Commission d'enquête
Adoptez un député libéral!
Ce matin, le Parti Québécois, Québec Solidaire et les députés indépendants se sont unis pour réclamer une commission d’enquête publique. Nous invitons les Québécois à s’unir eux aussi pour réclamer cette commission d’enquête auprès des députés du parti libéral. Voici donc une liste des ...
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Accès aux soins de santé
Élargir le rôle des pharmaciens
Au Québec, plus du quart de la population n’a pas accès à un médecin de famille. Cela représente plus de deux millions de personnes. Ce manque d’accès à un professionnel de la santé décuple l’attente que nous devons endurer dans les cabinets de médecins...
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La santé au Québec
À la défense de la santé des Québécois
Deux occasions s’offrent à moi pour réaffirmer la vision et les valeurs du Parti québécois en matière de santé. La première, c’est le dernier budget libéral qui veut instaurer une taxe santé régressive ainsi qu’un ticket modérateur, qui n’est rien d’autre qu’une taxe sur la maladie...
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19 février 2010 / Écrire un commentaire
M. Bouchard. Il m’apparaît important de réagir aux propos que vous avez tenus mardi dernier. D’emblée, je tiens à souligner que je vous considère comme une des grandes figures de la souveraineté de notre histoire. Non seulement avez-vous été un grand chef, mais vous avez aussi été une figure inspirante pour le mouvement souverainiste, l’une de celles qui ont le plus contribué à notre quasi-victoire de 1995.
En revanche, si je prends la plume, c’est pour exprimer mon profond désaccord avec votre sortie. Sur une note personnelle, vos déclarations m’ont attristé, car elles heurtent la motivation profonde qui m’a fait faire le saut en politique il y a trois ans, c’est-à-dire la cause de l‘indépendance du Québec. Aujourd’hui, c’est comme si vous me disiez que j’ai fait le mauvais choix en abandonnant mon ancienne carrière pour me consacrer à la politique. Si j’acceptais les arguments que vous énoncez, j’accepterais aussi que la cause pour laquelle nous nous battons soit une cause perdue. Un peu comme si vous nous disiez, à moi et à tous les (nombreux) députés et militants qui ont adhéré à notre parti depuis la défaite de 2007: «Vous perdez votre temps, allez mettre votre énergie ailleurs!»
Mais laissons de côté les émotions. L’essentiel, c’est la cause. C’est d’ailleurs à nous, membres de la grande famille souverainiste québécoise, de continuer à porter le flambeau de l’indépendance plutôt que de céder au découragement et à la fatigue, comme vous l’avez fait mardi. L’indépendance politique n’est pas la solution magique à tous nos problèmes, mais elle nous donnerait, à coup sûr, plus de moyens pour les résoudre. Trois exemples me viennent en tête.
Environnement
D’abord, l’environnement. Nous avons le devoir de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Cela passe nécessairement par une réduction de notre dépendance au pétrole. Dépendance au pétrole étranger, qui nous coûte d’ailleurs 18 milliards par année. Or, le gouvernement fédéral vise exactement le contraire: il veut accroître la part du pétrole dans notre économie.
Alors que la défense de l’environnement est en passe de devenir une valeur universelle, le Canada de Stephen Harper n’en a cure. Sur ce front, l’indépendance ferait de nous des meneurs, alors que le statu quo constitutionnel fait de nous des parias sur la scène internationale et en ce qui concerne nos engagements de Kyoto, des pollueurs sans vergogne.
Assurance-emploi
Autre exemple: l’assurance-emploi, dossier d’une importance capitale en ce contexte de crise économique. Nous avons un urgent besoin d’aider les travailleurs mis à pied pour les préparer aux emplois de l’avenir. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir une stratégie cohérente. Or actuellement, l’assurance-emploi est à Ottawa, alors que la formation de la main-d’oeuvre est à Québec. Cette situation est coûteuse et contre-productive.
Ces deux enjeux sont si intimement liés qu’aucune stratégie crédible visant le plein emploi et la protection des chômeurs ne saurait en faire abstraction. Encore une fois, le statu quo exerce une pression à la baisse sur les ambitions québécoises. L’indépendance nous permettrait de confier à un État unique la responsabilité d’arrimer assurance-emploi et formation continue. À l’heure de la mondialisation et de la course à la productivité que celle-ci nous impose, une telle stratégie devient un impératif national. Sans parler de la lutte contre le décrochage scolaire, qui pourrait en bénéficier grandement…
Immigration
Mon troisième exemple est celui de l’immigration, dossier au sujet duquel vous taxez mon parti, le parti de René Lévesque, d’intolérance. René Lévesque qui, je le rappelle, était un fervent défenseur des droits et de la dignité de la personne. Mais qui était aussi très conscient de la fragilité identitaire de son peuple. Ce fut d’ailleurs ce qui l’a principalement motivé à adopter la loi 101. Ai-je besoin de vous rappeler que de 1976 à aujourd’hui, notre poids démographique, en tant que francophones, a constamment diminué en Amérique du Nord?
Dois-je aussi souligner qu’en 1976, le Québec n’était pas assujetti à une Constitution qui impose l’idéologie du multiculturalisme, selon laquelle la culture québécoise n’est qu’une culture parmi tant d’autres au Canada? Vous en conviendrez; si René Lévesque avait des raisons de s’inquiéter pour notre identité en 1976, il en aurait certainement encore plus aujourd’hui.
Concrètement, dans les 10 prochaines années, le Québec accueillera plus de 50 000 nouveaux arrivants par année. Nous avons besoin de leurs compétences et de leur savoir-faire, surtout à l’heure où des pénuries de main-d’oeuvre se profilent dans certains domaines. Par contre, ces derniers doivent s’intégrer à la société québécoise. Est-ce si radical que de penser que la majorité francophone n’a pas à s’effacer devant ceux qui viennent la rejoindre pour vivre avec elle? Est-ce faire preuve d’intolérance que de vouloir partager nos valeurs communes, notamment la langue française et l’égalité entre les sexes? Je ne crois pas; c’est au contraire une position humaniste et même progressiste qui vise à mieux accueillir ceux et celles qui veulent bâtir le Québec de demain avec nous. L’indépendance nous permettrait de rapatrier les outils en matière de langue, de culture, de communications ou d’immigration, nécessaires à une meilleure intégration des nouveaux Québécois.
Poursuivre le combat
Je pourrais poursuivre avec d’autres exemples sur les gains d’efficience et de productivité, la fin des chevauchements, la mise en place d’une déclaration de revenus unique ou d’une stratégie visant l’indépendance énergétique, qui sont liés d’une façon ou d’une autre à une plus grande souveraineté politique pour le Québec. Mais l’essentiel est là. Le choix que j’ai fait il y a trois ans, avec la nouvelle génération de souverainistes, c’est de poursuivre le combat. Et ce n’est pas parce que le combat peut sembler difficile par moments qu’on doit y renoncer. Le PQ doit continuer à porter cette aspiration sans relâche pour que sa cause devienne celle de tous les Québécois. Ce sera à eux, le cas échéant, de décider de la vitesse à laquelle l’indépendance du Québec doit se réaliser.
Nous, souverainistes, avons le devoir de rester fidèles à ce que nous sommes, à ce que le mouvement a été depuis ses débuts et à nos 400 ans d’histoire en tant que peuple. Il n’y a qu’avec l’indépendance du Québec et sa souveraineté que nous pouvons assurer notre pérennité, notre pleine liberté et notre pleine responsabilité.
M. Bouchard, vous nous avez fait faire un bout de chemin et nous vous en sommes reconnaissants. Maintenant, c’est à nous de terminer la course. À moi, à mes camarades du mouvement souverainiste et à Pauline Marois. Jusqu’au jour où le Québec deviendra indépendant.
Bernard Drainville - Député de Marie-Victorin pour le Parti québécois
23 novembre 2009 / Commentaires: (2)
Hier, à la clôture du Conseil national du Parti Québécois, j’étais particulièrement heureux de constater à quel point nos militants, notre caucus et notre chef étaient unis dans leur volonté d’affirmer notre identité nationale, notre langue et les valeurs que nous partageons. J’y ai aussi apprécié le ton serein des discussions dans lesquelles nous avons réaffirmé ce que nous sommes en tant que parti politique et ce pourquoi nous voulons l’indépendance du Québec.
Pour ma part, j’ai participé à l’atelier III sur l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes. Dans la lignée de ce qu’a dit Mme Marois dans son discours de clôture, « s’affirmer, c’est s’ouvrir aux autres sans renier qui nous sommes », j’ai fait une proposition : que le Québec instaure un nouveau contrat social entre les nouveaux Québécois et leur société d’accueil. À quoi ça pourrait ressembler ? Le nouvel arrivant devrait s’engager à accepter nos valeurs fondamentales : égalité hommes-femmes, laïcité de l’État et prédominance du français. En échange, le gouvernement du Québec devrait s’engager à l’intégrer dans notre nation. Par la culture et la langue d’abord, en lui fournissant les ressources nécessaires à une pleine maîtrise du français. Mais en misant aussi sur une intégration économique, en l’accompagnant pour qu’il puisse se joindre au marché du travail.
Sur ce point, il faut se rappeler que les nouveaux Québécois sont, avant de se joindre à nous, sélectionnés en fonction de leurs compétences. La difficulté que vivent bon nombre d’entre eux dans leur recherche d’emploi est donc tributaire d’une réticence du marché du travail québécois à reconnaître leurs capacités, leur expérience et souvent, aussi, leurs diplômes. Le gouvernement du Québec a les moyens d’agir sur ce plan ; c’est sa partie du contrat. Par exemple, cela devrait se traduire par une approche plus directive avec les différents ordres professionnels afin qu’ils soient plus souples, plus compréhensifs à l’égard de la réalité vécue par les nouveaux Québécois.
Ce nouveau contrat social aurait l’avantage de satisfaire bien des Québécois en faisant d’une pierre trois coups. D’abord, en assurant la prédominance du français comme langue nationale et langue commune. Ensuite, en fournissant de bons emplois à ceux et celles qui veulent se joindre à nous et nous faire profiter de leurs compétences. Et, finalement, en jetant les bases d’une société où les barrières entre néo et anciens Québécois s’effaceraient au profit d’une volonté commune de vivre ensemble. Bref, une nation unie par sa culture et sa langue, à l’opposé des ghettos ethniques résultant du multiculturalisme canadien. Ce faisant, nous devrons talonner le gouvernement fédéral pour rapatrier les pleins pouvoirs en matière d’immigration, incluant au niveau du parrainage et de l’accès au statut de réfugié. Nous aurons besoin de tous les instruments pour mettre ce nouveau contrat social en œuvre!
Cette semaine, notre aile parlementaire fera un autre pas dans cette direction en déposant un projet de loi qui affirme ce sur quoi la nation québécoise n’entend pas négocier : la prédominance du français, la laïcité du gouvernement et des institutions publiques ainsi que l’égalité entre hommes et femmes. Les Québécois veulent voir leurs élus défendre leur identité nationale. C’est ce que le PQ entend faire.
15 septembre 2009 / Commentaires: (8)
Partout dans le monde, il a existé, il existe et il existera toujours des nationalismes qui sont des phares de liberté et de progrès social. C’est dans cette lignée que s’inscrit la cause de l’indépendance du Québec.
Le nationalisme québécois est un nationalisme humaniste qui vise l’émancipation d’un peuple, d’abord, mais aussi celle des individus qui le composent. Son aboutissement, la volonté de faire l’indépendance, est basé sur cette conviction que nous voulons partager : tout être humain, tout peuple a le droit au bonheur.
Car il en va des personnes comme des nations ; plus elles sont libres et responsables de leur destinée, plus elles auront la capacité de s’accomplir et de se dépasser, donc de trouver le bonheur.
J’insiste : le mouvement souverainiste aspire à rassembler les Québécois, non pas à les diviser. Nous avons en effet bien des choses dont nous pouvons être fiers collectivement. Sur le territoire physique que nous avons défriché et occupé pendant 400 ans s’est installée petit à petit une société originale qui a donné libre cours à son génie propre, pour répondre aux besoins qui étaient les siens. C’est en ce sens que le Québec a mis au monde une liberté qui lui est particulière. Cette liberté est le produit de son imaginaire, de son ingéniosité et de sa culture, et ses fruits constituent ce que le Québec lègue avec fierté au reste du monde.
De ce singulier alliage de l’Amérique et de l’Europe sont nées des innovations dans les domaines culturel (Cirque du Soleil), industriel (Bombardier), financier (les Caisses populaires Desjardins) et sert même d’exemple quant à son modèle socio-économique (Centres de la petite enfance). Comme tout peuple, nous, Québécois, avons le devoir moral de protéger notre identité car, sans elle, nous ne pourrons plus apporter au monde ces innovations uniques que produisent les peuples uniques.
Qui plus est, l’accession à l’indépendance est, pour une nation, la meilleure façon d’accueillir l’autre, car elle est source de confiance. Confiance en nous-mêmes. Confiance en la pérennité de notre langue et de notre culture. Confiance que notre différence peut, sans crainte, s’enrichir de celle de l’autre. L’indépendance, c’est notre sécurité identitaire, et notre meilleure antidote contre la peur.
Par ailleurs, pour que les nations se respectent et fraternisent, encore faut-il qu’elles se parlent sur un pied d’égalité. Plus il y aura de nations souveraines dans le monde, plus il y aura d’espace pour un dialogue fructueux qui s’enrichira de nos différences. À l’inverse, plus on voudra effacer ces différences, plus nous diviserons l’humanité en attisant le ressentiment et le repli sur soi.
Bref, l’indépendance, ce n’est pas la fermeture à l’autre ; c’est au contraire la meilleure façon d’entrer en dialogue avec lui et de le comprendre.
Je suis indépendantiste parce que je crois que le temps est venu de donner à notre différence le pays dont elle a besoin pour continuer à essaimer son originalité, pour qu’elle puisse continuer à rayonner et à inspirer.
Chaque peuple, chaque culture et chaque langue enrichissent notre humanité commune. Chaque nation est irremplaçable. Chacune apporte au monde sa parcelle de lumière. La meilleure façon d’en assurer l’existence pour la suite du monde, c’est de lui donner la pleine liberté et la pleine responsabilité qui viennent avec la pleine indépendance.
Voilà pourquoi je suis indépendantiste.
Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin
Le 9 septembre 2009