10 idées pour redonner confiance aux citoyens | Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin - Parti Québécois
Des idées pour le Québec — 25 août 2011

Précédemment, je me suis efforcé de faire une synthèse des idées, observations et suggestions qui m’ont été transmises par des citoyens québécois au cours de l’été. Cette consultation aura été fort utile pour deux raisons. D’abord, parce que consulter les citoyens et prendre en compte leurs opinions devrait toujours être en tête de liste des priorités des élus. Ensuite, parce que les meilleurs penseurs politiques du Québec, ça reste encore les citoyens du Québec. À tous ceux qui ont répondu à mon appel, je vous remercie. Vous m’avez grandement aidé dans ma réflexion.

Retour sur le constat

Comme je l’ai déjà mentionné avec plus de détails, les Québécois qui ont communiqué avec moi ont dressé essentiellement quatre constats :

1. Ils sont désillusionnés et cyniques par rapport à la politique, et ce, même parmi les plus militants d’entre eux.

2. Ils ont des critiques sévères envers toute la classe politique, envers le Parti Québécois en particulier.

3. La grande majorité des propositions de changement qu’ils m’ont envoyées découle d’une volonté de donner plus de pouvoir politique aux citoyens.Ils rêvent d’une démocratie exemplaire pour le Québec.

4. Le Québec qu’ils veulent est un Québec ambitieux qui peut porter des rêves.

En somme, les Québécois ont perdu confiance envers leurs élus et leurs institutions démocratiques. Ils ne s’y reconnaissent plus. Ils ont l’impression de ne pas être entendus et, pis encore, de ne pas être écoutés par leurs représentants politiques. Ce cynisme, que beaucoup constatent et que plusieurs déplorent, puise en grande partie sa source dans le sentiment qu’ont les citoyens d’être complètement écartés des décisions qui les touchent, de n’y être aucunement impliqués.

Partant du fait que ce constat reflète l’humeur d’une majorité de Québécois, il faut regarder la réalité en face et agir, parce que l’heure est grave. Le doute et le cynisme qui planent sur les élus et le système politique minent considérablement notre capacité à agir en fonction du bien commun. À force de ne plus avoir confiance, de ne plus se sentir partie prenante du processus, les citoyens remettent en question la capacité même de l’État à répondre adéquatement à leurs besoins.

Cette impression généralisée d’être sans voix face à l’imposante machine des partis et des lobbies remet aussi en question notre capacité à réaliser de grands projets. Ce point est par ailleurs crucial pour ceux qui, comme moi, voudraient que le Québec choisisse la voie de l’indépendance politique. Parce que la perte de confiance citoyenne envers notre démocratie est l’obstacle le plus coriace qui soit sur le chemin de l’indépendance nationale, comme sur le chemin de tous les autres grands projets que la politique peut offrir aux Québécois.

Bref, je ne puis que tirer une seule conclusion : la seule façon de remettre le Québec en marche, c’est de donner plus de pouvoir aux citoyens en renforçant considérablement leur prise sur les institutions démocratiques. Il ne faut plus que le citoyen se retrouve seul face au système, aux machines organisées des partis et des lobbies. Il faut que le peuple devienne le plus puissant lobby au Québec.

Des idées pour se remettre en marche : réformer notre démocratie

Certains commentateurs n’hésiteront pas à discourir sur l’« utopie » ou le « cliché » du « changement » qui s’impose. Mais les Québécois sont rendus là. Si leurs représentants politiques ne les suivent pas, ils vont les renvoyer chez eux à la prochaine échéance électorale. C’est aussi simple que ça.

Alors donc, qu’est-ce qui pourrait redonner confiance aux Québécois ? La consultation que j’ai menée ainsi que les lectures auxquelles je me suis adonné m’amènent à croire que nous devons lancer une grande réforme de nos institutions politiques afin qu’elles correspondent davantage aux souhaits des citoyens.

S’attaquer au déficit démocratique

Premièrement, notre régime de monarchie constitutionnelle doit être revu. Une plus grande séparation des pouvoirs exécutif (le gouvernement) et législatif (l’Assemblée nationale) doit être opérée. Tout en conservant l’élection des députés, j’estime que les Québécois doivent pouvoir élire leur premier ministre au suffrage universel. Celui-ci serait alors libre de choisir les membres du gouvernement à l’intérieur de la société civile ou encore parmi les députés.

Cela aurait plusieurs avantages. D’abord, le chef du gouvernement ne serait plus élu indirectement, « par la bande », comme dans le système actuel. Il aurait la légitimité d’avoir été choisi directement par la voix des urnes. Ensuite, puisque le choix du gouvernement serait un choix distinct du choix d’un représentant de comté, cela réduirait considérablement l’emprise des chefs de parti sur les élus de l’Assemblée nationale et, par le fait même, sur la fameuse ligne de parti. Une telle mesure forcerait les partis politiques à faire des compromis, à travailler ensemble puisque rien n’empêcherait, par exemple, les Québécois de choisir un premier ministre bleu, mais une majorité de députés rouges. Du coup, les stratégies partisanes et le ton hargneux lors des débats seraient, eux aussi, en perte de vitesse.

Deuxièmement, et comme cela est déjà indiqué dans le programme du PQ, il est plus que temps que les élections soient tenues à date fixe. La prérogative de choisir la date de l’élection, qui est actuellement un pouvoir exclusif au premier ministre, ne sert que les intérêts du parti au pouvoir. Avec des élections à date fixe, tous les partis et les candidats seraient sur un pied d’égalité. Ç’en serait fini des calculs partisans sur le déclenchement éventuel des campagnes électorales, calculs qui finissent par occuper beaucoup trop l’esprit des politiciens dont le devoir premier est d’être au service des citoyens.

Par ailleurs, la tenue d’élections à date fixe a au moins deux autres avantages. Le fait de connaître d’avance la date des élections et de ne plus dépendre des rumeurs d’élections et du bon vouloir du seul premier ministre permettrait des économies en activités préparatoires pour le Directeur général des élections (DGE). Par exemple, l’Ontario a économisé sept millions de dollars en préparatifs électoraux lors de la dernière campagne, qui s’est tenue à une date prédéterminée. De plus, des élections tenues à date fixe et toujours le dimanche favoriseraient la participation des 18 à 24 ans, ainsi que celle des personnes âgées ou à mobilité réduite qui auraient plus facilement accès à l’aide de proches pour les amener voter.

Troisièmement, je crois qu’il faut aussi remettre une part de pouvoir « direct » entre les mains des citoyens. Il faut que les Québécois détiennent un pouvoir d’initiative concret sur les décisions du gouvernement et de l’Assemblée nationale. À cet effet, je suis d’avis que l’État québécois doit disposer d’un processus de référendums d’initiative populaire. Bien entendu, cette pratique doit être bien encadrée. Mais l’essentiel demeure : il est fondamental que les Québécois aient le pouvoir d’intervenir par voie de référendum sur le cours des affaires de l’État.

Comment ça fonctionnerait ? Sur toutes les questions qui relèvent de la compétence de l’Assemblée nationale ou du gouvernement, les citoyens seraient autorisés, dans un cadre défini par le Directeur général des élections, à ouvrir un registre pour demander la tenue d’un référendum, l’objectif étant d’obtenir la signature de plus de 15 % (par exemple) des électeurs inscrits. Advenant l’atteinte de ce seuil, un référendum serait automatiquement déclenché et l’ensemble des électeurs aurait à se prononcer sur la question. Le résultat du référendum aurait force de loi, et contraindrait l’Assemblée nationale ou le gouvernement à agir en fonction de la volonté populaire.

Par exemple, dans la dernière année, des citoyens auraient pu choisir de s’organiser pour ouvrir un registre visant à déclencher une commission d’enquête sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction et les liens avec le financement des partis politiques. En mobilisant suffisamment leurs pairs, ils auraient pu obliger le gouvernement à venir défendre son point de vue dans une campagne référendaire. Les électeurs auraient ensuite tranché et le gouvernement aurait été obligé de se plier à la volonté de 80 % de la population, qui exigeait une commission. Les citoyens auraient été écoutés.

Par ailleurs, en ce qui a trait à l’accession du Québec à son indépendance, j’estime aussi que le référendum d’initiative populaire est la meilleure marche à suivre. D’abord, parce qu’il est faux de prétendre que le PQ détient le monopole de la stratégie souverainiste. D’autres organisations et partis, avec lesquels on peut ne pas être d’accord sur toute la ligne, sont tout aussi légitimes pour porter le projet indépendantiste. Mais, en bout de ligne, sur la question nationale comme sur d’autres questions d’importance, il importe surtout de mettre les citoyens au cœur du processus. Quand les Québécois seront prêts à tenir un référendum sur leur avenir politique, ou sur un autre enjeu, ils en tiendront un. Et les partis politiques, le gouvernement, les députés seront obligés de s’y plier et auront tout le loisir de défendre une option ou l’autre.

Pour reprendre une formule consacrée, il faut que le citoyen sente que c’est lui qui a les deux mains sur le volant. Cela ne peut advenir que si nous changeons notre façon de choisir nos représentants. C’est pourquoi j’estime que le mode de scrutin actuel doit être changé. Au début de ma réflexion, j’avais une préférence personnelle pour un scrutin à deux tours, le mode de scrutin qui est en vigueur en France et dans d’autres pays. C’est une façon de choisir les députés en deux étapes : a) un premier vote permettant d’éliminer les candidats dont les idées sont moins représentatives de la population; b) un second vote permettant à la majorité de choisir le député parmi les candidats ayant obtenu le plus d’appuis au premier tour, dans une sorte de finale. Je me disais que ça serait un bon compromis entre le mode de scrutin actuel et la proportionnelle. Que ça aurait l’avantage de forcer les partis à travailler ensemble, à travers les alliances qui se tissent entre le premier et le second tour.

Je le pense toujours. Mais, dans les propositions qui m’ont été transmises, c’est le mode de scrutin proportionnel qui est revenu le plus souvent. Ainsi, mon idée n’est pas complètement arrêtée sur ce sujet. Manifestement, beaucoup de Québécois souhaitent que nous allions dans cette voie. Chose certaine, le mode de scrutin qui prévaut actuellement est désuet et sert mal l’objectif de représentation qui doit être au cœur du mandat de député.

À mon avis, le mieux serait donc de faire le débat sur le nouveau mode de scrutin pour ensuite demander au DGE d’organiser un référendum à choix multiples, où nous serions tous invités à choisir la façon dont nous voulons que soient élus nos représentants. Les élus et les candidats de tous les partis auraient la liberté de s’impliquer auprès d’un camp ou de l’autre.

Parce que le mode de scrutin, c’est tout simplement trop important et trop déterminant pour le laisser entre les mains des partis. Même avec les meilleures intentions, les partis font souvent des choix en fonction de l’avantage politique qu’ils pourraient en retirer. Il est donc capital que ce soit les citoyens qui tranchent par la voie d’un référendum.

En somme, pour s’attaquer au déficit démocratique, nous devrions :

1. Élire le premier ministre au suffrage universel.

2. Tenir des élections à date fixe.

3. Nous doter d’un processus de référendums d’initiative populaire.

4. Organiser un référendum sur le mode de scrutin.

Je pense que ces quatre mesures pourraient raviver notre démocratie et nos traditions politiques. À tout le moins, ça serait un bon point de départ.

Remettre les citoyens aux commandes

Mais ça ne sera pas suffisant pour vraiment relancer le Québec. Les changements doivent passer par les institutions démocratiques, c’est certain. Ils doivent également passer par une transformation importante de nos façons de faire de la politique. Si l’objectif est bel et bien de faire du peuple le plus gros et le plus fort des lobbies au Québec, une réforme parlementaire majeure s’impose. Elle s’impose parce qu’en dehors des campagnes électorales ou référendaires, il n’existe à peu près aucun processus de contrôle du travail des parlementaires et du gouvernement.

À cet égard, je pense que nous devrions instaurer un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires lors de la période des questions et lors des travaux en commission parlementaire. Ce jury serait chapeauté par le Protecteur du citoyen, ou une autre institution indépendante comme le Vérificateur général. Il devrait être formé avant chacune des sessions parlementaires selon un processus strict et aléatoire, comme les jurys en droit criminel. Ce jury aurait le mandat de décerner des mentions et des blâmes aux élus de l’Assemblée nationale. Par exemple, si un ministre ne répond jamais aux questions de l’opposition, le jury pourrait lui donner un blâme. Ou encore, si un député de l’opposition ne fait que poser des questions jugées trop partisanes, cela pourrait lui valoir un blâme.

Évidemment, il doit y avoir conséquence. Si un membre du gouvernement ou un député d’opposition est trouvé fautif, des sanctions pourraient lui être infligées. On peut parler de pénalités ou d’amendes, mais je crois que cela doit aller encore plus loin. Au bout de – disons – trois blâmes au cours d’une même session parlementaire, il pourrait y avoir ouverture d’un registre menant à la révocation du mandat du parlementaire.

Avec un mécanisme de vérification venant du peuple comme celui-ci, je crois que le triste spectacle partisan auquel nous assistons trop souvent à l’Assemblée nationale diminuerait en intensité.

En revanche, ce n’est pas seulement en changeant les règles au Parlement que nous viendrons à bout de la grande réforme qui s’impose. La trop grande partisanerie qui afflige la période des questions à l’Assemblée nationale puise aussi sa source dans la fameuse ligne de parti qui rebute tant de Québécois. Et ça, c’est la responsabilité des partis et des élus. Pas des institutions. Je suis bien placé pour le savoir : la crise que nous vivons présentement au sein du PQ est en partie causée par la rigidité de la ligne de parti. Je ne propose pas pour l’instant de l’abolir, mais je pense que la ligne de parti doit être assouplie considérablement. À mon sens, elle ne pourrait être invoquée que dans certains cas :

-       lorsqu’il est question des engagements électoraux du parti ;
-       lorsque le parti doit décider s’il accorde ou non sa confiance au gouvernement ;
-       lors des votes sur le budget ;
-       pour des raisons d’État.

Dans les autres cas, aucune ligne de parti ne pourrait être imposée. Le travail des parlementaires serait de représenter la population au sein des institutions et des partis, et non de représenter leur parti auprès de la population.

Un autre reproche qui est souvent revenu au fil de mes consultations, c’est le fait que les élus ne vont voir les citoyens que lors des campagnes électorales. Le travail de circonscription du député, tout comme celui au Parlement, a une importance capitale pour la bonne santé de notre démocratie. Les députés, à mon avis, doivent donc être plus transparents et plus redevables devant ceux qui les élisent. Je propose donc d’instaurer une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec au terme de chacune des sessions parlementaires. Chaque député serait tenu de se présenter devant sa population pour faire état des travaux de l’Assemblée nationale et, surtout, pour écouter les citoyens et répondre à leurs questions. Les élus doivent impérativement rendre des comptes à leurs électeurs.

Ces quatre mesures permettraient de s’attaquer sérieusement au déficit représentatif qui mine notre démocratie, parce qu’elles contribueraient à rapprocher le citoyen du processus politique. Mais il y a un autre mécanisme à mettre en place qui, je crois, pourrait contribuer  lui aussi à assainir la politique au Québec.

Le temps est venu d’instaurer un Vérificateur général national (VGN). En effet, il faut élargir le mandat du Vérificateur général à l’ensemble de l’État québécois, soit : les ministères, tous les organismes publics, le réseau de la santé, le réseau de l’éducation ET les sociétés d’État, comme Hydro-Québec et la Caisse de dépôt. Le VGN aurait également pour mandat d’évaluer l’ensemble des programmes du gouvernement du Québec. Toute vérification interne faite par le gouvernement devrait donc être transférée au VGN, qui verrait ses ressources augmenter afin de s’acquitter de ce nouveau mandat.

Dans cette même optique et afin de rendre nos campagnes électorales plus transparentes, le VGN aurait aussi pour mandat d’évaluer les finances publiques et d’offrir un portrait clair de celles-ci, six mois avant les élections (à date fixe). La joute partisane autour de l’état réel ou maquillé des finances publiques ne serait dorénavant plus qu’un mauvais souvenir.

Finalement, le financement des partis politiques doit aussi être revu. Les Québécois ont été dégoûtés par de trop nombreux scandales de corruption liés à l’octroi des contrats gouvernementaux. Il faut s’attaquer de front au problème, frapper à la source même du système de prête-noms qui permet à certains de contourner la Loi régissant le financement des partis politiques. La meilleure façon d’y arriver serait, à mon avis, de plafonner les dons aux partis politiques à 100 $ par personne. Cette mesure, qui fait aussi partie du programme du PQ, aurait pour effet de diminuer considérablement l’influence indue des grands donateurs et des collecteurs de fonds sur les décisions gouvernementales. C’est donc une étape essentielle dans un processus visant à redonner confiance aux citoyens.

En somme, pour remettre les citoyens aux commandes, nous devrions :

5. Mettre en place un jury citoyen chargé d’évaluer le travail des parlementaires, allant jusqu’à la possibilité de révoquer le mandat d’un parlementaire.

6. Assouplir considérablement la ligne de parti.

7. Instaurer une assemblée publique obligatoire dans chacune des circonscriptions du Québec au terme de chacune des sessions parlementaires.

8. Instaurer un Vérificateur général national (VGN).

9. Offrir un portrait clair des finances publiques six mois avant les élections (à date fixe).

10. Plafonner les dons aux partis politiques à 100 $ par personne.

Je suis convaincu que le déficit de représentation qui est ressenti dans la population en prendra pour son rhume si on applique de telles mesures. À moyen terme, c’est toute notre culture politique qui serait radicalement transformée pour le mieux.

Les autres changements à apporter

Évidemment, il y a d’autres changements importants sur lesquels nous devrons plancher dans les prochains mois et les prochaines années. Les façons dont nous gérons notre système de santé, notre système d’éducation, nos infrastructures et nos ressources naturelles, tout comme notre vision de l’environnement, de la langue, de la culture et de nos finances publiques auraient, à l’instar de notre démocratie, tout autant besoin de profondes réformes. Les élus, en tant qu’individus, devront aussi faire un sérieux examen de conscience et travailler à mettre de côté le ton partisan qu’ils adoptent trop souvent.

Le PQ ne devrait faire l’économie d’aucun débat. Toutes les propositions devront être entendues et écoutées. La contribution du plus grand nombre possible de citoyens sera plus que nécessaire.

Mais, avant de pouvoir lancer ces autres grands chantiers, j’estime que la population doit retrouver un certain niveau de confiance envers ses élus et ses institutions politiques. C’est pourquoi je vous ai présenté une série de dix mesures qui changeraient le rapport de force politique en faveur des citoyens. Je suis convaincu que c’est une étape absolument essentielle pour pouvoir remettre le Québec en marche.

Et le Québec doit se remettre en marche. Nous avons de grands défis à relever. De plus, comme je l’ai mentionné en introduction, les Québécois sont avides d’un Québec ambitieux qui saurait les faire rêver. Ce n’est pas parce qu’on doit régler des problèmes urgents qu’il faut cesser de se projeter dans l’avenir. Les citoyens demandent à leurs élus d’être pragmatiques et concrets, certes, mais aussi d’être idéalistes et audacieux. À mon sens, il s’agit là d’une très bonne nouvelle pour l’avenir du mouvement souverainiste québécois.

La question nationale

J’ai toujours cru que c’était dans nos gènes d’être indépendants, comme individus, comme familles, comme nation. Mais avant d’en arriver à l’indépendance, les souverainistes vont devoir faire la démonstration qu’ils sont dignes de confiance et capables de trouver des solutions aux problèmes du Québec.

Les Péquistes doivent aussi faire leurs mea-culpa et reconnaître qu’ils se sont graduellement éloignés des préoccupations immédiates et légitimes des Québécois. C’est pourquoi une stratégie souverainiste comme celle du référendum d’initiative populaire serait gagnante : elle remet les Québécois au cœur du processus d’autodétermination nationale. Elle aurait aussi l’avantage de permettre aux élus souverainistes de se recentrer sur l’essentiel, de cesser de débattre de la date du prochain référendum et ainsi de sortir de l’attente du « grand soir ».

Bref, malgré les crises et le tumulte, l’option souverainiste peut avoir un bel avenir devant elle. Les Québécois disent simplement : montrez-nous qu’on peut vous faire confiance. Réglez les problèmes sans détour. Laissez le citoyen dans le siège du conducteur. Et on pourra ensuite faire un bout de chemin ensemble.

Conclusion

Le constat est sévère. Les Québécois s’attendent à beaucoup mieux de la part de leurs élus et de leurs institutions. Mais il y a de l’espoir : la plupart des citoyens qui m’ont écrit m’ont dit qu’ils croyaient encore qu’un grand changement était possible. Plusieurs d’entre eux pensent aussi que le PQ pourrait regagner leur confiance s’il s’engageait définitivement dans cette voie.

Le PQ peut redevenir la grande coalition qu’il a déjà été. Mais il devra pour cela redevenir le grand parti réformateur qu’il était lors de sa création et lorsqu’il a pris le pouvoir pour la première fois en 1976.

Parce qu’il n’y a pas de « vieille » ou de « nouvelle » façon de faire de la politique. Il y a de la mauvaise politique et de la belle politique. René Lévesque était un homme qui faisait de la belle politique, et la belle politique ne vieillit pas. Les valeurs, les convictions et l’engagement, ça ne se démode pas.

En 2011, la belle politique commande de s’attaquer aux deux problèmes les plus criants du Québec : le déficit démocratique et le déficit de représentation politique. Ce sont là les deux problèmes les plus criants parce que tant qu’on ne s’y sera pas attaqué, on ne sera pas capable de trouver des solutions durables aux autres problèmes, que ce soit sur le plan des infrastructures, des services publics ou de la question nationale, notamment.

C’est une évidence : sans la confiance et l’implication des citoyens, le Québec n’avance pas. J’invite donc tous ceux qui veulent qu’on se remette en marche à considérer sérieusement les propositions que je mets aujourd’hui sur la table. Et j’invite aussi tous ceux qui ne sont pas en panne de rêves à continuer de rêver. Les citoyens n’ont pas dit leur dernier mot. Le peuple peut devenir le plus gros et le plus fort des lobbies du Québec.

Ensemble, avec de bonnes idées pour le Québec, nous pouvons y arriver.

Bernard Drainville
Le 24 août 2011

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(41) commentaires des lecteurs

  1. Bien que je suis pas souverainiste, j’aime beaucoup ces nouvelles approches au modèle politique actuel.

    Il y a un point qui est abordé indirectement par l’omniprésence des lobbies, l’immobilisme économique ou l’absence de grands projets. Le plan Nord de M. Charest est bien beau, mais c’est encore de la vente à rabais de nos ressources… Aucune optique de première ou deuxième transformation… Bien que je comprenne le contexte de mondialisation et que Pedro au mexique gagnera probablement 0.10$/h vs Pierre à 35$/h au Qc, c’est ces salaires là qui font la richesse d’un pays… POutre les emplois dans la mine, ce n’est pas les franchises de Subway et Tim Horton’s et des walmart avec des job à 10$/h près des mine qui vont assurer le développement de ses nouvelles ville-mine à long terme. Ce ne sont que des ville qui vont fonctionner 20-30 ans avant de fermer comme Murdochville…

    Hydro-Québec est en train de devenir une entreprise privée vache à lait du gouvernement au lieu d’innover dans d’autres énergie et de rester un moteur d’innovation… Et on est pas capable de rouler sur nos routes sans inquiétude (dégradation du réseau, pas de nouveau pont Champlain prévu, Turcot qui sera remplacer (comment Mtl y fera face à celle-là, je suis très curieux)). Avec l’avènement de l’auto électrique, qu’est-ce qui les empêche de travailler sur les multiples projets de R&D afin d’assumer la position de leader en électricité que nous avions dans les années 70-80… Nous formons parmi les meilleurs ingénieurs au monde, utilisons-les d’une meilleure façon

    Je crois qu’il y a plusieurs projets à réaliser et qu’on s’en fait beaucoup trop avec la corruption. Je pense que la corruption a toujours existé et de penser qu’on pourra l’éradiquer c’est rêver en couleur. S’il y a des abus, je crois que nous avons la Sureté du Qc ou la GRC qui peuvent très bien jouer leur rôle et les incriminer. Les commissions d’enquête sont un gaspillage de fonds public car on ne peut que blâmer les gens, on ne les punis pas…

    Bref, continuer votre réflexion. Un député qui serait là pour nous au lieu de représenter un parti chez nous est sincèrement un pas dans la bonne direction. Merci,
    Philippe Cambron

  2. Monsieur Drainville.
    Vous reprenez l’ensemble des propositions du NMQ. Je suis désolé que vous ne puissiez être à l’assemblée du 21 aout. Il ne faut pas prêter foi à la rumeur. Je ne suis qu’un simple citoyen apolitique mais indépendantiste. Comme plusieurs, lors de cette assemblée, j’ai pu exprimer le Québec que je souhaite. La plupart des intervenants abondaient dans le sens de vos recommandations. Le point majeur qui revenait sans cesse; donner la parole aux citoyens.
    Une réforme démocratique est essentielle.

  3. tRES INTÉRESSANT COMME DEMARCHE A VENIR , (ESPÉRONS LE)
    Mais tres important aussi est de considérer que democratie et écologie vont de pair et que l’un ne peut etre sans l’autre . A lire en autre , le livre de Hervé kempf qui raconte de facon simple le lien entre l’un et l’autre , ”l’oligarchie ca suffit, vive la democratie” .
    Pour batir un pays fort , il faut ;—- l’éducation , a autre chose que la consommation
    — Une meilleur distribution de la richesse, par des programme sociaux , des impots mieux balancés, des regles au monde de la finance ,une économie diversifiée,et encore l’éducation ,( pour apprendre la democratie , la santé de base , les relations humaines de base, une économie non basée sur la surconsommation, pour avoir assez d’éducateurs pour amener les enfants , tous les enfants vers une meilleure connaissance d’eux-meme , du monde , des techniques nécessaires a notre société et pour les chercheurs et les reveurs ,des études universitaires de bon niveaux ) Parce qu’une société qui ne tolere pas de pauvreté , de celle qui ne peut donner a manger a ses enfants , est une société qui va vers l’avant et évite les troubles sociaux et les revoltes liées aux écarts trop importants. Qui évite aussi les depenses supplémentaires en santé sociale , carcérale et médicale liées a ces enfances souffrantes et sous-éduquées.
    ——Considérer notre pays comme un milieu physique fini qui doit etre proteger pour le futur et surtout pas qu’en paroles . Cette considération doit etre au centre de toute decision économique parce que c’est la seule viable a long terme . Pour cela , il doit y avoir adhésion a d’autres valeurs que la simple possession toujours plus grandes de choses de biens qu’on nous dit indispensables. Ce virage est encore utopique j’en ai peur parce tres peu discuté sur la place publique . Mais comment penser au futur sans y reflechir . Sans se demander comment s’insérer aussi dans une économie mondiale qui elle fait dansla surconsommation comme mode de vie……..Et tant qu’a verser dans l’utopie, J’ai deja lu qque part sur un peuple qui lorsqu’il prenait des decisions , pensait aux impacts pour les 7 générations suivantes. Avec les connaissances que nous avons en genéral , nous pourrions faire encore mieux , Il manque la volonté d’agir pour autre chose que le moment present , le gain present .
    Le probleme est mondiale mais les solutions commencent chez soi , pour chacun.
    —-et le respect des valeurs de laicité , de langue de culture…….
    —-et tant d’autres choses a dire ……………..
    Et tant de gens qui sentent plus ou moins confusement que ces questions determinent la vie a long terme sur la planete mais ne trouvent pas de lieu ou pas d’alternatives a survivre dans le moment en occultant ces craintes pour nous et les genérations a venir.
    En espérant ….quoi?…..tellement de chose……..je vous remercie pour votre apport en cet apres-midi pluvieux
    Louise keable

  4. Le cynisme des québécois envers les élus dont vous parlez s’est construit depuis plusieurs générations. Ce n’est pas d’hier que le pouvoir éloigne les hommes de la réalité. Le problème de l’éloignement des décideurs envers le peuple vient de l’obésité de la machine politique. Un élu normal ayant toutes ses facultés se fait littéralement avalé par la machine bureaucratique. Alors, avant que les idées deviennent des projets et que les projets deviennent une réalité, la machine politique a eu le temps de détruire la plus belle des initiatives. La solution ? Redonner le pouvoir aux personnes, aux groupes et aux communautés. Ramener le pouvoir au niveau des citoyens, des quartiers, des villages, des municipalités et à la limite…des MRC. Un gouvernement central ? Faudrait voir son rôle.

  5. Monsieur Drainville, je suis déçue. Terriblement déçue.

    J’aimais vous entendre dans l’ABCD de la souveraineté, quand vous parliez d’infdépendance énergétique, de “Maîtres chez-nous”. Je vous trouvais bon et intelligent, ça me donnait confiance dans l’avenir du PQ. Mais là, vous me découragez!

    Vous arrivez avec supposément 10 idées pour donner confiance et c’est juste des affaires sur les institutions, des choses qui intéressent seulement les politicailleux. Franchement! Si c’est ça pour vous écouter le peuple, je sais pas à qui vous avez parlé ! Les gens veulent qu’on leur dise qu’on va arrêter de les voler, qu’ils vont pouvoir traverser le pont sans se demander s’il va s’effondrer, qu’on va aider leurs enfants à réussir à l’école, qu’on va trouver un médecin pour leurs vieux parents, qu’on va empêcher Charest de donner toutes nos richesses naturelles aux étrangers pour des peanuts. C’est à ça qu’ils pensent, le monde ! Pas à toutes vos patantes à gosses pour intellectuels ni à quand et comment faire la souveraineté! La preuve: ils veulent voter pour Legault parce qu’il parle de problèmes concrets et urgents, pas du mode de scrutin ou de référendums d’initiative.

    En plus, vous lancez ça au moment où le PQ a déjà l’air tout croche! Franchement, pour un gars qui connaît les médias, c’est pas fort! Je sais vraiment pas à qui vous avez parlé, parce que moi, tout le monde à qui j’ai parlé du PQ ils m’ont dit juste une chose: “cr…, allez-vous arrêter de vous chicaner!”. Si vous étiez vraiment honnête dans votre constat, c’est ça que vous auriez retenu en premier.

    Aurez-vous le courage de ne pas flusher mon commentaire ?

    Valérie Simard
    péquiste tannée du niaisage

    • Votre commentaire, Madame Simard, est ce qu’il y a de plus désolant dans notre société politique (ou non politisée, devrais-je dire). Enfin quelqu’un, M. Drainville (bien qu’il ne soit pas le seul), qui propose de prendre l’initiative pour, non pas mettre un “plaster” sur un cancer, ni de l’opérer, mais de le prévenir.

      Notre système politique et la façon de faire de la politique sont les éléments qui gangrènent tout le reste. En effectuant les changements proposés, nous pourrions par la suite procéder “aux opérations” beaucoup plus aisément (fédéralistes comme souverainistes).

      Mais bon, encore faut-il vouloir être en santé, ce qui ne me semble pas le cas quand je lis des commentaires tel que le votre. Vous en rêvez peut être, mais vos connaissances en “médecine” semblent très limitées.

      Bravo pour cette initiative M. Drainville,

      JP
      professeur de politique

  6. Il n’y a rien dans ce que vous proposez qui ne puisse se réaliser hors du cadre constitutionnel canadien. La raison pour laquelle le PQ est incapable de faire l’indépendance, c’est le référendum. Pour réussir, il faut que le PQ aille chercher un mandat de briser le cadre constitutionnel de 1982. Une fois au pouvoir, il fait adopter une constitution visant à remplacer celle de 1982. C’est là que vous pouvez mettre vos idées. Il faut que les gens comprennent que le renouvellement de la démocratie est impossible sans rompre avec la Constitution de 1982 comme il n’est pas possible de protéger notre langue et nos richesses naturelles.

    Nous n’avons plus besoin du référendum sauf pour ratifier cette constitution québécoise. C’est à ce moment que la négociation commence avec le Canada. Et je parie alors qu’ils nous laisseront partir simplement parce que ce que nous aurons décidé de faire ne les rejoint plus. Le divorce à l’amiable sera alors consommé et le Canada sera le premier pays à reconnaître notre souveraineté. De grâce, il faudrait sortir une fois pour toute de cette mentalité provincialiste. Et je suis certain que si vous succédez à Mme Marois et que vous proposez cette stratégie, vous allez le créer votre mouvement de fond. Et j’en serai. Pour le moment, j’ai décidé d’arrêter de perdre mon temps à voter et à participer à des réunions citoyennes sans lendemain. Bon courage, M. Drainvile.
    Claude Girard, Villeray.

  7. Merci m. Bernard Drainville,
    Voilà un raisonnement qui sied très bien au 21e siècle. Je crois qu’un premier ministre ou président élu au suffrage universel dynamisera la joute politique au Québec. Les députés élus dans une formation politique ne seraient plus obligés de suivre l’absurde ligne de parti et cela serait très bon pour les citoyens, car, il y aura coalition pour en venir à l’acceptation de nouvelles lois. Lors de la période de question, le ton acrimonieux disparaîtra des banquettes de l’assemblée Nationale qui pourra alors être une véritable assemblée nationale . Merci pour votre ligne droite et votre loyauté . Jean Goupil Brossard.

  8. À première vue, cela me semble très bien, je suis convaincu que votre approche concernant un prochain référendum est l’unique solution d’y arriver. Rien ne sert de faire des référendum perdants, cela ne fait qu’alimenter les fédéralistes à mon avis.

    Félicitation pour votre sortie.

    Denis Forest
    St-Jacques, J0K 2R0

  9. J’ai pas tout lu encore, mais je reconnais l’immense tâche pour le PQ (ou autre parti). Surtout qu’on est tanné d’entendre “parler”. Il est temps “d’agir”. Le premier qui fera bouger que la simple petite chose dans le sens de la prise en charge aura l’appui de la population; je vous le jure!

  10. C’est la bonne voie. Attention, l’accès aux référendums sera trop facile. Et c’est très couteux.

    Attention à la démocratie de blocage ou quelques casse-pieds font tout bloquer.

    Il manque tout le volet “vivre selon nos moyens” que vous avez évidemment éludé…

    Les syndicats ne protègent pas les moins nantis,ils protègent leurs membres qui sont souvent déconnectés de la réalité. L’état doit rééquilibrer le rapport de force qui est trop favorable aux syndicats.

    Au Québec, on a institiionnalisé l’incompétence avec une fonction publique dans laquelle on nivelle par le bas.C’est extrêmement démotivant pour la majorité des travailleurs de l’État qui sont performants.

    Il faut rendre la ville de Montréal gouvernable. Elle est structurée d’une façon à favoriser la corruption et l’inéficacité.

    On peut faire une autre révolution tranquile.

    Une fois tout ça fait,si ça fonctionne bien, le pays viendra tout seul.

    Le leitmotive: LA SOCIALE DÉMOCRATIE PERFORMANTE !

  11. Bonjour, Je suis un homme de 63 ans, ayant une formation universitaire de 2ième cycle. Je suis un indépendantiste de la première heure ayant été membre du RIN en 1968. J’ai été un militant actif dans Charlevoix avant de déménager à Québec. Je suis fatigué de voir tous les politiciens de quelque partie que ce soit de se tirer dans les jambes et de travailler plus pour la réélection de leur partie que pour les idéaux des citoyens et ayant souvent une langue de bois.

    Je suis content de prendre connaissance de la consultation que vous avez menée. Des gens comme René Levesque, Jack Layton et à une certain niveau Lucien Bouchard nous ont indiqué le chemin à suivre mais surtout de faire suite aux préoccupations du peuple.

    Pour revenir à vos 10 recommandations, j’en achète la majorité ayant des réserves aux recommandations 1 et 9. Dans les pays où le modèle d’élection de premier ministre au suffrage universel se retrouve, la question nationale ne se pose pas. Quand aux finances publiques, les aléas de la situation économique mondiale ou nord-américaine ainsi que la façon de faire dire les choses à des chiffres, il faudrait mettre en oeuvre une instance d’analyse neutre.

    Je vous incite à continuer votre démarche malgré d’éventuels dénigreurs à l’intérieur ou à l’extérieur du partie.
    Il faut aller de l’avant avec nos convictions et ne pas penser qu’à garder son siège à l’Assemblée nationale.

  12. Merci beaucoup Bernard!
    Enfin des idées rafraîssantes et qui redonnent confiance.

  13. Un oubli peut être?Pour le budget,le PQ ne doit pas ressembler à l’époque Bouchard.En sacrifice commun anti-déficit-dette,il doit expliquer aux classes populaires et moyennes qu’il faut s’inspirer de la droite italienne et française et d’Obama:imposition nouvelle des plus riches et des corporations,banques,pétrolières,assurances(plus NPD Québec).Pas de 80 % de l’effort en compressions budgétaires dans l’Etat québécois_à l’instar d’un tea party adéquiste,ni hache dans l’éducation à la manière du gouverneur américain Legault(si élu pour un seul mandat,re-tea party radical).Attention à la demande de référendum par 900,000 personnes.Ca pourrait ressembler à une élection référendaire perdante.Combien d’électeurs en millions faut-il pour gagner à plus de 50 %?Revision aussi de la” dépense fiscale” en exemptions d’impôts.

  14. Québec, 25 août 2011

    Monsieur Drainville,

    Je vous donne un A pour le travail réalisé. Bravo ! Sincèrement.

    Je vous donne un A+ pour le cran que vous avez manifesté publiquement en disant qu’on ne pourrait pas vous accuser de n’avoir rien fait au moment où on s’avance vers un mur. Bravo encore !

    Cependant et c’est peut-être le fait même de cette désillusion qui a bien été décrite dans vos documents (et/ou de l’âge…), mais je vous avoue ne pas parvenir à concevoir comment ces suggestions pourront un jour se réaliser.

    Bien sur, elles seront étudiées par le caucus du PQ la semaine prochaine, selon les propos même de votre chef aux nouvelles de ce soir mais, le fait même qu’elle pourrait les considérer et au demeurant, travailler à les concrétiser ne tient-il pas justement de cet opportunisme politique qui est à la source même de la crise de désillusion et de désengagement actuelle ?

    Je vous pose la question très sincèrement, très honnêtement, j’allais dire… candidement.

    Moi-même, je ne parviens que difficilement à discerner le vrai du faux : n’est-il pas de l’essence même d’une personne engagée en politique de tout faire, de tout mettre en oeuvre pour obtenir le pouvoir et par extension, de le conserver une fois qu’il est acquis ?

    Vous me direz que j’ai perdu la foi. Peut-être.

    Ce qui me surprend par contre, dans les consultations que vous avez menées cet été, c’est qu’il se trouve encore des hommes et des femmes, au Québec qui ont leur société à coeur; cette société qui, ne l’oublions jamais, (surtout dans cette époque si individualiste), a été forgée avec valeurs fortes de travail, de partage, d’efforts.

    Souhaitons-nous bonne chance !

  15. Bonjour Monsieur Drainville , Je vous félicite pour le beau travail que vous avez accomplit avec l’aide des gens que vous avez écouté. Dans le constat , je note que les gens s’attendent à ce que les élus soient authentiques , qu’ils disent la vérité et qu’ils conjuguent les qualités du coeur et de la tête pour parvenir à une action juste et cohérente. Je pense que le coup de coeur des Québécois (es) pour le parti NPD aux dernières élections fédérales et en particulier pour Jack Layton traduit bien cette volonté de notre peuple d’aller vers quelque chose de plus vrai , solidaire et lucide ( J’utilise le terme “lucide” dans le sens de ” conscient de la vérité ” et non au service de l’intérêt personnel avant tout comme c’est le plus souvent utilisé au Québec ). Il y a eu là un mouvement démocratique de fond qui mérite qu’on l’étudie en profondeur . Sa façon de faire la politique était différente et manifestement , Monsieur Layton avait le coeur sur la main. D’une certaine façon , il nous rappelle le grand René Lévesque et les Québécois (es) sont très sensibles aux grandes qualités humaines que ces modèles véhiculent. Il est très intéressant de constater jusqu’à quel point les Québécois (es) ont voté différemment du reste des Canadiens (es) , traduisant en cela , entre autre, leur volonté d’aller vers la social-démocratie où on recherche un équilibre entre l’intérêt personnel et collectif. Cela traduit bien jusqu’à quel point on a la possibilité de devenir ” quelque chose comme un grand peuple ” si l’on se concentre sur les grands idéaux qui nous motivent. Votre constat qu’il faille d’abord améliorer le processus démocratique me semble juste et approprié.

    Vos recommandations sont très intéressantes. Je note en particulier un référendum d’initiative populaire sur un mode de scrutin plus représentatif et éventuellement sur la souverainneté. Il est priomordial que le mode de scrutin soit amélioré et puisse traduire la véritable opinion de l’électeur . Le système actuel joue un rôle immense dans le désintérêt des citoyens incluant nos jeunes. Une société dont les jeunes sont cyniques de la chose publique comme c’est le cas actuellement est vouée à l’échec.

    On ne peut parvenir au résultat escompté quand épousant les valeurs humaines que sont , entre autre, la vérité , la compassion et l’action juste. Comme le dit Jack Layton dans la conclusion de sa dernière lettre . c’est avec de grandes valeurs que l’on pourra vraiment changer le monde.Je vous suis depuis plusieurs années, je me rappele de vos entrevues à RDI. Je sais que vous êtes une personne vrai et honnête. Bonne continué.

    merci de votre implication , jean-marc joubert

  16. Je publie cet article sur mon mur Facebook parce que j’appuie les principes fondamentaux qui y sont énoncé et ce sans égard à l’appartenance politique de son auteur.

    Force est de constater que monsieur Drainville a très bien compris les attentes des citoyens tout comme il a su proposé des solutions vraiment crédibles que tous les partis politiques devraient retenir et appliquer advenant qu’ils seraient élu.

    Félicitation pour votre dévouement et le grand respect que vous avez pour la démocratie.

  17. Bonjour,
    Je trouve que vos propositions vont dans la bonne drection, mais il manque a mon sens un élément majeur: le scrutin a deux tours, qui seul permet d’exprimer nos véritables souhaits politiques, réduit considérablement le vote dit stratégique et favorise l’émergence de nouvelles idées en laissant une place aux partis a priori secondaires. Avec deux tours, les négociations naturelles qui se font avant la <> obligent en outre le parti qui sera élu a
    corriger sa ligne pour beneficier du report de vote et donc d’être plus représentatif du souhait des électeurs.

    Merci de votre attention,

    B. Grison,
    RdL

  18. Monsieur Drainville, le Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) travaille depuis 1999 afin qu’un mode de scrutin à finalité proportionnelle soit implanté au Québec. Le Parti Québécois a récemment causé une grande déception en retirant de son programme l’engagement de remplacer le mode de scrutin, et votre position actuelle pourrait permettre de reprendre le dossier, ce qui est très réjouissant.
    Le MDN a mis une proposition sur la table dans le cadre de la campagne “Solution démocratique”. Cette proposition, un mode de scrutin mixte véritablement compensatoire, donc proportionnel, intégrant des mécanismes pour améliorer la représentation sous toutes ses facettes. Cette proposition est issue des consensus maintes fois exprimés ces dernières années et elle est actuellement endossée par des personnes et des organisations, réunissant ensemble un million de personnes. Pour la signer, il faut se rendre sur http://www.democratie-nouvelle.qc.ca/actions
    Le MDN réitère l’invitation à participer à cette campagne, ainsi que la demande de vous rencontrer, qu’il vous a transmise.
    Merci de votre attention.

  19. Très heureux de voir que vous (le PQ) réfléchissez de nouveau sur la démocratie. Le premier combat de Lévesque en politique concernait la réforme du mode de scrutin. Sauf erreur, après 40 ans, il est toujours à votre programme et n’a jamais été mis en place. À ce sujet, le mode proportionnel compte autant de versions que de pays qui l’utilisent. Voici ma réflexion à ce sujet.

    La réforme des institutions ne pourra à mon avis que passer par la souveraineté. J’ai vraiment l’impression que les Québécois en ont assez du régime monarchique qui donne tous les pouvoirs au PM. Vous parlez de séparer le législatif de l’exécutif, je suis entièrement d’accord. Il faut aussi séparer le judiciaire pour que la justice soit indépendante du gouvernement et n’ait pour seul mandat qu’appliquer la loi et non la repenser à chaque cause…

    Ma réflexion sur la proportionnelle est la suivante: Le Premier Ministre, devenu président par l’accession à la République, nomme ses Ministres selon leurs compétences. Il en a 25. Nous redécoupons les circonscriptions électorales en 75 territoires non partisans afin d’éviter les châteaux forts pour l’un ou l’autre des partis. Ceux-ci sont élus selon le suffrage qu’on connaît. Il reste 25 sièges à l’Assemblée nationale, qui seront en fait les porte-paroles devant chacun des ministères. Ces 25 sièges sont élus à la proportionnelle selon le pourcentage recueilli de chacun des partis. Pour chaque tranche de 4 % des voix, le parti a droit à un porte-parole. Il doit présenter le cv de trois candidats de plus que le nombre auquel il a droit (un parti qui obtient 4 % des voix présente donc le cv de 4 candidats pour les Ministères qu’il aura choisis.)

    Les 75 élus votent ensuite pour élire les porte-paroles. Il doivent respecter le résultat proportionnel pour leur choix, c’est-à-dire voter pour un des 4 candidats du parti présenté dans l’exemple ci-dessus. Le résultat est que: à partir de 4 % de voix, votre vote a un réel impact, d’autant plus que le représentant de votre parti sera porte-parole en face d’un ministère forcément important (l’un des 4 principaux.) Sa visibilité sera donc importante et la voix du parti qu’il représente sera entendue, sans toutefois empêcher la gouvernance. Chaque circonscription conservera son représentant élu démocratiquement, chaque Ministre risque d’être plus compétent en son domaine, chaque citoyen saura que son vote a de l’importance.

    Quant aux consultations populaires et aux référendums, il va devenir inévitable de se servir d’internet. 70 % du Québec est branché présentement. Tous les autres peuvent y avoir accès via les bibliothèques ou autres institutions. Les banques transigent aujourd’hui à coups de milliards chaque jour via cet outil incontournable, il est donc de plus en plus sécuritaire. Il est essentiel que l’État se serve de cet outil pour consulter le peuple de façon plus régulière, pas toujours sous forme de référendum. En ce sens, le Chef d’État devrait être obligé d’intervenir à chaque deux semaines, réquisitionnant les médias, pour expliquer ses décisions qui vont dans le sens de la volonté du peuple ou l’inverse, justifiant son choix devant les électeurs. Là, pour moi, on s’approche de la démocratie. La création d’un code d’accès pour chaque citoyen risque d’être nécessaire, code qui pourrait donner accès à un dossier qui éviterait la multiplication des cartes de plastique que nous devons traîner tous les jours. Ce dossier pourrait contenir les informations concernant la carte-soleil, le NAS, le permis de conduire, etc. Les modalités restent à établir, mais l’État ne peut plus se permettre d’éviter la modernité de ce côté. Les jeunes apprivoisent l’ordinateur à partir de l’âge de 4 ans. Il faudra inévitablement en venir là un jour, pourquoi ne pas faire figure de pionniers en ce domaine ?

    Aussi, pour lutter contre la corruption, il me semble qu’on devrait séparer le pouvoir de dépenser de celui de prendre les décisions. Un maire ne devrait pas signer le chèque qu’il souhaite dépenser. La création d’un système de comptables du Trésor, hautement imputables sur leurs avoirs personnels, me semble indispensable pour régir toutes les dépenses publiques, minstérielles, de sociétés d’État ou de mairies.

    Bien à vous, et merci de votre démarche. Si vous réussissez à faire quelque chose dans le sens que vous proposez, vous me réconcilierez avce le PQ.

    Serge Bonin

  20. Pingback: Le Gros Bon Sens | Panique au Japon

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