Soutenons le peuple haïtien!
Québec doit mettre en place un programme d'urgence
La catastrophe humanitaire sans précédent que subit Haïti depuis le terrible tremblement de terre qui est survenu il y a plus d’une semaine dans ce pays exige que des mesures exceptionnelles et urgentes soient prises en matière d’accueil et d’immigration pour les victimes du séisme »,...
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L’avenir
du Québec
Lettre à Lucien Bouchard
Il m’apparaît important de réagir aux propos que vous avez tenus mardi dernier. D’emblée, je tiens à souligner que je vous considère comme une des grandes figures souverainistes de notre histoire. Non seulement avez-vous été un grand chef, mais vous avez aussi été une figure inspirante pour le mouvement, l’une de celles qui ont le plus contribué à...
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Industrie aérospatiale
Soyons fiers de notre industrie aérospatiale!
À l’époque, dans mon Île Dupas natale, on considérait généralement qu’il y avait deux façons de bien gagner sa vie : l’agriculture ou le travail en usine. Si j’avais eu à choisir entre ces deux options, j’aurais probablement opté pour la première. Normal, j’ai été élevé sur une ferme par une famille d’agriculteurs....
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19.02.10 / La Une, Souveraineté, indépendance du Québec / Commentaires: (0)
M. Bouchard. Il m’apparaît important de réagir aux propos que vous avez tenus mardi dernier. D’emblée, je tiens à souligner que je vous considère comme une des grandes figures de la souveraineté de notre histoire. Non seulement avez-vous été un grand chef, mais vous avez aussi été une figure inspirante pour le mouvement souverainiste, l’une de celles qui ont le plus contribué à notre quasi-victoire de 1995.
En revanche, si je prends la plume, c’est pour exprimer mon profond désaccord avec votre sortie. Sur une note personnelle, vos déclarations m’ont attristé, car elles heurtent la motivation profonde qui m’a fait faire le saut en politique il y a trois ans, c’est-à-dire la cause de l‘indépendance du Québec. Aujourd’hui, c’est comme si vous me disiez que j’ai fait le mauvais choix en abandonnant mon ancienne carrière pour me consacrer à la politique. Si j’acceptais les arguments que vous énoncez, j’accepterais aussi que la cause pour laquelle nous nous battons soit une cause perdue. Un peu comme si vous nous disiez, à moi et à tous les (nombreux) députés et militants qui ont adhéré à notre parti depuis la défaite de 2007: «Vous perdez votre temps, allez mettre votre énergie ailleurs!»
Mais laissons de côté les émotions. L’essentiel, c’est la cause. C’est d’ailleurs à nous, membres de la grande famille souverainiste québécoise, de continuer à porter le flambeau de l’indépendance plutôt que de céder au découragement et à la fatigue, comme vous l’avez fait mardi. L’indépendance politique n’est pas la solution magique à tous nos problèmes, mais elle nous donnerait, à coup sûr, plus de moyens pour les résoudre. Trois exemples me viennent en tête.
Environnement
D’abord, l’environnement. Nous avons le devoir de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Cela passe nécessairement par une réduction de notre dépendance au pétrole. Dépendance au pétrole étranger, qui nous coûte d’ailleurs 18 milliards par année. Or, le gouvernement fédéral vise exactement le contraire: il veut accroître la part du pétrole dans notre économie.
Alors que la défense de l’environnement est en passe de devenir une valeur universelle, le Canada de Stephen Harper n’en a cure. Sur ce front, l’indépendance ferait de nous des meneurs, alors que le statu quo constitutionnel fait de nous des parias sur la scène internationale et en ce qui concerne nos engagements de Kyoto, des pollueurs sans vergogne.
Assurance-emploi
Autre exemple: l’assurance-emploi, dossier d’une importance capitale en ce contexte de crise économique. Nous avons un urgent besoin d’aider les travailleurs mis à pied pour les préparer aux emplois de l’avenir. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir une stratégie cohérente. Or actuellement, l’assurance-emploi est à Ottawa, alors que la formation de la main-d’oeuvre est à Québec. Cette situation est coûteuse et contre-productive.
Ces deux enjeux sont si intimement liés qu’aucune stratégie crédible visant le plein emploi et la protection des chômeurs ne saurait en faire abstraction. Encore une fois, le statu quo exerce une pression à la baisse sur les ambitions québécoises. L’indépendance nous permettrait de confier à un État unique la responsabilité d’arrimer assurance-emploi et formation continue. À l’heure de la mondialisation et de la course à la productivité que celle-ci nous impose, une telle stratégie devient un impératif national. Sans parler de la lutte contre le décrochage scolaire, qui pourrait en bénéficier grandement…
Immigration
Mon troisième exemple est celui de l’immigration, dossier au sujet duquel vous taxez mon parti, le parti de René Lévesque, d’intolérance. René Lévesque qui, je le rappelle, était un fervent défenseur des droits et de la dignité de la personne. Mais qui était aussi très conscient de la fragilité identitaire de son peuple. Ce fut d’ailleurs ce qui l’a principalement motivé à adopter la loi 101. Ai-je besoin de vous rappeler que de 1976 à aujourd’hui, notre poids démographique, en tant que francophones, a constamment diminué en Amérique du Nord?
Dois-je aussi souligner qu’en 1976, le Québec n’était pas assujetti à une Constitution qui impose l’idéologie du multiculturalisme, selon laquelle la culture québécoise n’est qu’une culture parmi tant d’autres au Canada? Vous en conviendrez; si René Lévesque avait des raisons de s’inquiéter pour notre identité en 1976, il en aurait certainement encore plus aujourd’hui.
Concrètement, dans les 10 prochaines années, le Québec accueillera plus de 50 000 nouveaux arrivants par année. Nous avons besoin de leurs compétences et de leur savoir-faire, surtout à l’heure où des pénuries de main-d’oeuvre se profilent dans certains domaines. Par contre, ces derniers doivent s’intégrer à la société québécoise. Est-ce si radical que de penser que la majorité francophone n’a pas à s’effacer devant ceux qui viennent la rejoindre pour vivre avec elle? Est-ce faire preuve d’intolérance que de vouloir partager nos valeurs communes, notamment la langue française et l’égalité entre les sexes? Je ne crois pas; c’est au contraire une position humaniste et même progressiste qui vise à mieux accueillir ceux et celles qui veulent bâtir le Québec de demain avec nous. L’indépendance nous permettrait de rapatrier les outils en matière de langue, de culture, de communications ou d’immigration, nécessaires à une meilleure intégration des nouveaux Québécois.
Poursuivre le combat
Je pourrais poursuivre avec d’autres exemples sur les gains d’efficience et de productivité, la fin des chevauchements, la mise en place d’une déclaration de revenus unique ou d’une stratégie visant l’indépendance énergétique, qui sont liés d’une façon ou d’une autre à une plus grande souveraineté politique pour le Québec. Mais l’essentiel est là. Le choix que j’ai fait il y a trois ans, avec la nouvelle génération de souverainistes, c’est de poursuivre le combat. Et ce n’est pas parce que le combat peut sembler difficile par moments qu’on doit y renoncer. Le PQ doit continuer à porter cette aspiration sans relâche pour que sa cause devienne celle de tous les Québécois. Ce sera à eux, le cas échéant, de décider de la vitesse à laquelle l’indépendance du Québec doit se réaliser.
Nous, souverainistes, avons le devoir de rester fidèles à ce que nous sommes, à ce que le mouvement a été depuis ses débuts et à nos 400 ans d’histoire en tant que peuple. Il n’y a qu’avec l’indépendance du Québec et sa souveraineté que nous pouvons assurer notre pérennité, notre pleine liberté et notre pleine responsabilité.
M. Bouchard, vous nous avez fait faire un bout de chemin et nous vous en sommes reconnaissants. Maintenant, c’est à nous de terminer la course. À moi, à mes camarades du mouvement souverainiste et à Pauline Marois. Jusqu’au jour où le Québec deviendra indépendant.
Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin pour le Parti québécois
23.11.09 / La Une, Souveraineté / Commentaires: (2)
Hier, à la clôture du Conseil national du Parti Québécois, j’étais particulièrement heureux de constater à quel point nos militants, notre caucus et notre chef étaient unis dans leur volonté d’affirmer notre identité nationale, notre langue et les valeurs que nous partageons. J’y ai aussi apprécié le ton serein des discussions dans lesquelles nous avons réaffirmé ce que nous sommes en tant que parti politique et ce pourquoi nous voulons l’indépendance du Québec.
Pour ma part, j’ai participé à l’atelier III sur l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes. Dans la lignée de ce qu’a dit Mme Marois dans son discours de clôture, « s’affirmer, c’est s’ouvrir aux autres sans renier qui nous sommes », j’ai fait une proposition : que le Québec instaure un nouveau contrat social entre les nouveaux Québécois et leur société d’accueil. À quoi ça pourrait ressembler ? Le nouvel arrivant devrait s’engager à accepter nos valeurs fondamentales : égalité hommes-femmes, laïcité de l’État et prédominance du français. En échange, le gouvernement du Québec devrait s’engager à l’intégrer dans notre nation. Par la culture et la langue d’abord, en lui fournissant les ressources nécessaires à une pleine maîtrise du français. Mais en misant aussi sur une intégration économique, en l’accompagnant pour qu’il puisse se joindre au marché du travail.
Sur ce point, il faut se rappeler que les nouveaux Québécois sont, avant de se joindre à nous, sélectionnés en fonction de leurs compétences. La difficulté que vivent bon nombre d’entre eux dans leur recherche d’emploi est donc tributaire d’une réticence du marché du travail québécois à reconnaître leurs capacités, leur expérience et souvent, aussi, leurs diplômes. Le gouvernement du Québec a les moyens d’agir sur ce plan ; c’est sa partie du contrat. Par exemple, cela devrait se traduire par une approche plus directive avec les différents ordres professionnels afin qu’ils soient plus souples, plus compréhensifs à l’égard de la réalité vécue par les nouveaux Québécois.
Ce nouveau contrat social aurait l’avantage de satisfaire bien des Québécois en faisant d’une pierre trois coups. D’abord, en assurant la prédominance du français comme langue nationale et langue commune. Ensuite, en fournissant de bons emplois à ceux et celles qui veulent se joindre à nous et nous faire profiter de leurs compétences. Et, finalement, en jetant les bases d’une société où les barrières entre néo et anciens Québécois s’effaceraient au profit d’une volonté commune de vivre ensemble. Bref, une nation unie par sa culture et sa langue, à l’opposé des ghettos ethniques résultant du multiculturalisme canadien. Ce faisant, nous devrons talonner le gouvernement fédéral pour rapatrier les pleins pouvoirs en matière d’immigration, incluant au niveau du parrainage et de l’accès au statut de réfugié. Nous aurons besoin de tous les instruments pour mettre ce nouveau contrat social en œuvre!
Cette semaine, notre aile parlementaire fera un autre pas dans cette direction en déposant un projet de loi qui affirme ce sur quoi la nation québécoise n’entend pas négocier : la prédominance du français, la laïcité du gouvernement et des institutions publiques ainsi que l’égalité entre hommes et femmes. Les Québécois veulent voir leurs élus défendre leur identité nationale. C’est ce que le PQ entend faire.
27.02.09 / La Une, Le blogue, Souveraineté / Commentaires: (1)
Longueuil, 27 février 2009 - Je reproduis ici le commentaire que l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, a publié sur mon blogue suite au billet intitulé « Aux limites de la sottise » :
« Bernard,
Dans ton blogue, tu m’accuses de faire preuve de mépris à l’égard des Québécois et des souverainistes. Je te défie de trouver une phrase de ma part, depuis les huit ans que je suis éditorialiste, où j’affiche du mépris pour le peuple québécois ou pour les indépendantistes. Tu devrais le savoir par nos discussions passées, j’ai un grand respect pour les souverainistes, notamment pour toi. Je suis aussi profondément québécois; je suis fier de ce que nous avons réussi au cours des ans.
Cependant, est-il permis de diverger d’opinion avec ton parti sans se faire accuser de mépriser les Québécois et d’être un «allié objectif» du Canada anglais?
Tu prends comme une marque de mépris mes propos sur la mauvaise gestion, par le gouvernement du Québec, des systèmes d’éducation et de santé. «Si nous comprenons bien M. Pratte, les Québécois seraient de trop piètres gestionnaires pour être maîtres de leurs affaires. Vaudrait mieux laisser le Canada anglais le faire à leur place. Cet argument est particulièrement fallacieux, avec une pointe de mépris envers tous les Québécois, souverainistes et fédéralistes confondus.»
Ce n’est pas du tout ce que je dis. Je souligne simplement que la gestion entière de quelque chose par le gouvernement du Québec ne garantit pas la qualité, comme tu le sais particulièrement bien étant critique de ton parti dans le domaine de la santé. Alors quand vous prétendez que tout irait mieux si le gouvernement du Québec avait l’entière responsabilité du domaine économique, je crois que la preuve est impossible à faire. D’autant plus que dans l’association que vous proposez avec le reste du Canada (à moins que vous ayez abandonné cette idée), la politique monétaire resterait contrôlée par le Canada, puisque nous garderions le dollar canadien comme monnaie.
Quoi qu’il en soit, il me semble que ce débat pourrait se poursuivre sans qu’on tombe dans les accusations personnelles et les procès d’intention. Si la politique ne t’a pas encore trop changé… »
Que les choses soient claires, André. J’ai beaucoup de respect pour ce tu fais. Le fait que nous ayons des désaccords ne change rien à l’estime que j’ai pour toi, estime que nous avons développée l’un pour l’autre, au fil des ans, par des échanges en ondes et hors d’ondes.
Mais si j’ai pris la plume pour répliquer à ton éditorial, c’est que j’ai jugé que tu étais allé trop loin. Prenons le titre de ton éditorial, d’abord : « Une insulte à l’intelligence ». Le ton est donné. Ton argument central, c’est que le PQ prend les Québécois pour des imbéciles. Drôle de façon d’engager un dialogue!
Sache que lorsque tu attaques ainsi mon parti et le mouvement souverainiste, tu attaques de front ses militants, moi le premier. Tu prétends que nous avons déclaré que « TOUT (sic) irait mieux si le gouvernement du Québec avait l’entière responsabilité du domaine économique ». Ici, c’est toi qui fait insulte à notre intelligence. Personne au PQ n’a jamais prétendu que TOUT (re-sic) irait pour le mieux dans le meilleur des mondes et que les crises financières internationales n’affecteraient pas un Québec indépendant ! Je te défie à mon tour : où as-tu lu ou entendu qu’un Québec indépendant constituerait la « recette MAGIQUE » pour surmonter la crise économique actuelle ?
Ce qui changerait, par contre, c’est qu’un Québec indépendant disposerait de tous les leviers pour s’attaquer au problème. Le fait d’être pleinement responsables de nos actions favoriserait la performance, le dépassement de nous-mêmes et l’atteinte des résultats. La pleine responsabilité, c’est le meilleur moyen de pousser l’individu ou sa société à faire plus. À faire mieux.
Sur la santé et l’éducation non plus nous n’avons jamais prétendu que l’indépendance réglerait tous les problèmes « demain matin ». Mais les difficultés que nous vivons dans ces domaines ne sauraient être un argument suffisant pour laisser une partie de nos affaires entre les mains d’une autre nation. Au contraire. Si nous sommes souverainistes, c’est parce que nous faisons suffisamment confiance aux Québécois pour penser qu’ensemble, avec tous les moyens, nous réussirions à mieux faire les choses. À mieux mettre en branle le génie québécois dans toute sa compétence avec une approche plus intégrée, plus cohérente, et qui nous ressemble davantage.
Car c’est d’abord et avant tout un argument en faveur de la liberté et de la responsabilité qui a été présenté par Pauline Marois lors du dernier Conseil national sur la crise économique à Québec. En effet, il en va des nations comme des individus ; il vaut toujours mieux assumer pleinement ses responsabilités et contrôler le plus possible sa propre destinée. C’est parce que je crois à l’indépendance individuelle que je crois à l’indépendance politique. En tant que personnes, nous visons la plus grande maîtrise possible de notre existence, de notre destin. Ce que je souhaite pour chaque Québécois, je le souhaite aussi pour la nation à laquelle il appartient. Nous, Québécois, devons être en mesure de prendre l’ensemble des décisions qui concernent son avenir. Voilà pourquoi il nous faut l’indépendance.
En espérant que nous puissions continuer ce dialogue dans le futur. À la prochaine. Bernard.
P.S. André, il y a un moment déjà que nous n’avons pas eu l’occasion de prendre un bon repas pour discuter. Écris-moi si l’offre t’intéresse.
*5 mars 2009 : j’ajoute ici un courriel que m’a fait parvenir André Pratte en réponse à mon dernier commentaire. Par souci d’équité et de transparence, je le copie intégralement ci-bas :
Cher Bernard,
Permets-moi de relever deux ou trois des questions que tu abordes dans ton dernier mot. Tu dis : «Quand tu attaques mon parti et le mouvement souverainiste…». Attaquer ? Nous sommes dans un débat d’idées, il me semble. Critiquer des idées, en politique, ce n’est pas attaquer. C’est faire le débat.
Sur le fond de la question, tu affirmes qu’un Québec indépendant «disposerait de tous les leviers pour s’attaquer» à la crise économique. Cela n’est pas exact. Selon ce que le Parti québécois a (presque) toujours dit, un Québec souverain serait lié au reste du Canada par une association économique (libre échange, libre circulation des capitaux et des personnes) et conserverait le dollar canadien comme devise. Cela signifie que la marge de manœuvre du nouveau pays serait contrainte par les termes de cette association. La politique monétaire, elle, lui échapperait complètement. Je te renvoie au livre que vient de publier Mario Polèse, qui a étudié ces questions pour le gouvernement Lévesque dans le temps : «Le Québec (souverain) ne disposerait pas de nouveaux outils – je parle d’outils significatifs – de gestion économique de son territoire.»
«Si le Québec était souverain, nous disposerions de tous nos impôts», disait l’autre jour Mme Marois. Bien sûr. Mais à quoi servirait d’avoir tous nos impôts si cela nous privait de sommes importantes ? Tu vas me parler du «budget Legault», mais celui-ci est tout sauf convaincant. D’autant plus que, depuis sa publication, les transferts fédéraux aux provinces ont beaucoup augmenté. D’ailleurs, M. Legault ne devait-il pas publier une mise à jour ?
«Le fait d’être pleinement responsables de nos actions favoriserait la performance, le dépassement de nous-mêmes et l’atteinte des résultats», écris-tu. Je veux bien. C’est pour ça que je te parlais des systèmes de santé et d’éducation, où le gouvernement du Québec est déjà «pleinement responsable de ses actions». Les résultats sont loin d’être concluants. Ça ne veut pas dire que les Québécois sont moins capables que d’autres ; les systèmes de santé des autres provinces, comme ceux de bien d’autres pays, sont minés par les mêmes problèmes que les nôtres. Ça démontre toutefois, à mon avis, que ce n’est pas parce que le gouvernement du Québec a le contrôle total de quelque chose que les choses vont mieux. Je ne vois pas pourquoi il en irait différemment de la gestion de notre économie.
André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse
26.02.09 / La Une, Le blogue, Souveraineté / Commentaires: (9)
Longueuil, 26 février 2009 - En politique, quand vos adversaires se déchainent contre vous, bien souvent cela signifie que vous êtes sur la bonne voie. En effet, après que le Bloc eût raflé les deux tiers des sièges québécois à Ottawa et le retour du Parti Québécois à l’opposition officielle à Québec, on le sent, le momentum est de retour du côté du mouvement souverainiste. C’est d’autant plus vrai après la bourde monumentale de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) et la victoire souverainiste subséquente. Tout cela inquiète beaucoup nos adversaires fédéralistes au Québec et au Canada, qui se sont donné le mot pour nous attaquer en ce début de semaine. Détaillons.
La première salve a été lancée par l’éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, lundi dernier. Dans un papier intitulé « Une insulte à l’intelligence », M. Pratte attaque les propos tenus par Pauline Marois lors du dernier Conseil national du Parti Québécois à Québec. Il lui reproche d’avoir osé dire qu’un Québec indépendant aurait plus d’outils à sa disposition pour s’attaquer à la crise économique. Et pourtant, c’est l’évidence même. M. Pratte le sait très bien ; une part importante des décisions économiques et fiscales qui touchent l’économie québécoise se prend à Ottawa, en notre nom, par une autre nation.
Contrairement aux propos de l’éditorialiste, notre chef n’a jamais prétendu que l’indépendance règlerait tout. Ou encore qu’elle nous dispenserait de la crise économique. L’essentiel de l’argumentaire de Mme Marois revenait à dire, simplement, qu’un Québec indépendant aurait en main tous les outils pour prendre ses propres décisions – économiques, fiscales, sociales et autres. Bien sûr, cela ne garantirait pas un retour à la croissance « demain matin ». Mais nous pourrions au moins faire nos propres choix, selon nos intérêts, nos aspirations, nos valeurs, et avec les conséquences qui en résulteraient – les bonnes comme les mauvaises, avec nous comme seuls responsables. Plus possible alors de blâmer l’autre pour nos défaites ou pour nos impasses. C’est sur nous que reposerait le fardeau de trouver la solution. Le Québec aurait alors la liberté de pouvoir se reprendre et de pouvoir dire : «Nous, Québécois, avons réussi. Et rien ni personne ne peut remettre en question notre RESPONSABILITÉ COLLECTIVE dans cette victoire. »
Non content de déformer nos propos (qui peut croire que nous ayons déclaré qu’un Québec indépendant échapperait à la crise ?), André Pratte pousse le bouchon un peu plus loin et affirme : « Le gouvernement d’un Québec séparé réussirait-il mieux que celui de la province du Québec en matière économique ? Voyons ce qu’ont fait les politiciens et fonctionnaires provinciaux dans deux secteurs névralgiques où le Québec est seul maître à bord, la santé et l’éducation… » Fin de citation. Donc, si nous comprenons bien M. Pratte, les Québécois seraient de trop piètres gestionnaires pour être maîtres de leurs affaires. Vaudrait mieux laisser le Canada anglais le faire à leur place. Cet argument est particulièrement fallacieux, avec une pointe de mépris envers tous les Québécois, souverainistes et fédéralistes confondus.
Elle serait venue du National Post, cette affirmation n’aurait sans doute surpris personne. Mais qu’elle vienne d’un journal québécois, francophone, soit-il ardemment fédéraliste, cela dépasse l’entendement.
Après avoir ainsi déversé son mépris sur les Québécois en général et les indépendantistes en particulier, ce n’était qu’une question de temps avant que M. Pratte ne reçoive des félicitations du Canada anglais. À peine 12 heures plus tard, Graeme Hamilton, du National Post, louangeait André Pratte et fustigeait les méchants « séparatisses » qui avaient osé dire qu’un Québec indépendant serait pleinement responsable de son sort, car il pourrait prendre ses propres décisions économiques et fiscales lors d’une crise économique.
Contrairement aux allégations de M. Hamilton, Pauline Marois n’a jamais prétendu que l’indépendance sortirait par magie le Québec de la crise économique. Plutôt que de faire une vérification rigoureuse des faits, M. Hamilton se sera contenté de lire le papier d’André Pratte, dont il a traduit l’essentiel des propos. Il conclut d’ailleurs sur une version améliorée du bon vieil argument des ultra-fédéralistes : les Québécois sont incapables de gérer leurs propres affaires, la tutelle d’une nation étrangère est la seule voie vers le bonheur et la prospérité.
Comme si ce n’était pas suffisant, l’équipe éditoriale du National Post en a rajouté une couche dans un papier intitulé « Tell Quebec where to get off » (Dites au Québec où descendre). Je vous résume l’essentiel du propos : les Québécois sont des « chialeux » qui se plaignent le ventre plein. Le Canada devrait donc se tenir debout devant eux et leur couper les transferts fédéraux, diminuer les investissements de deniers publics canadiens au Québec (même si les Québécois paient environ le quart des taxes et des impôts versés à Ottawa), leur enlever leur strapontin à l’UNESCO et – tenez-vous bien – forcer la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham, sous escorte militaire fédérale si nécessaire. Oui, vous avez bien lu.
Voilà comment quelques ultra-fédéralistes ont démontré leur profonde méconnaissance du peuple du Québec (et du mouvement souverainiste) au cours des derniers jours. Cependant, l’argumentaire est si faible – et la caricature, si grossière – qu’ils ont fait la preuve par quatre de l’incapacité du Canada anglais à respecter le Québec. En agissant de la sorte, ils confirment ce que nous, souverainistes, savons déjà : seule l’indépendance permettra au Québec de donner le meilleur de lui-même. Pour le moment, le mouvement souverainiste québécois est au combat. Il est fort. Il est debout. Il dérange. Et il n’aura de cesse jusqu’à ce que le rêve soit réalisé.
Avis au National Post et à leurs alliés objectifs au Québec : we’re back.