Commission d'enquête

Adoptez un député libéral!
Ce matin, le Parti Québécois, Québec Solidaire et les députés indépendants se sont unis pour réclamer une commission d’enquête publique. Nous invitons les Québécois à s’unir eux aussi pour réclamer cette commission d’enquête auprès des députés du parti libéral. Voici donc une liste des ...
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Accès aux soins de santé

Élargir le rôle des pharmaciens
Au Québec, plus du quart de la population n’a pas accès à un médecin de famille. Cela représente plus de deux millions de personnes. Ce manque d’accès à un professionnel de la santé décuple l’attente que nous devons endurer dans les cabinets de médecins...
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La santé au Québec

À la défense de la santé des Québécois
Deux occasions s’offrent à moi pour réaffirmer la vision et les valeurs du Parti québécois en matière de santé. La première, c’est le dernier budget libéral qui veut instaurer une taxe santé régressive ainsi qu’un ticket modérateur, qui n’est rien d’autre qu’une taxe sur la maladie...
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Bilan de la session parlementaire : un remaniement ministériel s’impose

18 juin 2009 / Écrire un commentaire

« La démission de Monique Jérôme-Forget, la déroute dans les finances publiques, les pertes historiques de 40 G$ à la Caisse de dépôt et placement, dont on ne connaît toujours pas toutes les causes, la nomination imposée et controversée de Michael Sabia, l’abandon des travailleurs forestiers et la perte de contrôle dans les grands projets d’infrastructures comme le CHUQ, le CHUM, la rue Notre-Dame et l’échangeur Turcot, sont autant d’exemples que le gouvernement libéral de Jean Charest, six mois seulement après son élection, est déjà usé et à bout de souffle. La nécessité d’un remaniement ministériel s’impose ».

C’est ce qu’a déclaré la chef de l’opposition officielle et députée de Charlevoix, Pauline Marois, accompagnée du leader de l’opposition officielle et député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, au moment de dresser le bilan de la dernière session parlementaire, une session marquée par le manque de transparence, les mensonges, l’imposture et l’hypocrisie libérales.

Pour la chef de l’opposition officielle, la faiblesse de plusieurs ministres s’est illustrée au cours des dernières semaines ayant pour conséquence que les Québécois en paient fortement le prix. « Le plus bel exemple est probablement Raymond Bachand. Il était tellement heureux de voir quitter Monique Jérôme-Forget et d’atterrir au ministère des Finances qu’il a négligé ses dossiers au
développement économique. Il a voulu étouffer le scandale des FIER pour cacher son incurie », a ajouté Mme Marois. On pourrait aussi ajouter, notamment, Laurent Lessard, dénoncé par la Protectrice du citoyen pour avoir mal géré la crise du fromage; Nathalie Normandeau, pour avoir fermé les yeux sur les problèmes à Montréal; Michelle Courchesne, qui est incapable de livrer un plan musclé de lutte au décrochage scolaire; Jacques Dupuis, pour son entêtement dans le cas de l’enquête publique du coroner pour la mort du jeune Freddy Villanueva; Marguerite Blais, qui a perdu le lien de confiance avec les
regroupements d’aînés. Il faut aussi se demander si la charge du ministère de la Santé n’est pas trop lourde pour Yves Bolduc.

Pour le Parti Québécois, la gestion du gouvernement libéral se caractérise aussi par l’absence de suivi. « Il est totalement inacceptable de constater, par exemple, que l’Assemblée nationale a adopté des lois en 2006 et 2007, comme celle sur les dons d’organes et celle sur la sécurité dans les piscines, et que ces
lois, trois ans plus tard, ne sont toujours pas en vigueur. C’est l’illustration parfaite d’un gouvernement tape-à-l’œil qui donne l’impression de bouger mais qui n’exerce aucun suivi, a dénoncé Mme Marois. L’autre cas le plus patent, c’est l’absence de suivi au cri d’alarme lancé dès 2005 par les pathologistes mais dont le gouvernement libéral a fait la sourde oreille, a-t-elle indiqué. Elle se demande par ailleurs où est le Plan Nord. « Ce plan n’est que dans la tête du premier ministre. Aussi bien dire qu’il n’existe pas! Pourtant, Jean Charest a fait une élection là-dessus. Un beau cas d’imposture », a ajouté Pauline Marois.

UN GOUVERNEMENT TROP INSPIRÉ PAR SUN TZU

La chef de l’opposition officielle a aussi dénoncé l’absence d’objectifs clairs. « Depuis que les libéraux sont au pouvoir, on attend plus longtemps à l’urgence; le taux de décrochage scolaire a augmenté, on refuse de s’y attaquer avec ardeur et la ministre de l’Éducation est incapable d’admettre qu’il s’agissait d’un drame national; on refuse de se fixer des objectifs et des échéanciers pour régler les 8,8 G$ de contentieux avec Ottawa. La gouverne Sun Tzu, celle qui dit que celui qui ne se fixe pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre, doit cesser », a indiqué Pauline Marois.

Elle reproche l’incapacité du gouvernement libéral à régler les contentieux avec le gouvernement fédéral. « En quelques jours, l’Ontario a harmonisé sa taxe de vente avec la TPS et a obtenu 4,3 G$; 19 ans après l’avoir fait, le Québec attend toujours 2,6 G$, et ce, malgré une motion unanime de la Chambre des communes. Faut le faire! Nos travailleurs forestiers ont obtenu des miettes du gouvernement fédéral; pendant ce temps, les travailleurs de l’automobile ont reçu 7,1 G$. Le fédéralisme de correspondance a de graves conséquences pour les Québécois. Quand Jean Charest, comme premier ministre du Québec, va-t-il enlever son costume de Capitaine Canada et obtenir le butin des Québécois? », a vivement dénoncé Pauline Marois.

UN GOUVERNEMENT AU SENS ÉTHIQUE DOUTEUX

Pour sa part, le leader de l’opposition officielle, Stéphane Bédard, constate que, si le nombre de projets de loi adoptés est important, il n’en demeure pas moins que plusieurs autres n’ont toujours pas été adoptés alors que, dans plusieurs cas, les travaux allaient rondement. D’autres projets de loi, notamment celui sur l’éthique, sont reportés à cet automne car le gouvernement libéral a présenté un projet de loi en catastrophe pour masquer son sens éthique douteux.

« Pourquoi le premier ministre Jean Charest refuse-t-il toujours de créer un poste de commissaire à l’éthique, tel qu’il s’y était engagé en 2003? Ce commissaire aurait pu accompagner les parlementaires pour la rédaction d’un code d’éthique et de déontologie qui respecte les principes de base en matière d’éthique. Le débat est repoussé à l’automne. Au minimum, le premier ministre, qui devra
nécessairement remanier son Conseil des ministres devant l’essoufflement de son gouvernement, doit relever les standards dans ses directives pour empêcher les conflits d’intérêts. Autoriser un ministre à posséder une entreprise qui transige avec l’État est inacceptable. En ce sens, la situation est intenable et
inacceptable pour le ministre David Whissell qui doit être retiré du Conseil des ministres ou se départir de sa compagnie. Jamais nous accepterons un tel retour en arrière. Cette situation n’existait même pas du temps de Duplessis », a indiqué Stéphane Bédard.

Le député de Chicoutimi rappelle que, malgré la demande du DGE, le boni du patron versé au premier ministre par le Parti libéral n’est toujours pas précisé dans le rapport annuel du PLQ. « Le premier ministre a modifié trois fois sa directive sur les conflits d’intérêts et, à chacune des occasions, il a refusé de régulariser sa propre situation afin de l’obliger à inscrire la double rémunération que lui verse son parti depuis 11 ans, mais connue du public depuis l’an passé seulement. Cela en dit long sur le sens éthique de ce gouvernement », s’est désolé M. Bédard.

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Réplique à Vigneault

16 avril 2009 / Commentaires: (7)

Dans les pages du Devoir du 6 avril dernier, l’ex-conseiller des premiers ministres Daniel Johnson et Jean Charest réagit à mon texte intitulé « La nomination de Michael Sabia est une erreur historique ». Il m’accuse de démagogie et de « démonisation ». Je laisse au lecteur le soin de tirer ses propres conclusions, mais laissez-moi d’abord réitérer les raisons fondamentales qui me poussent à réclamer le départ de Michael Sabia.

Sabia,  « fédéraliste notoire »

J’ai critiqué la nomination de M. Sabia en le qualifiant de « fédéraliste notoire ». C’est ce qui amène M. Vigneault à me prêter l’idée qu’ « un fédéraliste ne puisse rien accomplir de bon pour le Québec ». Qu’il soit rassuré ; mes propos ne visaient aucunement à diminuer l’impact significatif qu’ont eu les Lesage, Johnson, Bourassa et autres fédéralistes sur le développement de l’économie québécoise. Ils étaient fédéralistes, mais à titre de premiers ministres du Québec, ils recherchaient d’abord l’intérêt du Québec. Leur première allégeance était québécoise. Or, qui peut douter que celle de Michael Sabia sera d’abord canadienne ? Tout son parcours en fait foi ; qu’il s’agisse du Conseil privé d’Ottawa où il a œuvré ou du Conseil de l’unité canadienne où il a siégé, Michael Sabia incarne un fédéralisme dévoué d’abord et avant tout à la défense de l’intérêt national canadien. Ce qui n’est pas la même chose que l’intérêt national québécois.

Prenez le siège social montréalais de Bell que Michael Sabia a contribué à faire glisser vers Toronto, dans la foulée de la transaction (avortée) avec Teachers. Si c’est l’intérêt canadien qui vous anime, ce démantèlement n’a aucune signification particulière, puisque le Canada conserve le siège social de l’entreprise sur son territoire. Mais si vous êtes un nationaliste québécois (souverainiste comme fédéraliste), le déménagement d’un siège social fait mal. Nous perdons non seulement un centre de décision, mais tous les emplois bien rémunérés qui viennent avec celui-ci.

L’intérêt du Canada n’est pas celui du Québec. Chaque nation a ses intérêts économiques propres. En refusant de défendre les sièges sociaux du Québec, Michael Sabia renonce à protéger l’intérêt national québécois. Cela n’augure rien de bon pour notre avenir.

Souveraineté économique

M. Vigneault me prête l’intention de vouloir utiliser la Caisse pour « sauver […] tous les canards boiteux sous prétexte qu’ils sont Québécois » ou pour empêcher des compagnies étrangères d’acquérir des entreprises québécoises. Encore une fois, je tiens à le rassurer ; personne ne souhaite que la Caisse n’investisse dans de mauvais projets. Quant à l’économie du Québec, elle est et restera ouverte. Sur ce sujet, le Parti Québécois a toujours affiché ses couleurs libre-échangistes depuis la signature du premier accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

Lorsque les souverainistes parlent de souveraineté économique, ils ne parlent pas d’autarcie, mais bien de l’exercice d’un contrôle raisonnable des Québécois sur leur propre développement économique. Pourquoi s’empêcher, lorsque cela est rentable, de prendre des participations dans les fleurons de l’économie québécoise afin d’éviter qu’ils passent sous contrôle étranger ? Pourquoi l’État québécois n’aurait-il pas pour objectif d’assurer aux Québécois le plus grand contrôle possible sur leur économie ? Avons-nous toujours l’ambition d’être maîtres chez nous (ou avons nous abandonné l’héritage de la Révolution tranquille) ? Les Américains protègent leurs grandes entreprises nationales, tout comme les Allemands, les Français et, plus récemment, les Chinois. Alors, pourquoi pas nous ?

M. Vigneault prétend qu’en cette ère de mondialisation, la souveraineté économique des États-nations est devenue une chose désuète. J’imagine que c’est pour cette raison qu’en ce moment, les gouvernements de partout dans le monde investissent des sommes colossales dans leur économie nationale.

En fait, M. Vigneault semble tout simplement ignorer que les gouvernements d’États souverains – comme ceux d’États fédérés – jouent un rôle crucial pour attirer les investissements, protéger les emplois de leurs travailleurs, favoriser la recherche et le développement, défendre la présence de sièges sociaux sur leur territoire, etc. Le Québec actuel, avec son statut de province, ne dispose que de la moitié de ces outils, c’est vrai. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas les utiliser, le plus puissant étant bien sûr la Caisse de dépôt. Pourquoi nous priverions-nous d’une telle force dans la défense de nos intérêts économiques nationaux ? L’idée centrale qui sous-tend le texte de M. Vigneault est que le Québec est impuissant dans le grand jeu économique international. C’est une idée que nous rejetons.

Un processus de nomination vicié

Il est par ailleurs étonnant que M. Vigneault commence son texte en indiquant qu’il « ne reviendra pas sur le processus qui a conduit à la nomination de M. Sabia, car « il y a, sur cette question, un assez large consensus selon lequel ce processus aurait pu être plus transparent et moins précipité [nous soulignons]. » Ne pas parler du processus ? Mais c’est justement là, le nœud du problème ! Tous les autres arguments que j’ai avancés dans mon précédent papier découlent de ce simple fait : M. Sabia a été nommé par la porte d’en arrière, sur une décision émanant directement du bureau du premier ministre. Pourquoi le gouvernement a-t-il agi ainsi ? Serait-ce justement parce qu’au fond, M. Sabia n’avait pas les compétences voulues pour gérer la Caisse et que son arrivée à sa tête était une décision avant tout politique ? En balayant toutes ces questions du revers de la main, M. Vigneault tente d’occulter l’essentiel de ce qui cloche avec la nomination de M. Sabia.

Par ailleurs, M. Vigneault ne revient pas non plus sur le parcours de M. Sabia. Son mutisme complet sur cette question pourtant cruciale révèle une troublante vérité : personne n’est capable d’expliquer en quoi la feuille de route et les compétences de M. Sabia ont fait de lui un candidat si extraordinaire qu’il en a court-circuité tout le processus normal de nomination. Sur cet aspect comme sur d’autres qu’il soulève dans son texte, M. Vigneault en révèle plus par ce qu’il omet que par ce qu’il avance.

De l’ « ethnicisme » des souverainistes québécois

J’aimerais conclure avec ce qui constitue sans doute la citation maîtresse du texte de M. Vigneault : « Mais, pour M. Drainville, M. Sabia sera le fossoyeur de notre économie et de nos sièges sociaux ? Rien de moins. Pourquoi ? Parce qu’il se prénomme Michael plutôt qu’Henri-Paul ? » Ainsi, selon M. Vigneault, un souverainiste ne saurait critiquer la décision de nommer Michael Sabia qu’à travers des ornières « ethniques ». Vraiment, on ne l’avait pas vue venir, celle-là. Trudeau, Vigneault : même combat ! Même supériorité morale dans la chasse aux nationalistes québécois ! Même chevauchée lumineuse contre l’intolérance et le racisme sous toutes leurs formes, surtout la variante québécoise particulièrement virulente, comme on sait.

Évidemment, l’attaque de M. Vigneault est aussi grossière que ridicule, et celui qui la formule prend le risque d’étaler sa propre intolérance.

Nous demandons la démission de Michael Sabia non parce qu’il est né en Ontario, mais parce qu’il ne semble avoir aucune qualification pour le poste auquel il a été nommé. Nous affirmons de plus que l’attachement au Québec et à ses intérêts, ainsi que la volonté de les défendre lorsque nécessaire, sont pour nous des qualifications essentielles pour occuper le poste de pdg de la Caisse de dépôt et placement.

Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin
Le 16 avril 2009

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Une erreur historique

27 mars 2009 / Commentaires: (1)

Le premier ministre Charest a décidé de maintenir sa décision de nommer Michael Sabia pdg de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Jusqu’à maintenant, en tout cas. Cette décision est une erreur grave. Peut-être la pire qu’ait commise Jean Charest depuis son élection en 2003, ce qui n’est pas peu dire. La nomination de Michael Sabia pourrait avoir des conséquences incalculables sur l’économie du Québec, sur la protection de nos sièges sociaux, sur notre capacité d’être maîtres chez nous, bref, sur notre souveraineté économique. De l’ADQ à Québec Solidaire en passant par d’anciens membres du conseil d’administration de la Caisse et des sources anonymes au sein même du PLQ, les Québécois sont, à juste titre, consternés par l’erreur aux proportions historiques que vient de commettre leur gouvernement. L’affaire est tellement grosse qu’il faut se demander si Jean Charest ne s’est pas donné pour mandat de démanteler le Québec Inc avant de quitter le poste de premier ministre.

Pour le Parti Québécois, la Caisse a deux mandats, tout aussi importants l’un que l’autre : offrir le meilleur rendement possible à ses déposants et aux retraités du Québec ET participer au développement économique du Québec. Pour Jean Charest et son gouvernement, seul le rendement importe. L’endroit où l’argent de la Caisse est investi n’a pas d’importance. Même s’il est ici question de l’épargne collective des Québécois. C’est cette doctrine du rendement optimal qui a amené la Caisse à investir autant d’argent dans le papier commercial ou dans des projets douteux, comme celui de l’aéroport d’Heathrow à Londres. Dans ce dernier cas, la Caisse a investi 2 milliards $ qui ne valent plus rien maintenant. Pourtant, rien ne démontre que l’investissement chez nous, au Québec, serait moins rentable qu’ailleurs dans le monde. Bien au contraire.

D’emblée, il y a une raison qui disqualifie Michael Sabia comme pdg de la Caisse : il refuse de s’engager à protéger Bombardier et les autres grandes entreprises québécoises qui ont leur sièges sociaux au Québec. En fait foi cet extrait de la conférence de presse de Michael Sabia, le jour de sa nomination, le 13 mars 2009 :

- Daniel Bordeleau, SRC : « Est-ce que vous croyez que la Caisse doit intervenir pour maintenir au Québec le siège social des grandes compagnies, comme la Banque nationale, Bombardier ou même BCE ? »
- Michael Sabia : « Je pense que ces décisions sont prises par ces sociétés et moi je ne suis pas convaincu que c’est même possible pour la Caisse d’agir un rôle déterminant dans ces décisions. Ces décisions, d’ordinaire, sont dirigées par d’autres choses dont je suis pas certain que c’est vraiment le rôle de la Caisse ».

Pas « possible » pour la Caisse « d’agir » ? Pas « certain » que « c’est vraiment le rôle de la Caisse » de maintenir au Québec le siège social de la Nationale, de Bombardier ou de BCE ? Qu’est-ce que c’est que cette foutaise ? Mais alors, dites-moi, qui va protéger SNC-Lavalin ?  Et Jean Coutu ? Et Couche-Tard ? Et Cascades ? Et l’Industrielle Alliance? Et CGI ? Et Cossette ? Et tous les autres fleurons du Québec Inc qui ont leur place d’affaires chez nous et qui pourraient faire l’objet d’offres d’achat hostiles dans l’avenir ?

Sans parler de Quebecor. Réalisez-vous qu’à titre de pdg de la Caisse, Michael Sabia devient  maintenant le patron du plus gros actionnaire de Quebecor Média (outre la famille Péladeau) ? Hier encore, il en était l’un des principaux concurrents, à titre de pdg de BCE.  Le jour où Rogers – ou un autre concurrent torontois ou étranger – voudra acquérir Quebecor (ce qui veut dire notamment le réseau TVA), qu’aura à dire M. Sabia ? Est-ce qu’il protégera la propriété québécoise du groupe ? Ou deviendra-t-il complice de la vente de cette entreprise de chez nous à des intérêts n’ayant aucune sensibilité à la culture et à l’identité québécoises ?

Le choix de Michael Sabia est d’autant plus contestable que son parcours dans le monde des affaires a été tout sauf étincelant. Son seul véritable fait d’armes a été la transaction avortée entre Bell et Teachers, qui aurait eu pour résultat d’achever le déménagement du siège social de BCE de Montréal à Toronto. De plus, alors que la Caisse a besoin d’un président qui connaît le placement et la gestion du risque, Michael Sabia n’a aucune expertise reconnue en ces domaines. Et on n’a pas encore parlé du processus totalement vicié qui a mené à sa nomination ; André Pratte, l’éditorialiste en chef de La Presse, avait bien raison de qualifier ce processus de « bidon ». Imaginez ; Michael Sabia a été le seul candidat à être reçu en entrevue par le comité de sélection de la Caisse. Comme s’il était la seule personne dans tout le Québec à avoir les compétences pour occuper le poste. Ou à en avoir assez pour mériter une entrevue !!

Politique. Cette décision sent la politique à plein nez. Jean Charest est sur son déclin. Il aura choisi de nommer un allié à la Caisse afin d’assurer son avenir personnel, le jour où il quittera la vie politique. En nommant un fédéraliste notoire, ex-membre influent du Conseil privé du Canada et ex-membre du Conseil de l’unité canadienne, il consolide l’influence de ceux qui ne veulent pas d’un Québec trop fort. Qui le veulent petit, docile, résigné à sa condition provincialiste. Est-ce la première étape menant au démantèlement de la Caisse en plusieurs entités ? Pour affaiblir encore plus le navire amiral du Québec financier et économique ? Pour nous affaiblir encore plus, collectivement ?

Il y a dans cette décision du premier ministre quelque chose qui ressemble à une trahison et à une démission face à ce qui devrait être son premier devoir : la défense des intérêts supérieurs de la nation québécoise. Nous n’avons pas fini de payer pour sa réélection.

Bernard Drainville
Député de Marie-Victorin
Le 27 mars 2009

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Michael Sabia doit se retirer

19 mars 2009 / Écrire un commentaire

Voici un vidéo dans lequel j’explique pourquoi nous, au PQ, sommes opposés à la nomination de Michael Sabia à la tête de la Caisse de dépôt et placement. Un texte reprenant mes propos sera aussi publié sous peu. N’hésitez pas à commenter directement ici sur le blogue ou encore sur Dailymotion!
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