Libérer le Québec du pétrole (Notes d’allocution)

Université de Montréal, 5 novembre 2014

« N’est-ce pas dans le rêve que naissent la plupart des projets qui en valent la peine »
René Lévesque

Merci tout le monde d’être là.

Merci à l’Association des Jeunes Péquistes de l’Université de Montréal qui a organisé l’activité.

Je pense en particulier à Valérie Gobeil, la présidente, et Élizabeth Normandeau, la secrétaire.

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Il y a dix jours, j’ai lancé ma campagne au leadership du Parti québécois en m’engageant à mener une campagne positive, rassembleuse et axée sur les idées.

Une campagne – pardonnez-moi l’expression- sans bullshit.

Aujourd’hui, je prononce mon premier discours depuis le lancement de ma campagne.

J’ai décidé de le faire avec vous, ici, à l’Université de Montréal. Parce que je veux vous parler du Québec de l’avenir, celui dans lequel vous et moi allons vivre dans 10, 20 ou 30 ans.

Ce que je vais vous présenter est à la fois ambitieux et nécessaire.

Ce que je propose, c’est que le Québec devienne la première économie sans pétrole, la première économie vraiment verte des Amériques.

Raison de plus pour le faire devant vous parce que ce qui me frappe de votre génération, c’est que vous n’avez aucun complexe.

Cette très grande confiance que vous affichez sur le plan individuel, il est maintenant temps de la projeter sur le Québec tout entier.

Dans la lutte aux changements climatiques, nous sommes, tous et chacun d’entre nous, fiduciaires, gardiens, du fragile écosystème de notre planète.

Ce qui veut dire que nous sommes tous solidaires des efforts qu’il va falloir faire pour diminuer notre production de gaz à effet de serre.

Bref, nous sommes tous dans le même bateau.

Il faut donc se demander : « Qu’est-ce que je suis prêt à faire?

Quelle sera ma contribution ici, maintenant ?»

Il faut aussi se demander : «Comme Québécois, que sommes-nous prêts à faire pour relever ce défi planétaire? »

On a une grande chance au Québec.

Nous avons hérité d’un potentiel d’énergies renouvelables exceptionnel.

La moitié de l’énergie que nous consommons provient d’énergies vertes comme l’hydroélectricité et l’énergie éolienne.

Nous dépendons beaucoup moins du pétrole que beaucoup d’autres nations et, cet avantage, cette force, nous devons l’utiliser pour réduire notre dépendance au pétrole.

Il faut qu’on se donne un plan pour y arriver.

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D’emblée, il faut convenir d’une chose : la cause est juste, nécessaire, humanitaire, mais les bons sentiments ne suffiront pas à embarquer nos concitoyens.

Il va falloir qu’on parle à l’intérêt des gens.

Qu’on le veuille ou non, l’intérêt individuel reste encore le plus puissant motivateur de l’activité humaine.

On peut le déplorer, mais c’est ça quand même.

Et l’intérêt dont on parle ici, celui qui peut faire bouger massivement une population, c’est l’intérêt économique.

Je vais être encore plus cru: c’est l’argent.

Il ne faut pas lever le nez là-dessus, il faut au contraire le comprendre et l’utiliser.

Je comprends la motivation d’un étudiant, d’une famille, d’une personne de vouloir en garder le plus possible dans ses poches.

Je viens d’un milieu modeste, mes parents étaient producteurs agricoles, nous étions 6 enfants autour de la table, je suis moi-même père de 3 .… J’ai le respect du travail et de l’argent durement gagné.

Ce qu’il faut maintenant, c’est faire la démonstration que de se libérer du pétrole, c’est payant pour les citoyens, payant pour notre économie, payant pour le Québec et bénéfique pour la planète toute entière.

On doit dorénavant le marteler sans cesse au Parti Québécois : nous libérer du pétrole, c’est payant !

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Dit autrement : réduire notre dépendance au pétrole, c’est l’occasion de devenir une société plus riche sur les plans individuel et collectif.

Bien des Québécois ne le savent pas, mais nos importations de pétrole et de véhicules à combustion sont responsables de la majeure partie de notre immense déficit commercial de 29 milliards de dollars (chiffres de 2012).

En 2012, on a importé au Québec 30 millions de dollars de pétrole brut à chaque jour, essentiellement pour nos transports, pour nos camions, nos voitures.

Ça, c’est 30 millions qu’on laisse chaque jour, chez Shell, Ultramar, Esso et les autres.

30 millions qui servent à acheter le pétrole qu’on importe d’Algérie, de l’Angola, de Terre-Neuve, de la mer du Nord…

30 millions qui sortent du Québec à chaque jour et qu’on n’a pas pour investir ici, créer de la richesse ici, créer des emplois ici; de l’argent qu’on n’a pas pour financer nos universités et nos programmes sociaux, par exemple.

30 millions, c’est le quart des frais de scolarité et des frais d’admission que vous, les étudiants, payez à l’Université de Montréal en une année.

Plus d’argent sort du Québec en 4 jours pour acheter le pétrole que tout l’argent que vous payez en frais de scolarité et d’admission en une année.

Bref, notre dépendance au pétrole nous appauvrit.

Faut trouver une façon de s’en libérer.

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Notre gros défi au Québec, c’est le secteur des transports.

Les transports utilisent 73% de tout le pétrole consommé au Québec et produisent 44% des gaz à effet de serre.

C’est énorme.

Mais les solutions existent.

En ville, tout commence par des transports en commun confortables, accessibles, efficaces.

À Montréal, le moyen le plus efficace, c’est le métro.

Il y a des projets de prolongement de la ligne bleue, de la ligne jaune et de la ligne orange.

Il faut aller de l’avant.

Il faut continuer à développer notre réseau de transport par trains de banlieue.

Il nous faut un système de train léger sur rail sur le nouveau pont Champlain.

Et il faudra bien, un jour ou l’autre, aller de l’avant avec un système de transport par rail moderne, rapide et confortable dans le corridor Québec / Montréal, car nos transports en commun doivent nous permettre de nous déplacer entre les régions.

Et il faut savoir ceci : en 2012, seulement 20% des investissements en transport du gouvernement québécois allaient en transport en commun, et 80% allaient dans les routes.

Sous le gouvernement du Parti québécois, le ministre des Transports Sylvain Gaudreault a réussi le tour de force de faire passer à près de 30% le financement des transports en commun, d’ici 2020.

Il faut garder le cap et continuer d’augmenter la part du transport collectif.

D’autant plus que ça crée des emplois chez nous, pour notre monde.

Parce qu’investir dans nos transports collectifs, ça signifie miser sur des entreprises d’ici, qui fabriquent déjà des trains, des métros, des autobus.

Je pense aux travailleurs de Bombardier à La Pocatière, aux travailleurs de Novabus à St-Eustache, aux travailleurs de Prévost Car à Ste-Claire de Bellechasse et à plein d’autres entreprises québécoises qui fournissent des milliers d’emplois de qualité, des emplois d’avenir.

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Évidemment, là, il faut aller encore plus loin.

Il faut électrifier nos transports collectifs.

C’est déjà en marche avec les autobus, qui sont de plus en plus hybrides-électriques.

L’objectif de la Société de Transports de Montréal est d’acquérir seulement des autobus électriques à partir de 2025.

Un prototype d’autobus scolaire électrique est présentement développé à St-Jérôme par l’entreprise Autobus Lyon.

Il sera équipé du moteur électrique de l’entreprise québécoise TM4 et devrait transporter ses premiers élèves dès 2015.

Le gouvernement du Québec et les villes doivent donner l’exemple en convertissant progressivement leur flotte de véhicules à essence en véhicules électriques.

Les grandes entreprises devraient aussi convertir leur flotte de l’essence à l’électrique.

J’aurais envie d’ajouter le gouvernement fédéral, mais je l’ai dit au début : pas de bullshit

Alors oui, on va convertir la flotte de véhicules du gouvernement fédéral sur le territoire québécois, on va pouvoir le faire quand on sera un pays indépendant !

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Mais ceux qu’il faut vraiment mettre dans le coup, ce sont les Québécois eux-mêmes, eux qui ont tout intérêt à se libérer des pétrolières.

Comme conducteurs, on court après le litre d’essence le moins cher, et on rage lorsqu’arrivent les longs congés de 3 jours, parce que, soudainement, le prix à la pompe se met à monter partout en même temps…

On rage parce qu’on n’a pas vraiment le choix.

Surtout si on n’a pas accès à des services de transport en commun là où on habite.

Alors là, comme travailleurs, parents, étudiants, on se sent carrément pris en otage.

La semaine passée, on apprenait par une étude que les familles québécoises dépensent maintenant plus pour leur transport que pour leur nourriture…

Et tout ça au profit des pétrolières dont aucune n’est Québécoise !!

Il faut donner aux Québécois un autre choix que ce pétrole qui les appauvrit. Qui nous appauvrit.

Vous allez me dire que c’est l’évidence mais il faut le dire tout haut : une voiture partiellement ou 100% électrique permet de ne plus payer (ou de payer beaucoup moins) d’essence à la station-service.

Y’a encore des problèmes avec la voiture électrique : ça prend des batteries qui nous donnent plus d’autonomie, surtout pour ceux qui font beaucoup de route.

Mais la plupart de nos déplacements sont sur de courtes distances.

Selon une étude d’Hydro-Québec, 80% des gens parcourent moins de 60 km/jour.

Y’est pas rare de voir deux, sinon trois voitures stationnées devant la même maison.

On pourrait facilement imaginer une transition qui nous amène d’abord à remplacer l’une des deux voitures à essence par une voiture électrique ou hybride rechargeable.

Daniel Breton, l’ex député/ministre devenu chroniqueur, commençait récemment sa chronique par ces mots : «Il y a maintenant 6 mois que je n’ai pas fait le plein d’essence de ma voiture, une Chevrolet Volt ». Tu lis ça, puis ça frappe.

Il raconte qu’il vit en Montérégie, qu’il se déplace à Montréal et à Laval avec sa voiture électrique, des déplacements de 120 à 175 km aller-retour.

Au mois d’août, Daniel Breton a parcouru plus de 2500 km avec… 1,8 litre d’essence. Facture 2.10$ !!!

C’est assez extraordinaire.

Quand tu lis ça, tu te dis, «la voiture électrique, c’est pas juste écologique, c’est économique.»

C’est payant pour le travailleur, l’étudiant, la famille de la classe moyenne.

C’est pour eux qu’on fait de la politique.

C’est entre 1000$ et 4000$ par année qu’on peut économiser avec une voiture électrique.

Ça, c’est l’essence qu’on n’achète plus, les changements d’huile qu’on ne fait plus, et les pièces qu’on ne paye plus.

1000$ à 4000$ par année, c’est pas mal d’argent.

C’est pas mal mieux que la baisse d’impôt de 1000$ sur 4 ans que promettait la CAQ aux dernières élections !!

Bref, ce que je suis en train de vous dire, c’est que ça prend un État qui va soutenir le marché de l’auto électrique abordable pour les familles et pour les personnes.

Ça appelle un changement des mentalités qui appelle à son tour un nouveau leadership politique.

Chose certaine, ça passe par une éco-fiscalité intelligente qui va conjuguer l’objectif d’électrification et celui des besoins des personnes, des familles, ET des régions qui ont une réalité des transports et des distances qui est différente de celle de Montréal ou de Québec par exemple.

Encore faut-il que vous puissiez en acheter une voiture électrique.

Actuellement, vous vous présentez chez un concessionnaire de voiture, et y’a fort à parier que vous ne puissiez pas essayer une voiture complètement électrique.

Et si vous décidez d’en acheter une quand même, vous risquez d’attendre longtemps avant de l’avoir.

Pourquoi ? Parce que la Californie, New-York, le New-Jersey, le Maryland et le Vermont ont mis en place une loi Zéro Émission qui impose un quota de voitures électriques et rechargeables chez les concessionnaires de ces États.

Ça a pour effet de concentrer l’offre de voitures électriques, leur disponibilité, dans ces États américains.

Solution : le Québec doit se donner une loi Zéro Émission qui va augmenter l’offre de voitures électriques chez nos concessionnaires.

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Il faut également penser recherche, innovation, afin de produire ici des composantes des voitures électriques. On fabrique déjà chez TM4, une filière d’Hydro-Québec, un des moteurs électriques les plus performants au monde.

On a Bathium, à Boucherville, qui fabrique des batteries pour véhicules électriques.

Et on a beaucoup d’entreprises qui ont elles aussi une expertise et qui sont prêtes à contribuer.

Électrifier nos transports, c’est se donner une économie du 21e siècle, une économie de notre siècle.

L’économie dans laquelle vous allez travailler, vous réaliser, gagner votre vie et celle, un jour, de votre famille.

Le fabriquant d’automobile Tesla a décidé récemment de partager ses brevets sur la voiture électrique en «open source » pour favoriser la recherche et le développement.

On n’est plus dans l’économie du futur.

On est dans l’économie du maintenant.

Je suis convaincu qu’à côté d’ici, à Polytechnique, et dans toutes nos universités, y’a des étudiants et des chercheurs qui ne demandent pas mieux que de travailler sur l’électrification des transport et qui le font sans doute déjà.

On peut décider, tout le monde ensemble, de faire du Québec une terre de choix pour tous ceux qui veulent bâtir la première économie verte des Amériques.

On peut décider que le Québec va devenir un pôle d’attraction pour les meilleurs talents au monde.

Et, à terme, on va développer ici au Québec des technologies, des matériaux, un savoir-faire, une intelligence qu’on va exporter partout dans le monde.

Exporter notre intelligence économique plutôt que d’importer du pétrole.

On a réussi à être les meilleurs au monde dans les domaines de l’hydroélectricité, du génie, de l’aérospatiale, du jeu vidéo.

On est capables d’être les premiers en Amérique à se libérer du pétrole.

On est capables !

Il n’en tient qu’à nous.

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Une fois qu’on a dit ça, il faut ajouter ceci : ça va prendre un certain temps pour nous libérer du pétrole.

Ça n’arrivera pas du jour au lendemain.

Et je ne parle pas seulement des carburants. Je parle aussi des plastiques, des fertilisants, des textiles et j’en passe.

Évidemment, ça pose la question du potentiel pétrolier du Québec, notamment sur l’île d’Anticosti.

Pour le moment, cette question demeure très hypothétique.

On ne le sait pas si le pétrole qui se trouve au Québec peut être exploité.

Mais d’ores et déjà, la question de la cohérence est posée : comment peut-on à la fois réduire notre dépendance au pétrole et accepter d’en produire, éventuellement, au Québec ?

Franchement, c’est une question qui me travaille depuis longtemps.

Pendant la période de transition, on va continuer à utiliser du pétrole pendant encore des années.

Je me dis : dans ces conditions-là, aussi bien le produire nous-mêmes, en impliquant directement l’État comme partenaire et actionnaire afin de s’assurer que la majorité des bénéfices reviennent aux Québécois, et pour s’assurer aussi que l’État impose les contrôles et les normes environnementales les plus sévères qui soit.

Il faut d’ores et déjà se dire que, s’il est impossible d’exploiter notre hypothétique pétrole d’une façon responsable et sécuritaire pour nos communautés et nos milieux naturels, nous ne le ferons pas.

Et, pour être bien certain qu’on ne dévie pas de notre route de se libérer du pétrole, je fais une proposition : la moitié des recettes que le gouvernement du Québec obtiendra d’une éventuelle exploitation pétrolière devra être mise de côté, et investie pour les générations future.

Un peu comme le fait la Norvège en déposant les recettes de son pétrole dans un fonds souverain, sorte de fonds des générations.

L’autre moitié des recettes devrait être investie pour transformer notre économie en économie verte.

Je propose qu’on utilise les éventuelles recettes pour financer notre transition énergétique.

Autrement dit : prendre l’argent du pétrole pour réduire notre dépendance au pétrole. Utiliser le pétrole contre le pétrole, c’est ça que je propose!

Utiliser l’argent pour :

  • augmenter les investissements en transport en commun
  • augmenter le nombre de bornes à recharge rapide
  • garder accessibles les tarifs de transport en commun
  • mettre en place des mesures incitatives au covoiturage
  • augmenter le rabais à l’achat de voitures peu polluantes, hybrides et électriques
  • ou encore subventionner les innovations en technologies vertes !

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Bien entendu, être la première économie verte en Amérique, c’est pas juste de mettre fin à la dépendance au pétrole.

Va falloir réduire notre empreinte écologique.

Avoir en tête que les déchets des uns peuvent être les matières premières des autres par exemple.

Va falloir protéger notre eau aussi.

S’assurer aussi de recevoir notre dû quand des multinationales embouteillent et exportent notre eau.

Reste que, réduire notre consommation de pétrole, c’est un gros morceau de cette démarche.

C’est la clé pour la lutte contre les changements climatiques.

C’est la clé pour réduire notre déficit commercial.

C’est la clé pour réduire la pollution atmosphérique et les problèmes de santé qui viennent avec.

C’est la clé d’un projet de société qui va nous enrichir, un projet de société emballant, un projet de société qui va nous rendre fiers.

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Notre campagne s’appelle « Votre Voix ».

Dans cette campagne, je veux être la voix de ceux et celles qui veulent que le Québec devienne la 1re économie sans pétrole, la 1re économie verte des Amériques.

Comme candidat, je propose que le prochain gouvernement du Parti Québécois lance ce chantier, qu’il en fasse une priorité globale et nationale.

Je propose des pistes, mais, disons-le, c’est un immense chantier qui occupera plusieurs générations.

Il nous faudra inventer de nouvelles technologies, innover dans nos façons de faire, dans l’urbanisme, le design, l’énergie.

Les bonnes idées peuvent venir de partout, doivent venir de partout.

La semaine dernière, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec a publié une étude à ce sujet.

Équiterre planche là-dessus aussi depuis plusieurs années.

Des pays comme la Suède, la Norvège et le Danemark se sont donné des plans pour réduire leur dépendance au pétrole.

Ils donnent l’exemple.

Ce sont des modèles à l’échelle internationale.

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On peut faire un bon bout comme province, mais on va vite atteindre nos limites parce qu’être une province, c’est avoir une main attachée dans le dos.

Les changements climatiques, c’est le défi de notre siècle.

Mais là, on va se le dire : le Canada va dans la direction complètement opposée.

Ce Canada qui a une politique étrangère PÉTROLIÈRE, ce Canada qui s’est retiré de Kyoto (le seul État dans le monde à l’avoir fait…), ce Canada qui est une sorte d’État délinquant sur la scène internationale, c’est pas le Québec ça.

Ce Canada, ce n’est pas mon pays, il ne parle pas pour moi !

Le Québec du 21e siècle, notre Québec, ça va être quoi?

Bien ça va être ce qu’on va décider d’en faire.

Ça va être celui qu’on va décider de se donner.

L’avenir nous appartient.

Est-ce qu’on va choisir de rester une province, à la remorque du gouvernement canadien, une province incapable de parler de sa propre voix dans le monde?

Une province où les Québécois continuent d’enrichir les compagnies pétrolières?

Une province qui se fait imposer des pipelines, des superpétroliers sur son fleuve, pour exporter le pétrole de l’Ouest?

Une province représentée sur la scène internationale par un pays qui nous fait honte?

C’est pas ça qu’on veut…C’est pas nous ça.

Il nous faut plutôt prendre le chemin du nationalisme environnemental, de la souveraineté verte.

Moi je rêve d’un pays qui contribue à relever les défis de notre temps, qui fait sa part dans le monde.

Je rêve de notre indépendance: c’est le moyen que notre peuple doit se donner pour être pleinement maîtres chez nous et rivaliser mondialement, avec les meilleurs.

C’est ça le choix qu’on a devant nous : province ou pays.

Demeurer une province rattachée à un pays qui va dans le sens opposé à nos intérêts, à nos aspirations.

Ou devenir un pays indépendant, libre de ses choix et capable de devenir un chef de file mondial.

C’est mon choix.

C’est le projet que je vous propose.

C’est la société que j’ai le goût de construire avec vous.

Si vous embarquez, je m’engage à ce que la somme de vos volontés individuelles, cette voix collective qui deviendra la vôtre, se traduise dans une volonté politique claire.

Faire du Québec la première économie verte des Amériques.

Je veux être votre voix pour porter ce projet-là !

Merci tout le monde.

Bernard Drainville
Université de Montréal, 5 novembre 2014

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