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Le député de Marie-Victorin et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville, invite le premier ministre Stephen Harper à se dissocier des propos qu’a tenus, il y a quelques mois, son nouveau directeur des communications, Angelo Persichilli, alors qu’il signait une chronique dans un quotidien de l’Ontario.
« M. Harper connaît très bien les conséquences de ce type de propos totalement inacceptables. Le premier ministre canadien a toujours condamné le Québec bashing provenant du Canada anglais. Je suis persuadé qu’il ne partage pas les propos de son directeur des communications et je lui demande donc d’envoyer un message clair à l’endroit du peuple québécois et de se dissocier des propos de M. Persichilli », a déclaré Bernard Drainville.
Le député de Marie-Victorin fait remarquer que le bilinguisme canadien, un énorme gaspillage selon M. Persichilli, n’est pratiquement pas respecté dans le reste du Canada et qu’il est faux d’affirmer que le Québec est fier de recevoir de la péréquation. « Dans plusieurs dossiers, c’est le gouvernement fédéral qui empêche le Québec de se développer et de s’enrichir. Le dossier d’Old Harry en est un très bel exemple », a-t-il ajouté.
Le ministre Moreau doit faire respecter le Québec
Par ailleurs, Bernard Drainville demande au gouvernement du Québec, par l’entremise de son ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Pierre Moreau, de faire comme le Parti Québécois, et demander à Stephen Harper de s’en dissocier. « C’est une question de respect élémentaire et c’est la responsabilité du gouvernement du Québec de réagir. Les Québécois forment une nation fière et singulière, tout comme la nation canadienne. Bien souvent, nous ne partageons pas le même point de vue mais, cela ne doit jamais nous empêcher de se vouer un respect mutuel. Les citoyens sont en droit de s’attendre à ce que l’exemple vienne d’abord des politiciens, qu’ils soient élus ou non », a conclu Bernard Drainville.
(Source : Éric Gamache)










Frédéric Santerre
Monsieur Drainville
Je tiens à m’exprimer concernant la nomination d’Angelo Persichilli par Stephen Harper. Je crois que la stratégie employée par le Parti Québécois en cette matière n’est pas celle que j’opterais. Vous verrez dans les prochaines lignes qui suivent en quoi je crois fermement que cette stratégie doit être changée. Plus précisément, je ne fais qu’utiliser la nomination d’Angelo Persichilli pour illustrer mon propos.
Vous dites que le premier ministre Stephen Harper devrait songer à nouveau à cette nomination, pas de façon directe mais indirectement en se dissociant des propos de son directeur des communications. Un tel propos ne fait que nous mettre en situation de «colonisé». J’utiliserais plutôt ce propos de façon pédagogique en expliquant au Québécois que le Canada se construit avec ses visions, ses objectifs qui lui sont propres et n’incluront jamais les Québécois. Donc, pour le Parti Québécois, rien ne sert de dénoncer ce genre d’attitude de la part d’Ottawa qui est symptomatique d’un certain mépris à l’égard du Québec. Les partis fédéralistes de la Chambre des communes feront leurs choux gras à propos de cette nomination.
Pour le Canada anglais, nous sommes des chialeurs et des enfants gâtés. Bien que je ne suis pas d’accord avec ces accusations, il ne faut pas avoir peur de faire réagir les Québécois en leur disant, est-ce que vous désirer continuer à vivre dans un certain «masochisme» critique à l’égard du gouvernement fédéral et de la nation canadienne. Il faut dire haut et fort, le répéter autant que possible, le Canada se construit selon ses visées qui ne seront jamais les nôtres. Il faut provoquer les débats et faire prendre conscience aux Québécois qu’il y a deux options pour le Québec : soit se soumettre au carcan fédéral dans lequel nous vivons et ne plus dénoncer chaque décision du gouvernement fédéral ou soit l’indépendance pure et simple. Il ne faut pas avoir peur de dire aux Québécois en ces termes suivants «mais sacrament cher Québécois réveillez-vous nous n’obtiendrons jamais rien de la nation canadienne qui ne fait que nous mépriser dans l’ensemble des sphères de la «civilisation québécoise».
En quelque sorte, je dénonce aussi mes compatriotes québécois qui s’offusquent des agissements du gouvernement fédéral car ils agissent, sans s’en rendre compte, en «colonisé». Je ne me surprends plus de ce genre de scandale qui arrive à Ottawa contre le Québec car dans le fond, c’est nous qui ne prenons pas les bonnes décisions, en restant figé dans un système qui finira tôt ou tard par nous faire disparaître.
Je suis certain qu’au fond de vous même vous êtes entièrement d’accord avec mes propos. J’espère seulement que le Parti Québécois change sa façon de faire pour promouvoir la souveraineté. Il ne faut pas avoir peur de saisir la balle au bon quand elle passe et provoquer des réactions chez les Québécois. La souveraineté ne se fera pas en critiquant Ottawa dans le choix de ses politiques, elle se fera par ces «balles» qui nous arrivent. Il faut juste savoir bien les manier quand elles arrivent pour provoquer la conscientisation que le Québec n’aura jamais sa place au sein du Canada.
En terminant, je tiens à vous féliciter M. Drainville pour les propositions que vous avez apporté au cours de la semaine dernière. Je suis entièrement d’accord avec vous.
Frédéric Santerre