BILAN DE SESSION : un gouvernement libéral sourd, muet et aveugle
15 décembre 2009 / Commentaires: (1)
C’est la fin d’année 2009 et l’heure est au bilan de session parlementaire qui s’est terminée le 4 décembre dernier. Pour le gouvernement Charest, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’entend rien, ne voit rien et ne fait rien. C’est un gouvernement libéral sourd, muet et aveugle. Tel est le constat des trois députés du Parti Québécois de la Rive-Sud : Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Marie Malavoy, députée de Taillon et porte-parole en matière d’enseignement supérieur, de recherche et de développement, et Monique Richard, députée de Marguerite-D’Youville et porte parole en matière d’emploi et de solidarité sociale.
« Ce gouvernement travaille en fonction de ses propres intérêts, non pas en fonction des intérêts de la population, de laquelle il est complètement déconnecté. La preuve ? Son obstination incompréhensible à refuser de tenir une enquête publique sur l’industrie de la construction », déclare Bernard Drainville.
« L’entêtement du gouvernement libéral fera légende, ajoute Marie Malavoy. Que ce soit dans le dossier de l’attribution des places en garderie, du jugement de la Cour suprême sur la Loi 104, du plan Nord, de la gestion des FIER – et j’en passe –, les Libéraux apportent toujours la même réponse : la fuite. Impossible d’obtenir des réponses satisfaisantes. »
Monique Richard abonde elle aussi en ce sens : « J’invite la population à se rendre sur le site de l’Assemblée nationale* pour signer la pétition réclamant la tenue d’une commission d’enquête publique et indépendante sur l’industrie de la construction. Et, surtout, à diffuser largement l’information pendant le temps des Fêtes. »
« Nous continuerons de talonner les Libéraux pour obtenir des réponses, poursuivent les trois députés. Un jour ou l’autre, le gouvernement n’aura plus d’autre choix que de s’attaquer aux vrais problèmes, de se ranger du côté de la majorité de la population, particulièrement en ce qui concerne l’enquête publique sur l’industrie de la construction. ». Deux mots illustrent bien le travail du Parti Québécois au cours des derniers mois : la vérité – que l’on veut connaître – et l’identité québécoise – que l’on veut affirmer.
Santé – Du surplace et de l’improvisation
En santé, les exemples démontrant la négligence du gouvernement libéral ne manquent pas. « Les couples infertiles n’ont toujours pas accès aux traitements de fécondation in vitro gratuits, malgré l’engagement de Jean Charest lors de la dernière campagne électorale. Autre exemple : la loi facilitant le don d’organes, adoptée en 2006, n’est toujours pas appliquée. Il y a plus de 1000 personnes en attente d’un organe au Québec. C’est souvent pour elles une question de vie ou de mort. Le ministre doit agir rapidement dans ce dossier », affirme Bernard Drainville.
La dernière session parlementaire a également été marquée par la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1), dont les débuts étaient dignes d’un match de la LNI. « J’espère que le gouvernement aura appris de cet épisode de cafouillage, indique M. Drainville. Heureusement, les employés du réseau de la santé ont été d’une remarquable efficacité. Je les salue et les remercie. »
Bernard Drainville se réjouit toutefois du bon accueil que les autres partis à l’Assemblée nationale ont réservé à la proposition du Parti Québécois de tenir une large discussion sur la dignité en fin de vie. « Le Québec est prêt à aborder cette question. Récemment, plusieurs groupes se sont prononcés en faveur de la tenue d’un tel débat, notamment l’AFEAS, la Fédération des médecins omnipraticiens et la Fédération des médecins spécialistes. Nous sommes capables de mener ce débat sereinement, au-delà de toute partisanerie et en gardant la personne humaine au centre de la réflexion. J’ai hâte d’entendre les Québécois sur le sujet. »
Places en garderie– le gouvernement ne livre pas la marchandise, au détriment des familles
Monique Richard croit quant à elle qu’au Québec, le « Paradis des familles », il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Quelque 1800 enfants des villes de Boucherville et de Sainte-Julie sont toujours en attente d’une place en CPE. Certains n’en verront jamais la couleur. « Qui plus est, ajoute la députée de Marguerite-D’Youville, sur les 174 places devant être réalisées à Boucherville en 2008-2009, seules 80 places ont effectivement été développées. Quant à Sainte-Julie, aucune place n’avait été prévue en 2008-2009. Plusieurs projets ont de la difficulté à se matérialiser, faute d’un support adéquat du ministère de la Famille qui laisse à eux-mêmes les parents bénévoles chargés de faire aboutir les projets. Le gouvernement doit cesser de cafouiller et assumer un réel leadership », somme Monique Richard. Rappelons que pour l’ensemble de l’agglomération de Longueuil, c’est plus de 5000 enfants qui sont en attente d’une place en garderie.
Éducation – la ministre Courchesne forcée à revoir sa stratégie
« La ministre Michelle Courchesne a dû reporter l’étude de deux projets de loi (38 et 44) à plus tard. En clair, elle a été forcée de revoir sa stratégie et de refaire une bonne partie de ses devoirs. Souvent interpellée tout au long des audiences publiques et lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, elle s’est montrée incapable de dire comment le projet de loi 38 sur la gouvernance des universités règlera, par exemple, les cas des multiples hausses salariales, bonis et indemnités versés aux cadres de nos universités, alors que celles-ci sont en déficit et qu’elles manquent cruellement de financement », déclare Marie Malavoy.
En ce qui concerne le projet de loi 44 sur la gouvernance des cégeps, encore une fois la ministre devra apporter plusieurs modifications pour obtenir l’appui de l’opposition officielle. Comme plusieurs cégeps, le Collège Édouard-Montpetit (CEM) se montre sévère face à ce projet de loi puisqu’il diminue son autonomie, notamment le pouvoir et le rôle du directeur général, et limite sa capacité à identifier les personnes de son milieu qui siégeront au conseil d’administration. « Également, en supprimant la participation pleine et entière de la direction des études au conseil d’administration des cégeps, la ministre menace la qualité de l’enseignement aux étudiants. Nous ne pouvons pas laisser la responsabilité de la transmission du savoir au sein de nos établissements d’enseignement supérieur dépendre majoritairement d’un point de vue externe. Il en va de la qualité de l’enseignement et de la formation de notre main-d’œuvre », souligne la députée de Taillon.
Emplois chez Pratt & Whitney Canada – le ministre Gignac ne répond pas aux questions
La fermeture d’une usine de Pratt & Whitney Canada dans Taillon et la mise à pied de plus de 360 travailleurs ont également marqué la session parlementaire et touché lourdement les comtés de la Rive-Sud. « Le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Clément Gignac, n’a pas été en mesure de répondre à mes questions, à savoir : est-ce que le gouvernement a pris la peine de mettre des conditions au prêt de 142 millions de dollars à l’entreprise ? Est-ce qu’il a pris la peine d’avoir un plancher d’emploi ? Est-ce qu’il a pris la peine d’obtenir des garanties pour protéger les travailleurs ? Encore une fois, le gouvernement fait la sourde oreille et ne répond pas aux questions. Mes collègues et moi déploierons tous nos efforts pour supporter les travailleurs touchés et contribuer à la relance de ce secteur économique sur la Rive-Sud », assure Marie Malavoy.
Départ de Camil Bouchard
« C’est sous le choc que nous avons appris hier la démission de notre collègue député de Vachon, Camil Bouchard, un souverainiste convaincu et un homme d’une grande générosité. Nous avons perdu un précieux collègue, brillant et dédié au bien-être des enfants et aux gens de sa circonscription. Il nous manquera énormément. Nous respectons sa décision et lui souhaitons bonne chance, tant dans ses projets personnels que professionnels », ont exprimé d’une même voix les députés Bernard Drainville, Monique Richard et Marie Malavoy.
Mais avant de quitter, en véritable homme d’équipe, M. Bouchard a tenu à dresser, lui aussi, son bilan de la dernière session parlementaire.
Diversité culturelle, intégration des immigrants et soutien aux communautés autochtones – le gouvernement fait fausse route
« Cette dernière session fut particulièrement pénible. Au-delà des odeurs de malversations et de collusion, rien. Ce gouvernement ne gouverne pas : il éteint les feux de son irresponsabilité et de son indolence, c’est tout. Il a pensé résoudre la question de l’intégration des immigrants en l’ignorant. Mal lui en pris : le projet de loi 16 sur la diversité culturelle l’a ramené à la réalité », de faire remarquer le député sortant de Vachon, Camil Bouchard. Le député rappelle que ce projet de loi prévoit que tous les organismes gouvernementaux doivent adopter une politique de diversité culturelle, mais sans que le gouvernement ne leur indique à partir de quelles balises, de quelles normes, de quelles valeurs. « Le gouvernement, devant nos protestations, a doucement retraité et nous n’avons plus revu ce projet de loi. Mais je suis persuadé que le multiculturalisme qui anime ce gouvernement depuis son premier mandat (rappelons-nous les subventions aux écoles juives) reviendra sous une forme ou sous une autre », affirme Camil Bouchard.
En matière d’immigration, le député fait remarquer que le gouvernement avait en main depuis 2005 un rapport extrêmement important lui indiquant 26 mesures à mettre en œuvre pour encadrer le travail des consultants privés qui offrent leurs services aux candidats à l’immigration. Jamais ce rapport n’a-t-il même été considéré sérieusement par le gouvernement. « Il a fallu que j’interpelle la ministre de l’Immigration pendant deux heures pour finalement apprendre qu’elle avait oublié de le mentionner lors de mes questions au Salon bleu, et qu’elle y travaillait. Pendant ce temps, non seulement son ministère n’a aucune prise sur le travail des consultants, mais il affaiblit aussi sa capacité de valider les renseignements versés aux dossiers en augmentant le nombre de certificats de sélection du Québec délivrés sans entrevue, sur simple examen du dossier, sans possibilité de vérifier la validité des renseignements reçus par les candidats. En faisant cela, le gouvernement devient complice d’une approche qui condamne trop souvent les nouveaux Québécois au chômage ou à un emploi qui ne répondra pas à leurs attentes parce qu’on leur aura raconté n’importe quoi », dénonce M. Bouchard.
Camil Bouchard déplore aussi le peu de cas fait par le gouvernement libéral des besoins criants des communautés autochtones et nordiques en matière de logement. Alors que le gouvernement admet qu’il manque au moins 1000 logements dans les communautés inuites, les négociations avec le fédéral n’aboutissent toujours pas. Et durant ce temps-là, les familles vivent entassées dans des logements surpeuplés. « Le Paradis des familles dont se targue tant Jean Charest n’est pas pour elles », de conclure Camil Bouchard.
Les députés profitent de l’occasion pour souhaiter à tous leurs concitoyens de Longueuil de très Joyeuses Fêtes et une année 2010 remplie de joie.
Sources :
Diane Delorme, attachée politique de Bernard Drainville : (450) 651-9365
Charles Fillion, attaché politique de Marie Malavoy : (450) 463-3772
Josée Jutras, attachée politique de Monique Richard : (450) 641-2748
Marguerite Pearson, attachée politique de Camil Bouchard : (450) 676-5086


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