrivé. J’ai voulu aller en cours, mais des avocats m’ont dit que, même si j’avais raison, ça ne servirait à rien parce que la loi est mal rédigée…Aussi, on sait fort bien que le système de justice n’est pas accessible aux simples citoyens).

    Même si des changements sont souhaitables, ce que plusieurs personnes vous ont mentionné, il ne semble pas y avoir de retour en arrière possible parce qu’il est rare que les gouvernements révisent ou simplifient des lois ou des règlements. Je ne suis pas convaincu que les solutions proposées sur votre site web sont suffisantes. En conclusion, on déplore de plus en plus la disparition de l’esprit entrepreneurial ou d’autonomie des Québécois, mais il ne faut guère s’en étonner.

    Sincèrement

    Guy Larocque
    Québec

  17. Réflexion sur les propositions de Bernard Drainville:

    Non seulement consulter les citoyens et prendre en compte leurs opinions devrait toujours être en tête de liste des priorités des élus mais ceux-ci devraient constamment se rappeler qu’ils ne sont que les représentants des citoyens et de leur volonté…

    L’ère où les élus pouvaient dire qu’il avaient été élu pour un mandat de quatre ans et que si les citoyens qui n’étaient pas content de leur travail ils n’avaient qu’à le manifester dans 4 ans… est révolu!

    C’était sans doute la façon de faire de la politique dans les années 50 (et jusqu’à maintenant dans la tête de certains politiciens). Mais au XXIème siècle, à l’ère des nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC) et des médias sociaux où l’information circule dans tous les sens en temps réel… cette façon archaïque de faire de la politique est vouée à l’échec, à la désaffection et à l’immobilisme que l’on connait…

    Pour que les gens aillent voter… il faut qu’ils se sentent impliqués. Mais pas impliqués une fois tous les 4ans (période pendant laquelle les politiciens croient avoir un chèque en blanc pour n’en faire qu’à leur tête ou pour faire avancer leur propre agenda politique). Non impliqués quotidiennement en temps réel…

    Les politiciens doivent faire la preuve qu’ils représentent en temps réel la volonté des citoyens… Les temps changent, les opinions, les besoins évolues et 4 ans est une éternité (non seulement en politique) mais en temps réel…

    Des propositions proposées par M. Drainville j’en retient quatre dont une qui me paraît plus importante que les autres. Celle qui a trait au processus de référendums d’initiative populaire est un “must” à mon avis.

    Viennent ensuite: élire leur premier ministre au suffrage universel; tenir des élections à date fixe et revoir le financement des partis politiques…

    Je félicite M. Drainville pour son courage et sa contribution politique… et j’ose espérer que ses recommandations feront partie de notre réalité politique dans un avenir rapproché dans l’intérêt de notre démocratie et de chacun de nos concitoyens.

    Sincèrement

    Pierre-Yves Giroux

  18. Enfin un homme politique venant du peuple voulant travailler pour le peuple et la Nation.

    Rare de nos jours.

    Cela nous donnera un véritable pouvoir pour régler nos problèmes en santé, en éducation, etc….

    La chose qui me chicotte le plus, comment y arriver, avec le système politique actuel, les partis et ministres font la loi, ils sont la loi, nous n’avons aucun pouvoir a part choisir le moins pire parti car nos députés ne font que nous représenter devant le parti et ça en 4 secondes aux 4 ans.

    Soit un nouveau parti doit être créé, soit nous devons nous tourner vers un parti choisissant la mise en oeuvre de ces excellentes suggestions comme enjeux électoral, quel parti le fera, je n’ai pas vraiment confiance en la majorité de ceux et celles présent, sauf peut-être monsieur Aussant, en avez vous discuté avec lui afin de l’inclure dans sa plateforme si bien sur elle vous convient a vous aussi?

    Pour le moment la politique serait plutôt, l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde, Paul Valéry, 1945, ça semble encore plus vrai aujourd’hui.

    Chapeau, continuez, je suis comme bien d’autres derrière vous et même a vos cotés si le besoin s’en faisait sentir.

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